Deminor lève 40 millions pour se muer en leader mondial du recouvrement

Les actionnaires historiques parmi lesquels l'on retrouve Charles Demoulin (à gauche), Edouard Fremault (à droite) ou encore Pierre Nothomb (au centre) ont eux aussi participé à l'opération. ©Frédéric Pauwels / HUMA

Indépendante depuis 2013, la branche recouvrement de Deminor passe à la vitesse supérieure. Objectif? Entrer dans le top cinq mondial endéans les cinq ans.

Indépendante de Deminor depuis 2013, Deminor Recovery Services (DRS) est née de la crise financière de 2008. "À cette époque, beaucoup d'investisseurs, en ce compris professionnels, ont perdu beaucoup d'argent", se souvient Erik Bomans, CEO. L'idée de départ est simple: trop souvent, les litiges, bien qu'ayant une valeur intrinsèque, sont abandonnés faute de moyens. Ou de peur que les batailles judiciaires ne s'éternisent.

Avec DRS, "on a eu la volonté d'y remédier en assistant les entreprises et les investisseurs institutionnels dans la monétisation de leurs demandes en justice", évoque l'intéressé. "Sur un modèle de 'no cure, no pay'. En clair, on prend le dossier gratuitement à notre charge, sans rien facturer au client. On ne se rémunère que si le dossier est un succès et que nos clients ont récupéré une partie des dommages".

L'approche fait mouche. DRS œuvrera pour le compte d'un peu plus de 4.000 investisseurs lésés dans l'affaire Madoff par exemple, mais aussi, de manière plus notoire chez nous, de milliers d'investisseurs dans l'affaire Fortis où une transaction record de 1,3 milliard d'euros fut signée.

Une décennie plus tard, un constat s'impose: l'activité a bien grandi – à tel point qu’elle a même dépassé l'activité historique de défense des actionnaires de Deminor. La société œuvre en effet pour plus de 300 clients institutionnels (fonds de pensions, gestionnaires d'actifs, fonds souverains) et de 300 entreprises de par le monde, avec, à la clé, 21 millions d'euros de chiffre d'affaires par an en moyenne.

Pour autant, pas le temps de se congratuler, et ce, en raison d'une concurrence croissante de la part de gros acteurs internationaux qui ont eux aussi senti le filon. Ce qui demandait d'agir.

"Le marché nécessite aujourd'hui d'avoir une taille critique."
Pierre Nothomb
Président de Deminor Recovery Services

Une importante levée de fonds a donc été enclenchée, a-t-on appris. Quarante millions d'euros ont été récoltés. "De quoi nous permettre de viser le top cinq du marché endéans les cinq ans", évoque Erik Bomans, là où DRS est à ce jour "un leader en Europe, mais un assez petit acteur au niveau mondial". Or, "le marché nécessite d'avoir une taille critique aujourd'hui", ponctue Pierre Nothomb, président du conseil.

Les actionnaires historiques que sont Erik Bomans, Charles Demoulin, Edouard Fremault, Pierre Nothomb et Bernard Thuysbaert, ont participé à l'opération. Pour ce qui est des autres investisseurs, seuls les noms du véhicule de l'homme d'affaires Jos Sluys (ex-Arinso) Saffelberg Investments ou encore de Finance&invest.brussels (ex-SRIB) ont filtré.

Le marché de la monétisation des litiges présente un potentiel certain, évalué à 12,1 milliards de dollars par DRS, contre deux milliards à peine effectivement investis en 2019. Quand, "on s'attend à ce que le marché double endéans les cinq ans pour atteindre les 24,7 milliards", avance Erik Bomans.

24,7
milliards de dollars
Alors que le marché de la monétisation des litiges représentait potentiellement 12,1 milliards de dollars en 2019, il devrait peser 24,7 milliards d'ici cinq ans.

Présence dans six pays

Société de droit luxembourgeois, DRS est d'ores et déjà physiquement présente dans six pays. Elle emploie 29 personnes parlant 13 langues.

Outre l'activité historique de recouvrement de pertes financières, l'entreprise s'est diversifiée au fil du temps et s'active notamment dans les plaintes en matière d'actes anticoncurrentiels où elle représente actuellement un peu plus de 300 sociétés belges (et luxembourgeoises) ayant souffert de l'existence d'un cartel parmi les producteurs de camions par exemple. Montant total des dommages? 100 millions d'euros environ.

Enfin, un troisième pilier est aussi à noter, dans le financement des litiges commerciaux tels que les violations de droits de propriété intellectuelle, les ruptures de contrat ou des litiges dans le domaine du droit des sociétés, des contrats d’assurance ou encore de construction.

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