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"Le rachat de Radial par bpost détruit de la valeur"

©Photo News

Un analyste d'ING dit tout le mal qu'il pense du rachat de Radial par bpost. Il estime, notamment, que cette opération va détruire de la valeur pendant trois ans, au moins. Il a retiré la valeur de sa liste d'achat.

On ne peut pas dire que l’annonce, lundi matin, de l’acquisition de la société américaine Radial -spécialisée dans l’e-commerce- par bpost ait suscité une "standing ovation" dans le rang des investisseurs. Le jour même, le titre a clôturé sur une baisse de 3,4% alors que les analystes, pour leur part, restaient globalement neutres face à ce rachat.

Après avoir pris le temps de la réflexion, Marc Zwartsenburg analyste chez ING vient briser cette froide unanimité de ses confrères en pointant les faiblesses de cette opération qui coûte 700 millions d’euros à bpost. Faiblesses qui l’ont conduit à sortir la valeur de sa liste d’achat. Du coup, le titre chutait de 4% en début de séance avant de limiter sa perte par la suite.

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Trésor de guerre

L’analyste reconnaît l’utilité stratégique de Radial. Cette plateforme dans le secteur de l’e-commerce aux USA apportera à l’opérateur postal une nouvelle expertise pour le marché européen note-t-il. Mais plusieurs points suscitent son inquiétude :

• La part de marché de Radial, même si la société est deuxième en importance derrière Amazon, reste très petite : de 3 à 4%.

• Comme le marché est encore fragmenté et que la taille reste la clé, bpost pourrait se lancer dans une série de rachats avec une pression potentielle sur le bilan et sur le dividende. Il évalue, à ce sujet, le trésor de guerre de bpost autour de 740 à 750 millions d’euros.

• Radial, elle-même, est encore en cours de restructuration et d’intégration avec une croissance inférieure au marché.

• Les Etats-Unis sont éloignés de la Belgique, ce qui pourrait mener à des problèmes de contrôle.

Enfin, "last but not least" l’analyste estime que ce rachat est plutôt cher. Selon ses calculs basés sur le rendement du capital investi (ROIC), cette opération sera destructrice de valeur sur les trois premières années au moins. "Pour créer de la valeur au-delà de 2020, la société a besoin d’accélérer la croissance de ses revenus et/ou améliorer ses marges" ajoute-t-il.

En conséquence, Marc Zwartsenburg recommande désormais de conserver la valeur (contre " acheter " avant). Son objectif de cours passe de 25,8 euros contre 24,2 euros.

Deux analystes vendeurs

Deux autres analystes sont plus négatifs encore sur le titre mais cela date d’avant l’annonce du rachat de Radial. ABN Amro et Kepler Cheuvreux conseillent de la vendre avec des objectifs de cours respectifs de 20 euros et de 22,5 euros.

Sur les 14 analystes recensés par Bloomberg qui suivent bpost, trois recommandent un achat, neuf suggèrent de la conserver et, comme on vient de le voir, deux conseillent de s’en débarrasser. L’objectif de cours moyen s’élève à 24,74 euros avec un plus haut de 28 euros (Goldman Sachs) et un plus bas de 20 euros.

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