L'action bpost dévisse malgré le boom de ses revenus

©BELGA

Le chiffre d’affaires de bpost a bondi de 38,3% au dernier trimestre grâce aux colis et au pic des ventes en e-commerce en fin d’année. De bonnes nouvelles qui n'ont pourtant pas rassuré les investisseurs. Le titre bpost dégringole ce mercredi à la Bourse de Bruxelles.

Bpost a conclu le quatrième trimestre 2017 sur des revenus normalisés (non récurrent exclu) en hausse de 38,3% à 955 millions d’euros grâce à la forte progression de l’activité colis sous l’impulsion des ventes de fin d’année et à l’impact positif de la consolidation, sur un mois et demi, de l’américain Radial.

Il y est parvenu malgré la poursuite de la baisse du courrier domestique. Ce dernier a reculé de 6,4% sur le trimestre en volume. Les colis domestiques ont bondi de 30,8% en profitant de l’essor de l’e-commerce et de l’offre en ligne de produits "consumer-to-consumer" (C-to-C).

Le secteur des Solutions logistiques a bénéficié à hauteur de 237,2 millions d’euros de la consolidation de Dynagroup et de Radial, tandis que l’activité Sources additionnelles de revenus a augmenté de 44,8 millions grâce à la reprise d’Ubiway (ex-Lagardère Travel Retail). L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) normalisé a crû de 7% à 151,4 millions et le résultat net normalisé de bpost SA s’est établi à 68,2 millions, en hausse de 5,5%.

Pourquoi l'action bpost perd-elle autant de terrain?

L'action bpost, lanterne rouge du Bel 20, dégringolant de 13% à l'ouverture pour ensuite perdre 18,58% dans la première demi-heure d'échanges. L'action a ensuite été gelée, une suspension technique de 20 minutes, et à la reprise, elle ne perdait "plus que" 16%, pour finalement clôturer sur une chute de 22,02%.

Selon les analystes de la banque ING, les résultats annuels de bpost sont en ligne avec les attentes. Toutefois, la faiblesse des volumes affichés dans la division 'courrier' au quatrième trimestre 2017 (-6,4%) est plus marquée que celle escomptée par les analystes (-5 à 6%), alors que pour l'ensemble de l'année, le recul (-5,8%) correspond aux prévisions.

Mais, toujours les analystes d'ING, l'avertissement sur les résultats 2018 émis par bpost est significatif. Un avis partagé par les analystes de KBC Securities, qui pointent également l'intégration coûteuse de Radial et l'apport revu à la baisse de cette acquisition dans les prévisions pour l'année 2018.

 

Un chiffre d'affaires 2017 en hausse de 25,5%

©Bloomberg

Sur l’année entière, le chiffre d’affaires comparable de bpost a augmenté de 25,5% pour totaliser 3,023 milliards d’euros. L’impact de Radial, racheté à la mi-novembre 2017, s’élève exactement à 203 millions. La progression provient aussi pour beaucoup de l’activité colis (+205 millions) et de l’intégration d’Ubiway. La baisse du courrier domestique (-5,8%) n’a quant à elle été que partiellement compensée par l’augmentation des prix. Bpost rappelle que l’interdiction d’augmenter les prix du timbre en 2017 a eu un impact de 20 millions d’euros.

L’Ebitda annuel normalisé a atteint 598 millions, en hausse de 1,9%, et le résultat net s’est établi à 329,3 millions (+1,6%). Au niveau de la société mère, il a atteint 291 millions contre 286,5 millions un an plus tôt. Bpost proposera à l’assemblée générale d’approuver un dividende total de 1,31 euro brut par action, dont 0,25 euro de dividende final.

Un dividende 2018 "au moins au même niveau qu’en 2017"

Pour l’année en cours, le groupe table sur une croissance du chiffre d’affaires qui proviendra des colis domestiques (croissance à deux chiffres) et des colis à l’international, tandis qu’il s’attend à des revenus stables chez Radial. Il prévoit la poursuite du déclin du courrier domestique au rythme de -7% (volume sous-jacent), en partie compensé par un effet prix/mix de +4%.

Bpost, pour rappel, augmenté le prix du timbre début mars. Il s’attend aussi à un recul du chiffre d’affaires de son activité Banque et Finances. La direction a pour ambition d’atteindre un Ebitda récurrent de 560 à 600 millions d’euros et table dès lors sur un dividende "au moins au même niveau qu’en 2017".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content