portrait

Jennifer Bates, visage de la gronde sociale chez Amazon

La quasi-quinquagénaire fait partie des salariés d'Amazon les plus mobilisés en vue de la création du premier syndicat au sein d'un entrepôt US du géant de l'e-commerce.

Elle a mené de front la lutte chez Amazon, la voici désormais récompensée. Le deuxième employeur des États-Unis (avec ses 800.000 salariés) se devra en effet d'observer avec attention un décompte historique de votes ce mardi qui pourrait bien déboucher sur l'instauration d'un premier syndicat au sein d'un de ses entrepôts américains.

Elle, c'est Jennifer Bates, une quasi-quinquagénaire qui travaille depuis mai pour le géant de l'e-commerce au sein du programme de formation des employés. Dans le jargon, elle est une "Blue Badge Learning Ambassador". "Blue" pour salariée.

Dès son premier jour au sein du gigantesque entrepôt de la municipalité de Bessemer, qui occupe quelque 5.800 personnes dont de nombreuses issues de minorités, elle a su que la tâche serait physiquement et mentalement ardue, indique-t-elle dans une rare interview. De quoi raviver la flamme de son passé syndical dans l'industrie automobile et métallurgique notamment.

Elle décide donc de faire du bruit autour d'elle au sujet de ce qu'elle juge être une injustice patente à l'occasion d'une pause dans la cour. Une décision qui fait mouche. Ses préoccupations trouvent rapidement écho. Et remontent aux oreilles du syndicat Retail, Wholesale & Department Store Union (RWDSU), qui représente plus de 100.000 travailleurs outre-Atlantique, de même qu'à celles du Sénat américain.

Le reste appartient à l'histoire. Après une mobilisation d'ampleur – les employés ayant été interpellés pendant des mois dès leur arrivée ou leur sortie de l'entrepôt pour qu'ils participent à l'effort initié –, Bates et ses acolytes obtiennent leur sésame: 3.000 accords de principe. Un vote pourra donc se tenir sur la nécessité de voir débarquer une représentation des travailleurs.

Le scrutin est lancé en février. Et pourrait désormais bien déboucher sur un premier marchepied vers "des conditions de travail sûres, la sécurité de l'emploi et des salaires à la hauteur", tels que Jennifer Bates en fait la demande. Ce qui constituerait un changement d'ampleur du côté d'Amazon aux États-Unis. De même que cela pourrait essaimer sur le long cours.

Dès lors, même sans résultat à ce stade, certains n'hésitent pas à comparer la fronde menée au combat de David contre Goliath. Ce dernier étant ce géant dans l'e-commerce qui a vu son bénéfice net quasi doubler à 21 milliards de dollars l'an dernier en raison de l'explosion de la demande en temps de pandémie.

Du côté dudit géant, on fait la moue. Assez logiquement. D'autant que, selon le groupe, le salaire horaire de 15 dollars versé aux employés est deux fois supérieur au salaire minimum dans l'État pauvre de l'Alabama, rappelle Amazon.

Qu'à cela ne tienne. La lutte a été enclenchée. De quoi étonner jusqu'au sénateur Bernie Sanders dans le camp progressiste puisque ledit État est "historiquement très anti-syndicats". Ce qui ne l'a pas empêché de soutenir le mouvement, tout comme le rappeur Killer Mike.

CV Express

  • Âgée de 48 ans, elle a travaillé dans l'industrie automobile et métallurgique par le passé, où elle occupe alors des fonctions syndicales.
  • Elle rejoint Amazon en mai au sein du programme de formation des employés.
  • L'entrepôt dont elle fait partie compte aux environs de 5.800 travailleurs.
  • Elle est l'une de ceux qui se sont mobilisés nuit et jour pour que la gronde sociale aboutisse à du changement.

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