"La politique de GBL ne devrait pas être modifiée avec la disparition d'Albert Frère"

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GBL visera toujours à compter parmi les actionnaires de référence d’une société afin de contribuer à la création de valeur.

La disparition du baron Frère va-t-elle faire évoluer la méthode de gestion des actifs financiers chez GBL de Gérard Lamarche et de Ian Gallienne, tous deux administrateurs délégués de la holding? "Très clairement, non", répond tout de go Hans D’Haese, responsable des relations avec les investisseurs. "Comme cela l’est ainsi d’ailleurs depuis son retrait de la direction opérationnelle du groupe à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires qui s’était déroulée en avril 2012. Il n’y a à ce jour pas de raison qui pourrait indiquer que le décès d’Albert Frère changera quelque chose."

Le portefeuille d’investissements de GBL restera donc diversifié. Il sera marqué, comme l’indique son dernier rapport d’activité relatif à l’exercice fiscal de 2017, par un renforcement du profil de croissance des sociétés, qui ira de pair avec un élargissement du spectre d’investissement à des entreprises d’une taille inférieure. À côté de cela, GBL sera davantage exposé aux investissements alternatifs – les entreprises non cotées notamment – au travers de son fonds Sienna Capital.

Une des différences essentielles avec la gestion d’Albert Frère consiste dans le fait que la place de Paris n’est désormais plus la place financière sur laquelle GBL fait l’essentiel de ses emplettes. Une stratégie, doit-on le préciser, qui avait été initiée dans les toutes dernières années de la gestion d’Albert Frère, mais qui a pris son véritable envol sous les actuels responsables. "Le portefeuille de GBL qui était encore français en 2011 est devenu européen", soulignait Gérard Lamarche lors de l’assemblée générale des actionnaires. administrateur-délégué du groupe, en avril de cette année.

Portefeuille européen

L’on y trouvait, au 30 juin dernier, des participations françaises certes, avec Imérys, Pernod-Ricard et Total. Mais aussi suisses avec LafargeHolcim et SGS, allemandes avec Adidas et GEA et espagnoles avec Parques Reunidos. Jusqu’il y a peu, il y avait une ligne réservée par le groupe de luxe britannique Burberry. Mais elle a été récemment cédée. Les participations belges qui avaient déserté le portefeuille du holding depuis quasi la fin du siècle dernier ont refait un retour en force. Avec Ontex et Umicore.

Il peut être intéressant de préciser que la manière avec laquelle les gestionnaires de GBL opèrent aujourd’hui pour acquérir des participations diffère quelque peu de celle avec laquelle Albert Frère procédait. La participation de 8% acquise par GBL à la fin des années 1990 provenait d’un échange des 30% détenus dans le pétrolier belge Petrofina. Celle de l’Allemand Bertelsmann à hauteur de 25,1% d’un échange e 30% de CLT-UFA (RTL Group). L’objectif d’Albert Frère était en fait de prendre une part importante dans une société moyenne en Belgique, pour ensuite la troquer pour une plus petite dans une grande société étrangère tout en participant à la gestion de ses affaires.

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Création de valeur à long terme

Point commun à toutes les participations détenues actuellement, GBL est très souvent le principal actionnaire, si pas le premier. Cela lui permet d’être en position de jouer un rôle actif sur le plan de la direction des affaires. L’ambition du holding est "de faire profiter son expérience, son expertise, notamment en fusions-acquisitions, et son réseau, au management de ses participations pour activer tous les leviers de création de valeurs et d’exercer pleinement son rôle d’actionnaire professionnel", peut-on lire dans son rapport d’activité. annuel

"Le portefeuille de GBL encore français en 2011 est devenu européen".
Gérard Lamarche
CO-CEO de GBL

Cette politique de gestion porte, jusqu’à ce jour du moins, ses fruits. La valeur d’inventaire du holding, celle totalisant la valeur de l’ensemble de ses actifs, progresse d’année en année. Sa progression donne cependant des signes d’essoufflement ces derniers mois. Cela est dû pour une bonne part à la position de LafargeHolcim qui ne tient guère la forme en ce moment à la Bourse de Zurich.

Au 30 juin 2018, l’actif net réévalué de GBL s’élevait à EUR 18,9 milliards d’euros, soit 112,17 euros par action. Au même moment, GBL affichait une capitalisation boursière de 14,2 milliards d’euros à la Bourse de Bruxelles (90,32 euros par action).

Dividende en croissance constante

Conjointement à la croissance de la valeur d’inventaire, le montant du dividende a poursuivi sa progression. Bien qu’à un rythme moindre qu’au moment où Albert Frère était aux manettes de GBL. Depuis que Lamarche et Gallienne ont succédé à Albert Frère en 2012, il a progressé de 15% pour atteindre 3 euros bruts par action.

Lors des cinq dernières années d’Albert Frère, la croissance avait été de 38%.

L’actionnaire n’est pas pour autant perdant. La moindre croissance du dividende depuis cinq ans ne signifie pas que le groupe fait moins de profits. Elle fait plutôt suite à l’ambition de ses gestionnaires de consacrer davantage de budget à l’investissement. Cette politique bénéficie au cours de son action en Bourse. Depuis l’arrivée de Gérard Lamarche et de Ian Gallienne aux manettes de GBL, l’action a progressé de 55%. En comparaison, l’indice Stoxx 600 paneuropéen n’a progressé "que" de 40% sur cette période.

Du côté des analystes, l’action GBL est plutôt appréciée. Les analystes d’AlphaValue et de la Banque Degroof Petercam voient le cours monter jusqu’à 100 euros, voire à 102 euros pour les premiers. Ceux de la banque Société Générale (Paris) ciblent un cours de 88 euros dans les douze prochains mois. À quelques instants de la clôture d’hier, l’action affichait une hausse de 1,8% à 80,88 euros.

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