Le CEO de bpost voit rouge

©BELGA

La Poste devient bpost, à quelques mois de la libéralisation des services postaux, prévue pour début 2011. Et le CEO de l'entreprise se fâche quand il s'agit de parler du budget de cette opération...

Une nouvelle identité visuelle pour plus de 6.000 véhicules, 8.000 vélos et vélomoteurs, 1.000 bâtiments, 14.000 boîtes aux lettres, sans compter les uniformes, les papier à en-tête, les cartes de visite... C’est le grand relooking à La Poste, qui a officiellement présenté à la presse son nouveau logo et son nouveau nom: bpost.


Le but de l’opération: "montrer que La Poste a changé du tout au tout ces 10 dernières années" et qu’elle est "prête pour affronter un marché totalement libéralisé", a martelé durant trois quarts d’heure le CEO de l’entreprise.

Flanqué de la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte, Johnny Thijs a ainsi rappelé que les résultats financiers et la qualité du service avaient été considérablement améliorés depuis son arrivée à la tête de La Poste en 2002.

Mais  quand on lui demande combien tout cela va coûter, le CEO se fâche aussi rouge que son nouveau logo: "Si je vous dis 1 million d’euros, vous allez me dire que c’est peu et si je vous dis 100 millions d’euros, vous allez me dire que c’est beaucoup... Qu’est-ce que vous allez faire avec ce chiffre? lance-t-il au journaliste interloqué. Je suis très responsable devant mon conseil d’administration et ceci ne coûtera rien au contribuable, que ce soit bien clair!"

Certes, une campagne de pub avait de toute façon été budgétée et tout a été fait pour limiter les coûts de l’opération (remplacement progressif des supports, utilisation de médias propres, etc.). Mais il faut savoir que lorsqu’une banque change de nom, par exemple, cela coûte "plusieurs dizaines de millions,  notamment pour adapter toutes les agences", selon un spécialiste reconnu du secteur du design. Surtout, "on peut se poser des questions sur le travail identitaire qui a été effectué. Y a-t-il de nouvelles valeurs à communiquer? J’ai l’impression que non. Je suis un peu inquiet pour mon métier...", confie-t-il.

"La SNCB nous a demandé s’il n’était pas judicieux de changer de nom. Nous leur avons dit de plutôt capitaliser sur leurs valeurs, leur richesse identitaire, car ils ont bien évidemment une légitimité sur un marché qui se libéralise", ajoute le spécialiste. "Et puis, comment le consommateur va-t-il approcher tout cela? Dans 10 ans, dira-t-il qu’il va cherchez des timbres chez bpost ou tout simplement à la poste?"

Il y a trois ans, la poste britannique avait changé de nom... pour revenir à "Royal Mail" moins d’un an plus tard.

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