analyse

Le marché du recrutement est reparti à la hausse depuis le début de l'année

La logistique, et notamment le secteur des colis, fait partie des secteurs les plus dynamiques sur le terrain des recrutements. ©ddp images

Alors qu'il s'était écrasé en mars 2020, le marché du recrutement semble relancé depuis le début de cette année. Mais les candidats l'ignorent encore.

Les bonnes nouvelles sont plutôt rares ces derniers jours, aussi soulignons celle-ci en lettres grasses: le marché du recrutement est reparti à la hausse depuis le début de l'année. Tant le nombre d'offres d'emploi publiées que le nombre de recrutements effectués par les cabinets spécialisés s'affichent en progression en Belgique comme en Europe, selon les données collectées par l'un de ceux-ci, PageGroup.

"Par rapport au deuxième trimestre 2020 et au début de la crise, on enregistre une hausse de 96% des offres et de 110% des recrutements", souligne Thibaud Adès, son directeur général pour le marché belge et le Grand-Duché. "Dans le même temps, les envois de curriculum vitae n'ont crû que de 10%", ajoute-t-il. Un décalage qui pourrait, s'il perdure, se traduire à terme par une pénurie de candidats.

"Par rapport au deuxième trimestre 2020 et au début de la crise, on enregistre une hausse de 96% des offres et de 110% des recrutements."
Thibaud Adès
Directeur général de PageGroup Belgique et Luxembourg

Après un premier trimestre 2020 de bonne facture, le marché s'est en réalité effondré au premier confinement, en toute logique puisque des pans entiers de l'économie se sont retrouvés à l'arrêt complet tandis que le monde découvrait l'ampleur et la gravité de la pandémie. Le deuxième trimestre 2020 a donc été le pire pour les candidats à l'emploi ou au changement d'employeur. La tendance s'est progressivement redressée ensuite, avec des chiffres d'embauche commençant à redevenir positifs à la fin de l'année. Puis, à partir de janvier, la machine s'est emballée.

Envie de tourner la page

Si l'on compare le premier trimestre 2021 au premier trimestre de l'année précédente qui était proche de ses niveaux records de 2018, les offres d'emploi ont augmenté d'une dizaine de pour cent tandis que les recrutements réalisés sont restés en recul de 10%. Quant aux envois de CV, ils ont fait preuve de stabilité. "Cela montre que les entreprises ont envie de tourner la page du Covid-19, même si c'est avec une bonne dose de télétravail", poursuit Thibaud Adès. "On voit que le marché repart et que cela se fait de manière très digitale."

"On observe un fort rebond des besoins de recrutement des entreprises, comme si elles faisaient déjà le pari de la sortie de crise à l'issue du troisième confinement."
Thibaud Adès
directeur général, PageGroup Belgique et Luxembourg

Actuellement, la plupart des missions de recrutement se font en effet à distance, via des outils de visioconférence, précautions sanitaires obligent. Environ neuf recrutements sur dix se font entièrement par ce biais, avec à la clé des gains de temps et d'efficacité. Les missions qui requièrent encore une dose de présentiel concernent notamment les plus hautes fonctions.

Ce rebond est cependant encore peu ou mal perçu par la majorité des candidats. Depuis cinq ans, le cabinet Page mesure chaque année leur niveau de confiance dans l'économie, le marché du travail et leurs perspectives de progression professionnelle. Cet indice s'est fortement dégradé depuis le deuxième trimestre 2020 et n'a pas encore récupéré des couleurs depuis. En Belgique, il est revenu de 63% de candidats confiants en janvier 2020 à 40% seulement à fin décembre. C'est la première fois depuis que l'indice existe qu'il glisse sous les 50%. Et ils ne sont plus que 36% à croire à une gestion idéale de leur vie professionnelle et privée, contre 54% avant la crise.

"Après un an de télétravail et de chômage économique, la population active a du mal à se projeter positivement dans un avenir professionnel lui offrant des perspectives inspirantes", commente Thibaud Adès. "La dernière fois que nous avons assisté à une chute pareille de confiance, c'était au lendemain de la crise financière de 2008."

Les Belges plus pessimistes

Et les Belges se montrent globalement plus pessimistes que les autres Européens. Seuls les pays du sud sont encore plus négatifs, avec un indice de confiance à 36% en France, à 32% en Italie ou à 31% en Espagne. À l'autre extrémité du tableau, les Suédois affichent le plus haut taux de confiance (51%). Si l'on élargit la comparaison au niveau des continents, on voit que les Européens sont plus pessimistes que les Américains et les Asiatiques. Cela pourrait s'expliquer par le plus haut niveau de protection sociale atteint sur le Vieux continent, qui aurait pour contrepartie "une capacité de rebond plus lente en cas d'amélioration de l'économie post crise ayant pour effet une lente reprise de la confiance des populations".

De 63 à 40%
indice de confiance des candidats
40% des candidats à l'emploi en Belgique se disent confiants pour leur avenir professionnel, contre 63% avant la crise.

Cela n'enlève rien au contenu du message essentiel: les employeurs cherchent à nouveau des candidats en Europe et en Belgique, ce dont ces derniers sont encore peu conscients. "À l'exception des secteurs sinistrés comme l'aérien ou l'horeca, on observe un fort rebond des besoins de recrutement des entreprises, comme si elles faisaient déjà le pari de la sortie de crise à l'issue du troisième confinement, conclut Adès. Les perspectives d'emploi sont meilleures que ne le pensent les candidats." Parmi les secteurs gagnants, figurent la banque, la logistique et les départements ventes.

Le résumé

  • Les missions de recrutement et les embauches effectuées sont reparties à la hausse depuis le début de l'année en Belgique comme en Europe.
  • Les entreprises veulent parier sur la reprise de l'économie à l'issue du 3e confinement.
  • Les candidats n'en sont pas encore conscients, comme l'indique leur indice de confiance calculé par le cabinet PageGroup.
  • Les CV de candidats n'ont pas encore amorcé leur rebond, un décalage qui pourrait aboutir à une pénurie et donc une guerre des talents.

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