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La start-up Eppik veut inscrire les albums de famille dans le cloud pour l'éternité

Les clichés pris par son aïeul en 1939 ont inspiré Alban Mackay, ex-banquier mué en entrepreneur. ©Tim Dirven

Une jeune pousse britannique lance à Londres et à Bruxelles un service innovant de capture et de conservation des albums de photos. Elle lève 640.000 euros des deux côtés de la Manche.

L’aventure entrepreneuriale d’Eppik a commencé par une perte de mémoire. Le père du fondateur Alban Mackay a montré, voici trois ans, les premiers signes de la maladie d’Alzheimer. L’homme continue toutefois de retrouver ses souvenirs, et de les raconter, quand on lui présente un album de photos de famille… C’est ce qui a donné l’idée à Alban de créer une plateforme intelligente à même de numériser les vieux albums de photos et de les conserver sur le cloud. Après douze ans de services, il a quitté la banque d’affaires pour laquelle il travaillait à Londres pour créer Eppik Ltd. Il a testé différentes solutions (avec iPhone, appareil Hasselblad…), avant d’opter pour un partenariat de R&D avec un spécialiste renommé de l’image et de la photographie basé en Allemagne, mais dont l’identité doit encore rester secrète. Ensemble, ils ont mis au point une machine qui mêle fonctions de scanning et d’optique pour numériser les albums sous tout type de format. Le module fonctionne en deux temps: l’appareil capte les images page par page (et même double page par double page), puis un logiciel découpe ces pages photo par photo. Cela permet, au final, de proposer au client une double vision de ses photos, par page ou par cliché.

L’objectif est double: il s’agit à la fois de pérenniser ces photos qui racontent l’histoire de chaque famille, et de permettre à ses membres de partager ces souvenirs visuels via le compte privé ouvert sur le site d’Eppik. "Nous voulons incarner LE système d’archivage photo, en commençant par numériser les albums, souligne Alban Mackay. La priorité, à mes yeux, est de faire vivre la plateforme afin qu’elle devienne un lieu de rencontre où raconter ses histoires de familles et d’amis."

Mode d’emploi

Concrètement, la start-up lance ces jours-ci ses services à Londres et à Bruxelles, où réside son fondateur. Elle mettra ensuite le cap sur Paris. Dans chaque siège, elle disposera d’un studio et d’une de ces fameuses machines. Les clients doivent lui faire parvenir leurs albums (un service de coursiers sera mis en place); Eppik numérisera ceux-ci moyennant un délai de deux à trois semaines, puis elle placera le produit de cette opération sur sa plateforme sur le cloud, avec accès privé réservé au client et à ses proches.

"Nous sommes une sorte d’assureur de mémoires, entre autres contre le risque d’incendie."
alban mackay
fondateur, Eppik Ltd

La jeune pousse se fera rémunérer à trois étapes: à la numérisation, qui coûtera environ 80 euros par album, aux consultations via compte privé, qui se feront par abonnement (un seul abonnement par famille, gratuité en dessous de 5 albums), et à la commande de services d’impression et de merchandising (possibilité d’imprimer des photos sur des gadgets, etc.).

Selon Alban Mackay, Eppik est la seule entreprise au monde à proposer un tel service. Des offres de scanning de photos existent à foison sur le net, mais aucune n’allie cette finesse de numérisation au départ d’albums et cette interactivité (partage et possibilités d’interventions entre membres de la famille).

Crowdfunding et expo

L’entreprise est encore en mode démarrage. Elle lancera lundi prochain une campagne de crowdfunding sur la plateforme Kickstarter, pour lever 40.000 euros. Elle est aussi en train de lever des fonds auprès d’investisseurs privés, pour 600.000 euros. Des Belges figurent parmi les souscripteurs ayant déjà répondu présent. De quoi financer la construction des machines et le début de la commercialisation. Si tout évolue selon les plans, une deuxième levée de fonds aura lieu d’ici un an et demi, pour financer l’expansion.

Et pour donner un aperçu de ses capacités de reproduction et de mise en page, Eppik expose quelques-unes des photos de la famille Mackay numérisées et agrandies à l’Arthus Gallery, qu’anime Rodolphe de Spoelberch à Ixelles. On y découvrira de superbes décors de l’Himalaya et de l’Inde flashés par son grand-père fin des années trente. Inauguration le 18 septembre.

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