L'action bpost sera confrontée à la chute du courrier

©bpost

L’action bpost, qui a été divisée par 500 préalablement à l’opération, sera proposée entre 12,5 et 15 euros à partir de ce jeudi. Le prix définitif sera arrêté après évaluation de l’offre et de la demande par rapport au nombre de titres proposés.

A vos calculettes... La FSMA, l’autorité des marchés financiers, a approuvé mercredi le prospectus de bpost. L’entreprise postale ouvre ce jeudi la période de souscription publique à ses actions. L’action bpost, qui a été divisée par 500 préalablement à l’opération, sera proposée comme prévu entre 12,5 et 15 euros. Le prix définitif sera arrêté après évaluation de l’offre et de la demande par rapport au nombre de titres proposés (processus d’établissement d’un livre d’ordres auprès des seuls institutionnels).

CVC Capital Partner, le partenaire privé qui détient 49,9% de la société, offrira 47 millions d’actions à la souscription, soit  l’équivalent de 23,5% du capital. En cas de sursouscription importante, CVC augmentera le nombre d’actions offertes de 9 millions de titres.

A savoir

La baisse du volume du courrier: voilà un idicateur déterminant pour évaluer la valeur de l'action bpost. L'an dernier, bpost s'est chargé d'acheminer quelque 10,5 millions de lettres par jour. L'année précédente, l'entreprise postale déposait encore 12 millions d'enveloppes dans nos boîtes aux lettres.
Le courrier domestique constitue 70%  du total. L'an dernier, ce courrier "national' a baissé de 3,5%. Et ensuite? Le déclin de la correspondance classique est évalué à une perte de 5 à 6% par an.

Depuis le début de cette année, la baisse est évaluée à 5,6%, comparé au premier trimestre 2012. C'est le courrier entre personnes privées qui est le plus marqué par cette chute. En cause, bien sûr, l'utilisation accrue du courrier électronique et les réseaux sociaux.
On peut aussi considérer que des entreprises comme Electrabel, Belgacom, ... feront davantage usage, à l'avenir, de la facturation électronqiue.

Bref, il faudra que bpost trouve une source de revenus alternatifs.

Comme le capital "actions" de bpost est désormais représenté par un total de 200 millions d’actions, l’entreprise est valorisée entre 2,5 et 3 milliards d’euros. Une part de la souscription sera réservée aux investisseurs particuliers: elle sera d’au minimum 10%, mais pourra monter à 20%, voire même davantageen fonction de la demande relative des particuliers et des institutionnels. Une proportion logique, dans la mesure où l’action est positionnée comme placement de bon père de famille. 

Le personnel et le management de bpost auront droit à souscrire à une tranche additionnelle du capital, qui s’élèvera à 5,5 millions d’actions, avec une décote de 16,67% par rapport au prix d’offre.Après l’opération, CVC Capital conservera une participation de 20,22%, voire de 15,05% seulement au cas où le succès serait tel qu’on aurait actionné l’option d’augmentation de l’offre.

Au total, l’IPO représentera une récolte de 874 millions à 1,05 milliard d’euros dans l’hypothèse où seraient souscrites les 56 millions d’actions (47  millions plus 9 millions) plus la tranche réservée au personnel.

La période de souscription débute ce jeudi 6 juin et sera bouclée au plus tard le 19 juin à 16 heures, sauf clôture anticipée après au minimum six jours ouvrables.Le nombre effectif d’actions cédées, le prix définitif et l’allocation réservée aux particuliers seront communiqués aux alentours du 20 juin. 

La négociation des titres sur Euronext Bruxelles pourra commencer ensuite, probablement le 21 juin. La livraison des actions est prévue le 25 juin.

Le prospectus est disponible ici. Et aussi au siège de bpost, sur son site et sur ceux des banques accompagnatrices: BNPP Fortis, ING Belgium, KBC, CBC, Belfius, Degroof et Petercam pour les particuliers en Belgique.

En cas de sursouscription, des critères objectifs d’allocation seront appliqués pour les particuluers, basés notamment sur la date de souscription. Investisseurs particuliers et professionnels sont ainsi invités à acquérir une fraction significative du capital d’une entreprise qui pèse 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 502 millions d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) et 404 millions de bénéfice opérationnel (Ebit, chiffres 2012).

Une société dont le contrôle majoritaire restera dans les mains de l’Etat, comme Belgacom, et qui, comme cette dernière, a jusqu’ici bien négocié le tournant de la libéralisation imposée à son secteur par l’Union européenne. Une différence notoire par rapport à l’histoire boursière de l’opérateur télécoms, initiée en 2004: le partenaire privé de bpost, CVC, reste à bord mais projette de sortir entièrement du capital à moyen terme.  

 

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés