Berenberg redonne des lettres de noblesse à bpost

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Pour Berenberg, bpost est le meilleur opérateur de courrier en Europe. Son plan d'économies, le redressement de Radial, le maintien de son dividende et sa faible valorisation boursière en font une valeur digne d'achat, estime le broker.

Est-il encore besoin de le rappeler? Le cru 2018 de bpost laisse pour l’instant comme un arrière-goût amer de vieille colle de timbre dans la bouche des actionnaires. Depuis le début de l’année, le titre a perdu 45% de sa valeur et se négocie actuellement sous son prix d’introduction en Bourse de 14,5 euros qui remonte à mai 2013. Ce mardi, il a rebondi de 4,68% à 13,65 euros après avoir regagné jusqu'à 8,35% en cours de séance.

Comme d’autres opérateurs postaux en Europe, bpost doit se réinventer face au déclin inéluctable de la distribution du courrier. lls cherchent leur salut dans la livraison des colis, un secteur en forte croissance mais où la concurrence est féroce.

Crise de confiance

Dans ce contexte, l’acquisition par bpost de la société américaine d’e-commerce Radial pour 700 millions d’euros s’est avérée moins rapidement rentable que prévu avec quelques mauvaises surprises dans les placards alors que les résultats du groupe étaient mis sous pression. Les craintes sur la capacité de bpost à pouvoir maintenir son niveau de dividende a achevé de lézarder significativement la confiance dans les perspectives de l’opérateur torpillant son action par le fond.

Et pourtant. Si l’on en croit la volumineuse étude de Berenberg consacrée à ce secteur en Europe avec cinq groupes passés à la moulinette, bpost s’en sort haut la main face à ses homologues. "Malgré les problèmes rencontrés cette année, le business du courrier de bpost reste celui qui affiche la meilleure qualité en Europe" soulignent les auteurs de l’’étude.

Potentiel de hausse de 30%

Ils ont entamé le suivi de la valeur avec une recommandation à "acheter" et un objectif de cours de 17 euros, soit un potentiel de hausse de 30% par rapport au dernier cours du mois d’août. A la mi-séance, le titre grimpait de près de 5% à 13,64 euros.

Berenberg a également débuté la couverture de PostNL ("vendre" avec un objectif de cours de 2,35 euros) et d'Austrian Post ("conserver", 35 euros). Pour Deutsche Post et Royal Mail , il reste respectivement à "acheter" et "vendre".

Trop négatif envers Radial

Voici en cinq points pourquoi le broker se montre aussi optimiste pour bpost.

• Comme mentionné plus haut, son pôle de courrier domestique est l’un des meilleurs d’Europe. La marge Ebit est supérieure de 200 points de base à celle de ses concurrents à environ 11%. "Bpost ne rencontre quasi pas de concurrence dans ce segment qui représente 80% de ses profits."

• La direction a initié un changement radical dans son modèle d’entreprise afin de sabrer dans les frais face au déclin accéléré du volume du courrier. "Nous estimons que ce plan pourrait améliorer la marge Ebit de la division de 140 points de base (1,4%) en 2020 à 20,4%, de loin le niveau le plus élevé parmi ses homologues."

• Le marché a adopté une vue très sombre vis-à-vis de l’acquisition de Radial, sa valeur ayant été annulée près de deux fois. "Cependant, nous estimons que le plan mis en place pour régler les problèmes semble crédible." Les analystes estiment que l’on recevra, dans les douze prochains mois, des indications prouvant que la situation de Radial se stabilise.

Dividende tenable

• Le dividende est tenable. "La valorisation actuelle de bpost implique une réduction imminente du dividende, ce que nous estimons peu probable." L’entreprise a clairement affirmé qu’elle possédait des réserves suffisantes pour le coupon de 1,31 euro par action de cette année tandis que le cash flow libre devrait assurer une couverture suffisante à partir de 2019.

• Enfin, l’action bpost se révèle bon marché par rapport à son parcours. Elle se traite actuellement au plancher comparée à ses homologues avec un ratio cours bénéfice de 9,2 et de 5,9 fois l’Ebitda pour 2019. Le rendement du dividende atteint 10%.

L’objectif de cours de 17 euros fixé par Berenberg se situe dans la moyenne de celle des analystes qui suivent la valeur (17,3 euros). Six d’entre eux recommandent un achat du titre et sept autres conseillent de le conserver. Le plus optimiste est celui d’ING (24,20 euros) tandis que les plus sceptiques sont ceux de RBC Capital Markets et de Jefferies (14 euros)

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