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Le patron de bpost mis sur la sellette par les investisseurs

Koen Van Gerven, CEO de bpost. ©Jonas Lampens

Koen Van Gerven, le patron de bpost, ne parvient pas à retrouver la confiance des investisseurs. Lundi, la valeur a touché son niveau le plus bas. Certains d'entre eux se demandent si le CEO est encore le bon homme à la bonne place. Analyse.

L’investisseur n'a accordé que peu de confiance au plan de relance que le patron de bpost , Koen Van Gerven a présenté, il y a dix jours, lors de son "capital markets day". C’est du moins la conclusion que l’on peut titrer au vu du parcours de l’action. Lundi matin, le titre a encore une fois baissé pour atteindre un plancher historique de 13,19 euros, soit 9% sous le prix d’introduction de bpost de 14,5 euros lors de son entrée en Bourse en 2013.

Cela n’est pas vraiment surprenant. Van Gerven a remué ciel et terre lors de la journée investisseurs afin de montrer que de nouveaux cadres, une autre structure et un manager de crise allaient remettre la société américaine d’e-commerce Radial, achetée l’an dernier, sur les rails. Mais cela ne fut pas très convaincant.

Facteurs externes

Le nouveau plan stratégique dépend, en partie, de facteurs externes sur lesquels bpost n’a que peu de prise. Van Gerven s’attend à ce que le volume de courrier baisse de 7% cette année, contre 5,8% l’an dernier. D’ici 2022, il table sur une contraction de 9%. Il existe une probabilité de voir cette baisse de volume être encore adaptée en cours de route.

La seule chose que Van Gerven puisse faire pour compenser cette baisse de volume est d’envoyer (beaucoup) plus de paquets et sabrer dans les coûts. A partir de 6%, il est impossible de compenser la baisse avec le traditionnel mix hausse de prix et baisse des coûts. Aujourd’hui on a, en outre, appris que l’opérateur postal a décidé de ne plus enlever les colis le samedi et cela pour des raisons de rentabilité.

Le second grand problème, c’est Radial où il est urgent de remettre les affaires en place. Cela ne sera pas une sinécure. Les ventes ne suivent pas, les clients s’en vont, les frais médicaux pour les 6.700 collaborateurs dépassent les bornes et les tarifs sont bien trop compliqués, confessait Pierre Winand, le patron de Radial lors de la journée investisseurs.

L’ancien directeur financier de l’ex-boss de bpost, Johnny Thijs, a été choisi par Van Gerven pour remettre Radial sur les rails. Winand a parfaitement esquissé ce qui n’allait pas chez Radial tout comme l’a fait Jo Cornu à la SNCB. Mais y apporter des solutions dépend de beaucoup de facteurs.

Pas la bonne personne

Pour les investisseurs, Van Gerven ne semble pas la personne adéquate pour rétablir la confiance dans le groupe. Lorsque pour la première fois, au mois de mars, il a évoqué les difficultés rencontrées chez Radial, il a répété plusieurs fois qu’il n’était pas en mode panique. C’est souvent la meilleure manière de provoquer la panique chez les investisseurs et ça n'a pas manqué....

Lors de l’audition au Parlement, la semaine dernière, le CEO de bpost a laissé clairement entendre, entre les lignes, qu’il avait payé Radial trop cher.

Il y a dix jours, il a également donné ses prévisions pour la période 2018-2022. Il table sur un bénéfice d’exploitation annuel compris entre 390 et 440 millions d’euros ce qui signifie peu ou pas de croissance pour les quatre années à venir. Et c’est largement inférieur aux attentes des analystes.

Emprunt obligataire

Van Gerven a maintenant décidé d’émettre un emprunt obligataire destiné aux investisseurs institutionnels afin de refinancer le crédit-pont de 692 millions d’euros utilisé pour le rachat de Radial. Des "roadshows" seront organisés la semaine prochaine dans plusieurs villes européennes.

Il y a quelques semaines, bpost a reçu un rating A de la part de l’agence de notation Standard & Poor’s. Ce qui signifie que le groupe est un "émetteur de bonne qualité".

Heureusement, la machine à cash bpost- qui affiche un bilan très solide- appartient pour un peu plus de la moitié aux autorités belges. Cela rend les choses un peu plus faciles pour emprunter à bon compte. Mais la confiance reviendra-t-elle? C’est à voir. De plus en plus d’investisseurs se demandent si Van Gerven est encore le bon homme à la bonne place.

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