Le conseil d'administration de bpost a les mains libres pour trouver un nouveau CEO

©Christophe Ketels

Contrairement à Koen Van Gerven, nommé à la tête de bpost par le conseil des ministres en 2014, son successeur sera désigné par le conseil d'administration (CA). Celui-ci sera néerlandophone puisque le président du CA est francophone.

Koen Van Gerven et bpost ont annoncé lundi matin que le CEO de l'entreprise ne solliciterait pas un nouveau mandat et quitterait ses fonctions le 26 février 2020, confirmant ainsi une information de la presse flamande. Le patron de bpost avait été nommé en février 2014 sur arrêté du conseil des ministres, qui avait la main à ce sujet à l'époque. Si Koen Van Gerven a dévoilé ses intentions dès à présent, c'est parce que la gouvernance de l'entreprise prévoit que son CEO doit l'avertir six mois à l'avance de son souhait de renouveler son mandat ou non.

En décembre 2015, la Chambre votait, pour rappel, une loi qui réformait le fonctionnement des entreprises publiques autonomes bpost et Proximus. Depuis son entrée en vigueur en janvier 2016, ce sont les conseils d'administration (CA) qui sont compétents pour désigner le CEO de ces sociétés. Chez bpost, ce sera donc la première fois qu'il sera fait usage de la nouvelle procédure.

Bpost est détenu à 51,04% par l'Etat belge via la Société Fédérale de Participations et d'Investissement. Six des douze membres du CA représentent ainsi l'Etat. 

Wanted, un néerlandophone...

La seule certitude actuelle concernant le successeur de Koen Van Gerven est qu'il ou elle sera néerlandophone. François Cornelis, un francophone assurant la présidence du CA, le poste de CEO doit revenir à une personnalité néerlandophone.

Sollicité pour une réaction, le ministre fédéral en charge de la Poste, Philippe De Backer, remercie Koen Van Gerven pour le travail accompli au cours de ses six années à la tête de bpost. "Il a guidé l'entreprise sur un marché en pleine évolution et a contribué à sa transformation en entreprise de transport de colis", commente le ministre. Celui-ci souligne que c'est maintenant au conseil d'administration de lui trouver un remplaçant "en toute indépendance".

... et un bon dialoguiste social

Du côté des syndicats, c'est le sentiment de surprise qui domine lundi matin. "Koen Van Gerven nous avait rencontrés à fin juillet et rien n'avait transpiré alors de son projet de décision", souligne Stéphane Daussaint, de la CSC Transcom (chrétien). Il dit se poser des questions sur les raisons de son départ annoncé. L'argument des six ans de mandat lui semble manifestement un peu léger. "Le futur CEO devra avoir un dialogue plus facile avec les organisations syndicales", ajoute Daussaint, selon qui les grèves de l'automne dernier auraient pu être évitées si la direction avait fait montre de plus de compréhension envers les problèmes dénoncés de longue date par les représentants du personnel.



Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect