Bpost efface les (lourdes) pertes de Bubble Post

©Emy Elleboog

Start-up lancée en 2013, Bubble Post a accumulé, à la fin décembre dernier, pour 9,5 millions d’euros de pertes reportées. Bpost vient de fournir l’effort pour remettre ses comptes à zéro.

Le groupe bpost aurait-il acheté un chat dans un sac quand il a fait l’acquisition, à l’été dernier, de Bubble Post, la start-up gantoise spécialisée dans la distribution urbaine intelligente de colis?

On pourrait se poser la question en découvrant les résultats financiers de l’entreprise. Bubble Post a en effet accumulé pour 9,6 millions d’euros de pertes reportées à fin décembre dernier. Ce qui a amené son actionnaire, bpost donc, à augmenter dare-dare son capital le 14 décembre 2017, pour lui permettre d’apurer ses pertes.

9,5 millions
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Bubble Post a accumulé, à la fin décembre dernier, pour 9,5 millions d’euros de pertes reportées.

Concrètement, le capital social de Bubble a été dans un premier temps gonflé de 4 millions pour totaliser 10,2 millions. Après quoi, il a été réduit de 9,5 millions par apurement de l’entièreté des pertes reportées. Ce qui a permis de reconstituer les capitaux propres de l’entreprise.

Dans le détail, Bubble Post accusait pour 2,9 millions d’euros de pertes reportées à fin 2015, dernier exercice pour lequel elle avait publié ses comptes annuels. De janvier 2016 à juin 2017 (elle a réalisé un exercice exceptionnellement allongé à 18 mois), elle a creusé ses pertes de 5,8 millions.

Puis, de juillet à décembre derniers, elle a encore subi pour 0,9 million d’euros de résultat négatif, pour arriver à ce total de 9,5 millions, désormais "nettoyé". Des résultats apparemment préoccupants pour une société ayant réalisé, en 2016, un chiffre d’affaires de 3,6 millions d’euros, selon le communiqué publié par bpost lors de son rachat en août 2017.

bpost se veut rassurant

Y a-t-il pour autant péril en la demeure? Absolument pas, nous répond-on au siège de bpost. "L’augmentation de capital de 4 millions était prévue dans l’accord d’actionnariat conclu au moment du rachat de Bubble en août 2017, souligne le porte-parole du groupe coté Baudouin de Hepcée. Il est aussi normal que Bubble génère, comme toute start-up, des pertes comptables."

Il ajoute que celles-ci avaient été prises en considération dans le prix d’achat payé par bpost. On se rappellera par ailleurs que Marc Morioux, le CEO de Bubble Post, a été remercié en décembre dernier, sans que les raisons de son départ ne soient divulguées.

"Il est normal que Bubble génère, comme toute start-up, des pertes comptables."
Baudouin de Hepcée
Porte-parole de bpost

Marc Morioux, qui avait été engagé un an et demi plus tôt notamment pour remettre de l’ordre dans les finances et l’organisation de Bubble Post, aurait-il été sacrifié en raison de la persistance de ce flux de résultats négatifs?

"Non, il n’y a aucun lien entre son départ et cette opération", assure le porte-parole de bpost. Entre-temps, bpost a encore renforcé son offre dans la chaîne logistique du froid (une des spécialités de Bubble) en rachetant, il y a trois semaines, le néerlandais Leen Menken. Il a désormais trois pieds dans ce marché à l’échelle du Benelux avec Bubble, Leen Menken et DynaGroup.

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