Bluesquare, ce (plus si) petit Belge qui séduit la fondation Bill & Melinda Gates

La société bruxelloise Bluesquare a été fondée en 2012 par l'économiste de la santé Nicolas de Borman.

Grâce à ses logiciels de gestion des politiques de santé publique, la société bruxelloise s'est fait un nom de par le globe. Et signe trois contrats avec le géant de la philanthropie.

Les inefficiences dans la chaîne de financement en matière d'aides au développement ont de dommageables conséquences: chaque année, plusieurs milliards d'euros collectés auprès de donateurs privés et des contribuables sont purement et simplement gaspillés. Pire, la vie et la santé de millions de bénéficiaires à travers le monde s'en retrouvent mises à mal dans des pays où le besoin est pourtant vital.

Bluesquare a été fondée en 2012 par l'économiste de la santé Nicolas de Borman dans l'optique de remédier à ce problème. En ce sens, la société bruxelloise élabore des systèmes d'information et d'analyse de données destinés à la gestion des politiques de santé publique dans plus d'une trentaine de pays émergents, principalement situés en Afrique.

6,5
millions de dollars
Bluesquare a remporté pour 6,5 millions de dollars de contrats auprès de la fondation Bill & Melinda Gates depuis mai 2020.

En clair, elle développe divers logiciels de suivi: des investissements destinés à réduire l'impact de pathologies au niveau mondial, de l'introduction de nouveaux médicaments ou programmes de vaccination, des chaînes logistiques, des données géospatiales permettant des prises de décisions localisées, ou encore de changements à venir grâce à l'interprétation de quantité de données.

En quelques années, le petit Belge s'est hissé au rang de partenaire clé pour les grands de ce monde. Et travaille ainsi avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Banque mondiale, des fondations et ONG de renom, des sociétés pharmaceutiques, des consultants, ou de nombreux ministères de la santé.

"On est désormais devenu un collaborateur important sur des enjeux de santé prioritaires de la fondation."
Nicolas de Borman
Fondateur et CEO de Bluesquare

Mais pas que. En effet, dans la foulée de la crise du coronavirus, un autre partenaire a depuis fait son apparition sur les radars: la puissante et influente fondation Bill & Melinda Gates, aux 43,3 milliards de dollars d'actifs nets. Trois contrats ont ainsi été signés depuis l'an dernier avec ce géant de la philanthropie: un premier en mai 2020 pour un montant d'un million de dollars, suivi d'un deuxième en novembre pour 4,5 millions, puis d'un troisième pour un autre million en février de cette année.

Objectif? Lutter contre le coronavirus, avant de concerner par la suite l'élimination de la malaria et l'éradication de la poliomyélite.

"On est désormais devenu un collaborateur important sur des enjeux de santé prioritaires de la fondation", se félicite Nicolas de Borman. Ce qui tient déjà de l'accomplissement au vu de l'extraordinaire sollicitation du géant de la philanthropie.

50
collaborateurs
La société de 50 collaborateurs devrait atteindre les 4,8 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année. Rentable depuis trois ans désormais, elle est en mesure de financer sa croissance elle-même.

Ce qui a joué? Un track-record qui commence à peser. Et pour cause, Bluesquare en est désormais à quelque 255 missions accomplies pour le compte de 80 clients environ. Soutenue par les amis du fondateur, les familles de Borman et Delens, ainsi que par le fonds à impact social SI2 (derrière lequel on retrouve Piet Colruyt) et le serial investisseur belge actif en Espagne François Derbaix, la société de 50 collaborateurs devrait atteindre les 4,8 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année. Rentable depuis trois ans désormais, elle est en mesure de financer sa croissance elle-même, qui passera notamment par un renforcement des efforts de développement aux États-Unis.

Instrumental contre la maladie du sommeil

À cela s'ajoute enfin un premier ballon d'essai datant de 2017. À l'époque, Alexander De Croo, alors ministre de la Coopération au développement, entend donner un dernier gros coup contre la mortelle maladie du sommeil. À l'époque aussi, l'Organisation mondiale de la santé estime le nombre de cas dans le monde à 20.000. Mais avec une épée de Damoclès : si la maladie n'est pas éliminée, 65 millions de personnes sont potentiellement exposées – particulièrement au Congo. Une alliance voit donc le jour entre l'État belge, la fondation Bill & Melinda Gates et l'Institut de médecine tropicale d'Anvers (IMT); les deux premiers apportent de l'ordre de 20 millions d'euros chacun à l'effort à mener, le troisième son expertise mondialement reconnue.

L'idée? Foncer, sans laisser de chance à la maladie, en élaborant une stratégie de son élimination, en mettant au point de nouvelles technologies pour la détection/confirmation de nouveaux cas, en développant de nouveaux traitements innovants, en contrôlant les foyers de la mouche tsé-tsé et en amorçant un suivi scientifique rigoureux.

Aujourd'hui, les résultat sont patents: "Grâce à de nouveaux médicaments à adresser de manière orale et plus par intraveineuse, à de nouveaux outils de testing, à la lutte anti-vectorielle, ou encore à des efforts de digitalisation du planning et du contrôle qualité (via les outils de Bluesquare, NDLR), on a atteint moins de 1.000 cas recensés sur les trois dernières années", évoque le Dr. Paul Verlé, coordinateur de la lutte contre la maladie du sommeil à l'IMT. "Ce qui nous permet désormais de nous concentrer sur l'interruption de la transmission. On est joliment dans les clous pour arriver à une élimination de la maladie."

Le résumé

  • Fondée en 2012 par Nicolas de Borman, Bluesquare développe des logiciels de gestion des politiques de santé publique.
  • Après une première collaboration avec la fondation Bill & Melinda Gates en 2017 sur la maladie du sommeil, aux côtés de l'État fédéral et de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers, la société bruxelloise réitère avec trois nouveaux contrats signés depuis mai 2020.
  • Elle est aujourd'hui un partenaire de choix de la Banque mondiale, de l'OMS ou encore d'une trentaine de ministères de la Santé.

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