WeWork renonce à son introduction en bourse

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Déjà retardée, l'IPO de la société de bureaux partagés WeWork est désormais annulée. La nouvelle équipe dirigeante veut se donner le temps de redresser l'entreprise - avec des pertes d'emplois éventuelles - et de trouver de nouveaux financements.

WeWork, le géant des bureaux partagés, a finalement ajourné à une date indéterminée son arrivée à Wall Street, selon un communiqué diffusé lundi.

Nous avons complètement l'intention de faire de WeWork une société cotée et sommes impatients de revenir vers les marchés d'actions à l'avenir.
Artie Minson et Sebastian Gunningham
Les CEO

Cette annonce intervient une semaine après la mise à l'écart de son fondateur Adam Neumann, déchu de son poste de directeur général. Le retrait du prospectus de l'IPO devrait permettre à la nouvelle équipe dirigeante de travailler de manière plus confidentielle pour tenter de redresser les finances du spécialiste de la location de bureaux en partage, sans avoir à divulguer autant d'informations que pour une société cotée.

"Nous avons décidé de reporter notre IPO afin de nous concentrer sur notre cœur de métier, dont les fondamentaux restent solides", déclare le nouveau duo de directeurs généraux, Artie Minson et Sebastian Gunningham. "Nous avons complètement l'intention de faire de WeWork une société cotée et sommes impatients de revenir vers les marchés d'actions à l'avenir."

WeWork séduit peu

Cette décision constitue l'épilogue de plusieurs semaines agitées pour WeWork, qui peine à attirer les investisseurs en raison de pertes toujours plus élevées et d'un modèle économique particulièrement exposé en cas de retournement économique, reposant sur des baux de long terme, mais des locations d'espaces sur de courtes périodes.

D'après le prospectus de son IPO déposé ce mois-ci, The WeCompany disposait d'une trésorerie et d'équivalents de trésorerie d'environ 2,5 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros) au 30 juin. Si son chiffre d'affaires a été multiplié par deux, à près de 1,8 milliards de dollars l'an dernier, ses pertes ont plus que doublé à 1,9 milliards.

En quête de financement 

L'abandon du projet d'introduction en bourse va contraindre le groupe à chercher de nouvelles sources de financement alors que son prêt relais de 6 milliards de dollars, négocié le mois dernier avec des banques, reposait sur le placement d'au moins 3 milliards de dollars d'actions.

D'après deux sources proches du dossier, WeWork envisage de réduire ses effectifs.

D'après deux sources proches du dossier, WeWork envisage de réduire ses effectifs et de ralentir son expansion afin de consommer moins de trésorerie et de réduire sa dépendance à de nouveaux financements.

Le groupe discute d'une levée de fonds auprès d'investisseurs, notamment auprès du japonais SoftBank, qui contrôle près d'un tiers du capital et plaidait pour un report de l'IPO, ont dit les sources.

Lors d'un tour de table auquel a participé SoftBank en janvier, WeWork était valorisé 47 milliards de dollars. Le scepticisme des investisseurs a cependant amené le groupe à envisager récemment une valorisation de seulement 10 milliards de dollars à l'occasion d'une IPO, entend-on.

 

 

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