Accord politique sur les administrateurs de bpost

©Photo News

C’est la fin d’un long blocage sur les nominations au conseil d’administration de l’entreprise de courrier. Caroline Ven (CD&V), Laurent Levaux (MR) et Anne Dumont (PS) sont proposés par le gouvernement.

À moins de deux mois des élections, le gouvernement Michel a réussi sur le fil à pourvoir trois mandats au conseil d’administration de bpost, a appris la rédaction.

En janvier 2018 sont arrivés à échéance les mandats de Caroline Ven, Laurent Levaux et Luc Lallemand. Le gouvernement devait donc proposer trois nouveaux administrateurs. Mais deux partis de la coalition gouvernementale, le CD&V et la N-VA, ne s’entendaient pas sur le/la candidat(e) à présenter côté néerlandophone. Le CD&V voulait reconduire le mandat de son administratrice, Caroline Ven (ex-membre du cabinet des anciens chefs de gouvernement Yves Leterme et Herman Van Rompuy) alors que la N-VA entendait avoir son propre représentant au sein du conseil d’administration pour suivre de plus près les activités et avatars de bpost.

La sortie de la N-VA du gouvernement, après la crise politique sur le pacte migratoire des Nations unies, a ouvert la voie du déblocage des nominations à bpost pour le cabinet minoritaire. Le gouvernement Michel a proposé Caroline Ven comme administratrice néerlandophone ainsi que Laurent Levaux (président d’Aviapartner) et Anne Dumont comme administrateurs francophones. Les trois ont respectivement une étiquette politique CD&V, MR et PS.

En principe, un gouvernement en affaires courantes ne peut pas procéder à des nominations, faute de légitimité démocratique. Mais, dans les cercles gouvernementaux, on fait valoir que c’est l’assemblée générale de bpost qui décide juridiquement des nominations et non le gouvernement. "Comme il ne s’agit pas d’une décision du conseil des ministres, c’est permis en affaires courantes."

Les nominations doivent encore être ratifiées par l’assemblée générale de bpost, qui aura lieu en mai. Une formalité vu que l’État belge est le principal actionnaire.

Des mois de blocage

Cette issue met fin à des mois de blocage politique sur les nominations au sein de l’entreprise de courrier. Pendant un an, bpost s’est appuyé sur un conseil ne comptant que neuf administrateurs au lieu des douze prévus par ses statuts. Les trois personnes désignées sont des représentants de l’État, chargés de surveiller la gestion de l’entreprise.

Cette impasse politique avait suscité de nombreuses critiques au cours de ces derniers mois. L’indécision gouvernementale était jugée irresponsable à l’heure où l’entreprise de courrier rencontrait de grandes difficultés. Son rachat de l’entreprise américaine de commerce électronique Radial, très mal perçu par les investisseurs, et la baisse plus rapide que prévu du volume de courrier ont provoqué en effet la chute de son cours de Bourse.

Médiation
Les plaintes relatives aux colis dépassent celles liées aux courriers 

Le nombre de demandes de médiation introduites auprès du service de médiation pour le secteur postal a augmenté de 55% en 2018 par rapport à l'année précédente, selon le rapport annuel de ce service publié mardi. Pour la première fois, les plaintes relatives aux colis dépassent celles liées aux courriers. En 2018, 9.276 demandes de médiation y sont parvenues, dont 4.030 dossiers recevables (43%) et 5.246 dossiers non-recevables. Ces 4.030 dossiers recevables ont généré 11.825 plaintes recevables. Sur les 11.435 plaintes clôturées en 2018, 8.097 (71%) ont donné lieu à une compensation d'ordre moral ou financier pour le plaignant.

La porte-parole de bpost souligne que le nombre toujours plus important de paquets demande des transformations au sein de l'entreprise, qui est amenée à revoir certains de ses processus opérationnels.

"L'attente des clients est totalement différente. Personne ne veut savoir précisément où se trouve sa lettre mais tout le monde veut savoir précisément où se trouve son colis."

 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect