Deliveroo a toujours aussi faim d'expansion

©Deliveroo / M. Keeble

Deliveroo vient de dévoiler ses objectifs pour l’année 2019. L’entreprise est toujours plus ambitieuse. À terme, elle souhaite devenir l’entreprise de référence mondiale dans la nourriture.

Mine de rien, Deliveroo prend de l’âge. Il y a quelques jours, le spécialiste de la livraison de repas fêtait déjà son sixième anniversaire. Il pousse mais le grand bébé britannique a toujours aussi faim de croissance. Pour faire part de son appétit toujours plus vorace, l’entreprise britannique avait invité ce lundi une poignée de journalistes dans ses bureaux londoniens, qui accueillent près de la moitié des 2.500 travailleurs que compte Deliveroo dans le monde.

Les bureaux flambant neufs avec vue imprenable sur Tower Bridge sont comme on les attend d’une telle start-up. Tout y est. L’accueil respire la cool attitude, l’open space s’étend à perte de vue, les couleurs flashy sont de rigueur et les cheveux gris se font rares. Entre les salles de réunion aux noms de "crème glacée" et autre "hot-dog", un terrain de foot est dessiné sur un large espace où quelques travailleurs s’affalent, portable posé sur les genoux. "Personne n’a encore osé amener un ballon", plaisante Joe Carberry, le directeur de la communication, lors du rapide tour du propriétaire.

Devenir le roi du food

Direction une des fameuses salles où quelques pizzas qui cartonnent le plus sur la plateforme ont été commandées. On fait tourner le business. Alessandro Celli, le managing director Europe qui nous reçoit, à le sourire. Il faut dire qu’en une grosse demi-décennie, la marque au kangourou a pris pas mal de poids: 14 pays sont désormais couverts dont huit en Europe. Avec une capitalisation de plus de deux milliards de dollars, le statut de "licorne" est acquis depuis longtemps.

Alessandro Celli ©DELIVEROO

C’est bien mais pas encore assez pour le patron. "Nous voulons devenir le spécialiste mondial dans le secteur du ‘food’. Quand les gens pensent à la nourriture, on veut qu’ils pensent à notre entreprise d’abord", lance le patron qui verrait bien Deliveroo acquérir le même statut qu’Amazon dans la vente en ligne ou de Spotify dans l’écoute en streaming.

L’entreprise a chiffré son appétit pour 2019. "Nous avons fixé des objectifs pour les trois éléments essentiels de notre activité: les clients, les restaurants et les livreurs", précise Alessandro Celi. Deliveroo souhaite ainsi être accessible à 100 millions de personnes, travailler avec 85.000 restaurants en Europe et compter sur les coups de pédales de 170.000 livreurs.

"Quand les gens pensent à la nourriture, on veut qu’ils pensent à notre entreprise d’abord."
Alessandro Celli
Managing Director Europe de deliveroo

Comparé aux résultats actuels, le bond espéré est ambitieux. Il correspond à une quarantaine de millions de personnes ayant accès à la plateforme en plus. Pour remplir les deux autres objectifs, il faudra doubler le nombre de livreurs et augmenter d’une vingtaine de pourcent les restaurants partenaires. Rien d’impossible pour le groupe qui met en avant son importante croissance d’année en année.

Pour y arriver, l’entreprise compte multiplier sa présence internationale avec l’acquisition de nouveaux marchés. "Nous voulons à la fois toucher plus de monde mais aussi continuer à accroître notre activité sur nos marchés existants, notamment en développant le nombre de commandes par personne", explique le patron.

Livreurs au Koweït

Outre de nouvelles villes, l’entreprise vient récemment d’étendre ses activités beaucoup plus loin en ouvrant notamment sa plateforme au Koweït il y a quelques mois. "Cela ne veut pas dire que le Moyen-Orient est devenu la priorité. Nous souhaitons continuer à nous étendre aussi en Europe mais on ne se ferme pas à d’autres possibilités", assure le responsable européen. Tout est bon pour accélérer le business. "Nous prévoyons par exemple de mettre en place 1.700 marques virtuelles supplémentaires", glisse-t-il encore.

L’entreprise aime parler de ses ambitions. Un peu moins des critiques et autres actualités qui la concernent. Pas un seul mot sur les différentes actions menées par les coursiers, l’entreprise préfère mettre en avant son système de "dynamic fee". "Nous l’avons mis en place l’an dernier. Il permet de calculer différemment la façon dont nous rémunérons nos coursiers et qu’ils ne soient plus pénalisés lorsqu’ils prennent en charge des longues courses. Avec ce nouveau système, 85% des livreurs gagnent plus qu’avant", vante encore Celli.

On n’en saura pas plus non plus sur la croissance par pays. "Elle est bonne en Belgique mais nous ne donnons pas les chiffres par marché. On s’attend à avoir au moins 13.000 livreurs faisant au moins une course en 2019. Nous avons 1.000 nouvelles demandes par mois, ce qui montre combien notre offre flexible et bien payée plaît", précise le responsable communication. Sur ce dernier point, il faudrait quand même demander l’avis des pédaleurs.

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