Le Ceran devient français

©alain vande craen

Le centre de formation en langues passera à 100% dans le giron du groupe Châteauform’ d’ici fin juin.

Le Ceran devient français. Basée à Spa, cette adresse bien connue de la formation en langues, en particulier pour ses stages en immersion, appartiendra bientôt au groupe Châteauform’. Les actionnaires actuels du Ceran ont en effet décidé de céder l’ensemble de leurs parts.

Les deux principaux actionnaires, la holding Nomainvest avec 53% (holding des familles Noël et Jolly) et le management (40%) vont échanger leurs titres contre des parts dans Châteauform’; les deux autres (Etilux avec 4,5% et ING Belgique avec 2,5%) seront rémunérés en cash. La transaction, dont le montant est confidentiel, devrait être bouclée d’ici fin juin.

Châteauform’ est un spécialiste de l’organisation de séminaires et événements d’entreprise, qu’il accueille dans une soixantaine de lieux, en France mais aussi dans cinq autres pays européens dont en Belgique avec le château du Val Saint-Lambert, à Seraing, et l’abbaye de La Ramée, à Jodoigne. Le groupe a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 223 millions d’euros, soit 20 fois les ventes du Ceran (10,5 millions d’euros l’an dernier).

Pourquoi s’en remettre à un groupe français? "Depuis quelques années, nous réfléchissions à l’avenir du Ceran, que ce soit en termes d’actionnariat ou de développement", répond Yves Noël, qui pilote Nomainvest de même que l’entreprise familiale NMC à Raeren, le producteur de mousses synthétiques. "Lorsque Châteauform’ nous a fait une proposition de rachat, nous y avons vu une belle complémentarité."

"Du contenu dans le contenant"

En chiffres
  • 80 | L’emploi Le Ceran emploie un peu plus de 100 personnes (80 équivalents temps plein) et travaille avec un réseau de 250 formateurs.
  • 4 | Les sites Outre le centre résidentiel de Spa, le Ceran dispense aussi des formations à Bruxelles (dans les locaux de la FEB), à Ferrières et à Paris.
  • 1975 | La création Le Ceran (pour Centre d’étude et de rencontre à Nivezé) existe depuis 1975.

Directrice du Ceran depuis 2000, Fabienne Carmanne abonde. "Châteauform’ est un professionnel de l’organisation d’événements et de séminaires, mais ne propose pas en propre de contenu. Nous, au Ceran, nous proposons du contenu, avec nos formations linguistiques ou interculturelles. Elle est là, la complémentarité: du contenu dans le contenant."

Et puis, le Ceran cherchait à se développer à l’international. La maison s’y était déjà essayée, au travers de franchises en Angleterre, France, Espagne, Etats-Unis ou encore Japon, mais elle les a fermées les unes après les autres.

Entre autres motifs d’insatisfaction, le contrôle de la méthode d’apprentissage lui échappait un peu trop à son goût. "Or, l’apprentissage, c’est le cœur de notre métier, pas question d’accepter un laisser-aller de ce côté-là", insiste Fabienne Carmanne, dont les premiers pas au Ceran remontent à 1983, lorsqu’elle enseignait le français pendant l’été. Elle rejoindra le comité de direction de Châteauform’, en même temps qu’un représentant de Nomainvest siégera au conseil de surveillance.

La France mais pas seulement

"Nous visons aussi l’Allemagne, un marché où Châteauform’ s’est bien développé. Nous allons bénéficier de leur force commerciale et de leurs sites."

Le Ceran a remis un pied à l’international en 2011 avec le rachat de Terres Neuves, basée à La Défense à Paris. La France représente aujourd’hui 26% des ventes, que ce soit sur place ou au travers de la clientèle française qui participe aux formations résidentielles en Belgique. "Mais notre stratégie est clairement de nous développer davantage à l’international, en France mais pas seulement", ajoute la directrice. "Nous visons aussi l’Allemagne, un marché où Châteauform’ s’est bien développé. Nous allons bénéficier de leur force commerciale et de leurs sites", le plus souvent des châteaux entourés de verdure pas très loin de grandes villes.

Rebond en 2018

L’année 2018 aura aussi été celle du rebond pour la rentabilité du Ceran après quelques exercices moins rentables, marqués notamment par un résultat net consolidé "positif mais insatisfaisant". "En 2018, nous avons renoué avec une croissance sur nos différents marchés et produits et l’entreprise a retrouvé des marges d’ebitda historiques autour de 13% minimum", indique Yves Noël sans dévoiler le dernier carat des comptes 2018, qui doivent encore être approuvés.

"Que ce soit à l’expatriation ou au sein d’équipes internationales, la maîtrise de la langue ne suffit pas à comprendre l’autre."
Fabienne Carmanne

Outre les formations en langue, notamment les immersions en résidentiel qui réalisent 58% des ventes (à partir de 3.000 euros hors TVA pour la semaine), le Ceran développe aussi des formations juniors pour les 9-17 ans mais aussi des formations interculturelles.

"Que ce soit à l’expatriation ou au sein d’équipes internationales, la maîtrise de la langue ne suffit pas à comprendre l’autre", situe Fabienne Carmanne. "Appréhender les différences culturelles est tout aussi important pour être efficace dans un contexte professionnel multiculturel." Tout expatrié le confirmera.

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