La Justice met le paquet autour de l'ancien office du patron de bpost

Jean-Paul Van Avermaet a remplacé Koen Van Gerven en février dernier à la tête de bpost. ©BELGA

Après l'Autorité de la Concurrence, c'est au tour des Américains et du Parquet d'enquêter sur les précédentes activités de Jean-Paul Van Avermaet dans le gardiennage et la sécurité.

La pression monte encore d'un cran pour Jean-Paul Van Avermaet, CEO de bpost et ancien patron de l'entreprise de sécurité et de gardiennage G4S pour la Belgique.

Visé depuis plusieurs mois par une enquête de l'Autorité belge de la Concurrence (ABC) en raison d'une suspicion d'entente illégale sur les prix sur le marché de son précédent employeur, il ressort désormais que celui qui fait partie des principaux suspects dans l'affaire est aussi apparu sur le radar du département anti-cartel du ministère américain de la Justice (DoJ), de même que du parquet de Bruxelles, écrivait mercredi le Standaard.

Les Etats-Unis sont entrés dans la danse judiciaire du fait qu'une possible entente sur les prix pour la surveillance de leur ambassade à Bruxelles ou du Shape (le QG de commandement de l'Otan, situé à Mons) a pu porter atteinte à leurs intérêts.

La N-VA a d'ores et déjà demandé à ce que le quinquagénaire soit entendu au Parlement.

Mais, alors même que les figures importantes des autres entreprises visées, Seris et Securitas en l'occurrence, ont entre-temps été poussées vers la sortie ou disparu des postes en vue, Jean-Paul Van Avermaet a, de son côté, pris la tête de bpost en février dernier. Il continue d'ailleurs à plaider non-coupable .

La N-VA a d'ores et déjà demandé à ce que le quinquagénaire soit entendu au Parlement.

Interrogatoire aux Etats-Unis

Que risque l'intéressé à ce stade, alors que le spectre d'une amende de 10% (par autorité) du chiffre d'affaires mondial pèse sur son ex-employeur, ainsi que ses principaux concurrents? Outre une possible peine d'emprisonnement, allant d'une vingtaine de mois à plusieurs années, en cas de reconnaissance de sa culpabilité, l'homme pourrait surtout avoir affaire aux Américains. Ce n'est d'ailleurs qu'une question de temps, évoque De Standaard.

Plus tôt cette année, la justice britannique extradait des résidents britanniques vers les États-Unis dans le cadre de condamnations pour manquement aux règles de concurrence à l'encontre des intérêts américains. Un risque? La Belgique n'a pas de traité d'extradition avec les États-Unis, mais, selon divers spécialistes cités par le quotidien, Jean-Paul Van Avermaet risque par ailleurs d'être arrêté pour interrogatoire s'il venait à mettre le pied sur le sol américain. Ce qui est particulièrement ennuyeux quand l'on sait que l'une des plus grandes entreprises de bpost, Radial, est basée… aux États-Unis.

Notification du CA

Reste alors la question de fond: Van Avermaet était-il au courant des procédures judiciaires au moment de sa candidature chez bpost et a-t-il informé le conseil d'administration en temps utile?

Chez bpost, on peut entendre que l'actuel patron a été informé de l'enquête de l'Autorité belge de la Concurrence en avril et l'a signalée au conseil d'administration le même mois. Du reste, bien que le siège de G4S a déjà reçu des questions du ministère de la Justice en avril, le président de bpost, François Cornelis, a déclaré qu'il n'avait pas été informé par Jean-Paul Van Avermaet de la procédure américaine.

Un élément qui pourrait mettre en danger le numéro un? François Cornelis a précédemment indiqué qu'il soutenait le PDG. Ce qui serait toujours le cas, entend-on, bien que l'ex-homme fort de Petrofina eût préféré voir grimper à bord Jos Donvil, l'ex-CEO du câblodistributeur VOO. Après tout, Van Avermaet ne semble pas avoir été le premier choix de tout le monde au sein du CA ou du côté de la Rue de la Loi.

Pour autant, tant que le patron de l'entreprise détenue à 51% par l'Etat n'est pas officiellement inculpé, le gouvernement fédéral ne devrait pas le laisser tomber. Et ce, encore moins maintenant, pour cause de préoccupations plus pressantes...

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