analyse

Jamais le métier d'avocat n'a été aussi prisé, mais...

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Le nombre d’avocats se tasse à très haut niveau, avec 18.594 avocats inscrits dans les barreaux belges au 1er décembre 2017. Presque exclusivement composée d’indépendants, la profession connaît de massives disparités salariales et en laisse certains sur le flanc.

Un avocat débutant est lâché dans une jungle dont il peut devenir le roi comme la fragile antilope. Et cette jungle est de plus en plus peuplée, comme le montrent les chiffres de l’Ordre des barreaux francophones et germanophones de Belgique.

→ Au 1er décembre 2017, on comptait 18.594 avocats inscrits dans les différents barreaux du pays. Soit une soixantaine de plus qu’en 2016, environ 150 de plus qu’en 2015.

→ Bruxelles se taille la part du lion dans ces chiffres et accueille 7.768 des avocats du pays (4.589 inscrits au barreau francophone, 3089 à son homologue néerlandophone).

Il est à noter que ces données, à la hausse, ralentissent assez nettement après des années de progression intense. En effet, le nombre d’avocats en Belgique a augmenté de 3.000 en dix ans. "Ce tassement est lié aux difficultés rencontrées par une partie de la profession", analyse Me Patrick Henry, le président d’Avocats.be. "On peut noter les soucis liés à la TVA, à l’augmentation des droits de greffe ou des indemnité de procédure. Il y a une certaine pression qui fait que des maîtres de stage potentiels hésitent plus à prendre un jeune collaborateur, même si il y a toujours autant de jeunes avocats qui sortent de l’université."

1%
de salariés
Il y a 1% de salariés et 97,8% d’indépendants au barreau de Bruxelles

Profession de passion qui nécessite des horaires très étendus (une médiane de 50 heures hebdomadaires à Bruxelles), le métier d’avocat est d’abord celui d’indépendant. Il n’y a que 1% de salariés et 97,8% d’indépendants au barreau de Bruxelles, selon un rapport de la faculté de droit et de criminologie de l’ULB, datant de 2017.

Pour quel revenu?

Les revenus, eux, sont disparates. Toujours selon cette étude, 19% du barreau déclare moins de 25.000 euros brut annuels, 21% se situent entre 25.000 et 50.000 euros 17% entre 50.000 et 75.000, 11% entre 75.000 et 100.000, et 31% au dessus de 100.000 euros brut par an. Somme importante à modérer par le fait qu’un important pourcentage d’inscrits sont des avocats ‘communautaires’, qui font de lobbying dans de gros cabinets au bénéfice de richissimes clients.

Il y a un décalage entre la vision traditionnelle du métier et les aspirations des jeunes qui arrivent.
Patrick Henry
Président d'Avocat.be

Le chiffre d’affaire médian par avocat est situé entre 50.000 et 75.000 euros par an. Il est à noter que les 10% des avocats les mieux rémunérés captent 40% du chiffre d’affaire global du barreau, tandis que les 40% des avocats les moins bien rémunérés se partagent 10% de chiffre d’affaires global. Il existe "une véritable dualisation du barreau de Bruxelles sur le plan de la distribution des revenus", observe l’auteur de l’étude de l’ULB.

Dans cette galaxie disparate, les jeunes avocats ont du mal à se tailler un espace. "Il y a un décalage entre la vision traditionnelle du métier et les aspirations des jeunes qui arrivent", analyse Patrick Henry. "Il faut réfléchir au statut d’employé, qui reste très peu utilisé car pas dans les traditions. Mais l’intérêt pour l’employeur est de pouvoir conserver des éléments brillants attachés à pareil statut. De plus, le métier n’est pas bouché, il est à l’aube d’une révolution technologique qui va impacter tout le monde, avec à la clé de réelles opportunités à saisir", observe-t-il. Dans la jungle, il reste de la place pour les lionceaux.

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