Les Boël et Spoelberch voient leur pépite indienne étinceler

La plateforme indienne Byju's permet aux écoliers d'apprendre de manière ludique. Elle compte de l'ordre de 80 millions d'utilisateurs. ©Bloomberg

La valeur de la plateforme d'apprentissage Byju's a presque triplé en même pas deux ans, à quelque 15 milliards de dollars désormais. Les Belges à bord s'en frottent les mains.

Byju's, le nom ne vous dira probablement rien. Pourtant, la plateforme d'apprentissage indienne compte ses utilisateurs par dizaines de millions sur son marché domestique - et de plus en plus en dehors, en ce compris en Europe.

Grâce à ses services, les étudiants peuvent s'adonner aux sciences et aux maths de manière ludique par la voie d'un mélange de vidéos, de simulations interactives et d'autres contenus à destination des plus jeunes issus, là, du monde de Disney depuis la signature d'un important deal en 2019 avec le géant du divertissement.

Croissance folle

La crise n'a fait qu'accroître une croissance déjà folle. Et attirer les regards des investisseurs qui y voient là un actif sorti grand gagnant de la crise.

15
milliards de dollars
Byju's vaut désormais 15 milliards de dollars, soit environ moitié plus qu'il y a moins d'un an et deux fois plus que juste avant que la pandémie n'éclate.

L'entreprise l'a bien compris, attirant dans la foulée une montagne de capitaux frais. Dernier exemple en date, Byju's a ainsi levé aux environs d'un milliard de dollars auprès notamment du véhicule d'investissement du cofondateur de Facebook, Eduardo Saverin. De quoi porter sa valorisation à pas moins de 15 milliards de dollars, d'après la presse indienne, soit environ moitié plus qu'il y a moins d'un an et deux fois plus que juste avant que la crise n'éclate. L'entreprise est désormais la deuxième entreprise technologie la plus précieuse d'Inde, loin devant ses concurrents de l'"edtech", ces start-ups de l'éducation.

Alors, dans le rang des actionnaires de la première heure, on se frotte les mains. En ce compris au sein du plat pays puisque les Boël et Spoelberch font tous deux partie de l'aventure depuis quelques années maintenant. Le holding des premiers, Sofina , montait à bord en mars 2016; le véhicule des seconds, Verlinvest, un an plus tard.

Depuis, leur investissement a été multiplié respectivement par 55 et 25 fois, avec une participation d'un poids estimé à quelque 937 millions de dollars (786 millions d'euros) désormais pour Sofina. Ce qui a amené le holding a déjà cédé l'an dernier 2,35 de ses 8,6% détenus en 2019, empochant un quart de milliard au passage. Jusqu'à nouvel ordre, Verlinvest n'a pas suivi le mouvement. Le nombre d'actions détenu par le véhicule d'investissement de ceux qui comptent parmi les familles actionnaires de référence du géant brassicole AB InBev n'est pas connu.

"Une introduction en Bourse est envisagée d'ici 18 à 24 mois"
Byju Raveendran
Fondateur et CEO de Byju's

De son côté, Byju's dit désormais envisager d'utiliser son récent afflux d'argent frais pour financer sa croissance, y compris sur le marché américain, mais aussi en Asie. Par ailleurs, son fondateur, Byju Raveendran, a récemment annoncé qu'il envisageait une introduction en bourse "d'ici 18 à 24 mois", non pas pour donner aux investisseurs existants la possibilité de sortir, mais bien pour permettre à Byju de se développer encore plus.

Acquisitions

D'ici là, place belle est faite aux acquisitions. Ainsi, la pépite indienne a acquis l'été dernier la plateforme d'apprentissage au codage pour enfants WhitehatJr pour quelque 300 millions de dollars, avant de mettre sur la table un milliard de dollars pour s'offrir début du mois Aakash Educational Services, une chaîne indienne de 200 centres de préparation aux examens d'entrée en facultés de médecine et d'ingénieur. La presse indienne évoque à présent aussi une possible reprise de son homologue sectoriel Toppr, qui n'a pour sa part levé que de l'ordre de 100 millions de dollars depuis son lancement en 2013, contre 2,8 milliards pour Byju's.

Le géant chinois Tencent, la Chan Zuckerberg Initiative (entreprise philanthropique du patron de Facebook Mark Zuckerberg et de sa femme Priscilla Chan) ou encore la Banque mondiale sont actionnaires de Byju's aux côtés des Belges.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés