Le dividende de bpost est-il vraiment menacé?

©BELGA

Mardi après Bourse, bpost livrera ses résultats pour 2018. Le marché attend avec impatience des détails supplémentaires sur l'évolution des affaires en 2019. La question est de savoir si l'opérateur postal sera à même de maintenir le niveau de son dividende.

Grandeur et décadence. En l’espace de dix mois, soit entre février et décembre 2018, l’action bpost est passée de son plus haut historique (28 euros) à son plancher (7,2 euros). Une dégringolade de 74%!

Déclin du courrier classique, résultats inférieurs aux attentes, cadavres dans les placards chez l’Américain Radial acquis après l’échec de la tentative de reprise avortée de PostNL, tensions sociales… Les causes de cette descente aux enfers sont connues.

Début décembre, le titre a encore bu la tasse (-22%) et cela malgré la confirmation d’un dividende total pour 2018 d’un niveau au moins égal à celui de 2017, soit 1,31 euro.

Année 2019 difficile

Ce qui a mis le feu aux poudres cette fois, c’est l’annonce d’une année 2019 "difficile" avec un impact négatif significatif découlant de plusieurs éléments. Il s’agit, entre autres, de l’accélération de l’indexation du coût salarial, de la convention collective du travail et d’une accélération des mesures structurelles pour un modèle de distribution adapté. Pour ce dernier point, l’opérateur postal évoque des coûts compris entre 10 et 15 millions d’euros.

En toile de fond, la question qui taraude analystes et investisseurs est la suivante : bpost sera-t-il capable de générer des bénéfices suffisants pour maintenir son dividende à son niveau actuel ?

Peut-être en apprendrons-nous plus à ce sujet mardi à la clôture des marchés lorsque le groupe publiera ses résultats annuels et ses perspectives pour l’exercice en cours.

Fin de l’année dernière, les analystes étaient très divisés sur le sujet. Ceux d’UBS pensaient que le niveau du dividende était soutenable tandis que leurs homologues de Société Générale penchaient plutôt pour une réduction de 50%.

De son côté, RBC Capital Markets se montrait plus confiant. "Le marché table sur une réduction d’environ 60% de son dividende, ce qui semble peu probable" écrivait le broker. "2019 sera difficile, mais les problèmes sont maintenant mieux compris et le pire a été intégré dans les prix" ajoutait-il.

Le consensus n'y croit pas

Mais le consensus des analystes compilés par Bloomberg semble plutôt pessimiste. Même en distribuant tout son bénéfice, bpost n’arriverait pas à garder le cap d’un coupon de 1,31euro. Le consensus table en effet sur un bénéfice par action ajusté de 1,125 euro en 2019 et de 1,164 euro en 2020.

Précisons qu’en moyenne, les analystes estiment que l’opérateur ne parviendra pas non plus à concrétiser, à 9 millions près, sa prévision d’un Ebitda 2018 dans le bas de la fourchette des 560-600 millions d’euros. Mais ils tablent sur un bénéfice par action de 1,339 euro.

Les avis très divergents entre brokers se reflètent forcément dans leurs objectifs de cours. C’est le grand écart. Alors que l’action qui a quitté le Bel 20 vendredi soir, se traite à 8,22 euros, ING vise 24,20 euros et HSBC 6,70 euros. Quatre d’entre eux conseillent un achat de la valeur, tandis que neuf recommandent de la conserver et un de la vendre. L’objectif de cours moyen s’élève à 11,42 euros.

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