"Brink's méprise le modèle de concertation sociale"

Le conciliateur social en charge du dossier Brink's est sorti de sa réserve vendredi soir pour dénoncer l'attitude de la direction de la société de transport de fonds, dans le cadre du conflit social qui secoue l'entreprise.

Jean-Marie Fafchamps, président de la commission paritaire 317 (gardiennage), et à ce titre conciliateur social en charge du dossier Brink's, affirme dans un communiqué s'inscrire en faux "contre les déclarations de la firme Brink's selon lesquelles la grève serait à l'origine de la fermeture". Il estime que la direction "n'a manifestement pas négocié de bonne foi".

S'il est vrai que la société perd de l'argent depuis cinq ans et que diverses mesures ont été prises, sans succès, "la firme n'a jamais posé le problème du coût salarial là où elle aurait dû le faire, c'est-à-dire en délégation syndicale puis au bureau de conciliation", déclare M. Fafchamps.

"La passivité de la direction est inexplicable sauf dans l'hypothèse où le scénario de la faillite était déjà écrit et où l'objectif était d'en faire porter la responsabilité aux organisations syndicales. La manière dont les négociations se sont déroulées tend à confirmer cette hypothèse", estime le conciliateur social, tout en soulignant le fait que dans le cadre du conflit social, le direction n'a pas non plus fait appel au bureau de conciliation pour trouver une solution.

Evoquant une attitude peu constructive de la direction au cours des négociations avec les syndicats, le conciliateur social en déduit que "la direction de Brink's n'a manifestement pas négocié de bonne foi". "En formulant au niveau collectif une demande relevant du droit individuel du travail, elle savait qu'elle n'obtiendrait pas de réponse et donc qu'elle provoquerait le blocage des négociations", ajoute-t-il.

"La stratégie suivie par la direction de Brink's ignore, voire méprise, le modèle belge de concertation sociale tel qu'il a été défini par la loi (...). Cette stratégie lui permet également de ne pas appliquer la loi Renault en reportant sur la collectivité le coût d'une restructuration", conclut M. Fafchamps.

L'entreprise de transport de fonds, paralysée par une grève depuis le 27 octobre dernier après que la direction eut annoncé son intention de fermer le site de Strépy et de faire passer les employés en statut ouvrier, a officiellement fait aveu de faillite vendredi. La société en perte depuis des années aurait une dette de 14 millions d'euros.

Le tribunal de commerce de Bruxelles se prononcera lundi sur le dépôt de bilan du transporteur de fonds Brink's Belgium. Le tribunal doit examiner si toutes les conditions sont réunies pour déclarer une faillite.

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