L'événementiel à corps perdu dans la vaccination contre le Covid

La Belgique a fait le choix de privilégier de grands centres (ici, le palais 1 de Brussels Expo au Heysel) pour gérer plus facilement la vaccination du grand public. ©BELGA

À l'arrêt depuis plus de 10 mois, le monde de l'événementiel se dit prêt à installer de grands centres de vaccination. Une mission perçue comme une bouffée d'oxygène.

La crise du Covid-19 fait très mal au petit monde de l'événementiel. Une étude de la Haute Ecole KDG évoque une perte de 75% de chiffre d’affaires pour le secteur. La société EasyFairs, présente dans plusieurs pays européens, avance même une chute de 95% de ses revenus.

Rien d'étonnant, dès lors, à ce que les organisateurs de foires et salons aient demandé aux autorités d'être impliqués activement dans la campagne de vaccination à grande échelle qui va bientôt démarrer. Une manière de valoriser un vaste savoir-faire et de remettre au travail du personnel sevré de missions depuis mars 2020.

Pour rappel, la Wallonie a prévu d'installer 9 centres "majeurs", 30 centres "de proximité" plus petits et une série de centres itinérants. De quoi vacciner 24.000 personnes par jour. À Bruxelles, 10 sites ont été choisis pour pouvoir administrer 375.000 vaccins par mois à partir du mois de mars. La Flandre devrait quant à elle disposer de 120 centres de vaccination.

Espaces vastes et accessibles

Les quatre infrastructures belges d'EasyFairs (Namur Expo, Flanders Expo, Antwerp Expo et le Nekkerhal à Malines), suffisamment grandes et bien situées, ont toutes été choisies. "Malines a été une des premières communes à confirmer la commande. Cinq jours plus tard, le Nekkerhal était prêt. Flanders Expo est prêt lui aussi", souligne Eric Everard.

"Pour nous, c'est une bouffée d'oxygène. Nous avons les infrastructures, les équipements et du personnel qui ne demande qu'à travailler."
Eric Everard
CEO d'Easyfairs

Pour le CEO d'Easyfairs, le choix de ces grands palais d'expositions s'imposait de lui-même. Il fallait de vastes espaces facilement accessibles et permettant de vacciner un maximum de monde tout en assurant une distanciation sanitaire optimale. "Pour nous, c'est une bouffée d'oxygène. Nous avons les infrastructures, les équipements et du personnel qui ne demande qu'à travailler. Si nous pouvons rendre un service à la population tout en générant quelques revenus, le bénéfice est double", dit-il.

Pour la remise au travail, ce ne sera toutefois pas Byzance. Eric Everard estime à 10% environ, soit une vingtaine de salariés, la part du personnel de l'entreprise qui sera rappelée. Pour les autres, le chômage temporaire reste de rigueur.

Vingt lignes

En Wallonie, les centres "majeurs" de Ronquières (Hainaut) et Bierset (Liège) ouvriront plus tôt que les autres pour assurer la vaccination du personnel de soins de première ligne: travailleurs (et résidents) des maisons de repos et, depuis le 18 janvier, personnel hospitalier. À Bruxelles, cette mission sera prise en charge par Brussels Expo, déjà doté d'un centre de testing et qui a entamé mardi les travaux d'installation du centre de vaccination au Palais 1 du Heysel.

100.000
vaccinations
Le centre de vaccination de Brussels Expo sera en mesure de vacciner 100.000 personnes.

Celui-ci sera en mesure de vacciner 30.000 personnes durant le premier mois, avant de passer à 100.000 lorsque la vaccination sera ouverte au grand public. "Nous disposerons de vingt lignes de vaccination, dont deux pour les personnes à mobilité réduite. Et nous veillons particulièrement aux flux de circulation pour assurer une distanciation sociale maximale", précise Emin Luka, directeur opérationnel de Brussels Expo.

Une partie des salariés (110 au total), au chômage temporaire depuis mars 2020 et privés depuis décembre du complément payé par Brussels Expo, retrouveront donc une activité. "Nous avons souhaité que le plus grand nombre possible puisse travailler. Une quarantaine de personnes se sont portées volontaires, elles ont toutes été prises."

L'utilisation de Brussels Expo, qui collabore pour la cause avec la Ville et avec le CHU St-Pierre, permet aussi à une série de prestataires de services (installateurs de panneaux digitaux, fournisseurs de stands, électriciens, stewards...) qui lui sont liés de reprendre une activité après une mise à l'arrêt forcée de plus de dix mois. "Le montage a commencé ce mardi et doit être terminé pour le 1er février, même si le début de la vaccination sera sans doute différé de quelques jours", dit Emin Luka.

Se faire vacciner au Lotto Park

À Bruxelles, les dix centres de vaccination seront répartis de façon stratégique sur le territoire pour atteindre un maximum de personnes. La participation de l'événementiel peut s'interpréter au sens large: comme d'autres clubs européens, le Sporting d'Anderlecht (RSCA) met son stade, le Lotto Park, à la disposition des Bruxellois qui seront vaccinés à partir du début du mois de mars. Les 5 boxes de vaccination, ouverts pendant 12 heures 7 jours sur 7, permettront d'administrer 25.000 vaccins par mois.

"Quand le bourgmestre (d'Anderlecht) Fabrice Cumps nous a contactés afin de nous demander de lutter ensemble contre le virus, nous n'avons pas hésité", précise Jos Donvil, CEO du RSCA.

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