Les entreprises de nettoyage submergées de demandes

Dans les entreprises (ivi l'usine Galler à Vaux-sous-Chèvremont), le nettoyage et l'assainissement des installations pourraient prendre jusqu'à trois mois. ©AFP

Les entreprises de nettoyage croulent sous les demandes d'intervention. Elles ne peuvent pas toujours y répondre, faute de moyens humains ou d'accès aux sites.

"Cela fait trente que je travaille chez Laurenty, je n'ai jamais connu une telle situation." Depuis la fin de la semaine dernière, Jean-François Emond, le patron de cette grosse entreprise de nettoyage qui emploie 4.200 personnes, pare au plus pressé. La société liégeoise, qui ne sert que les entreprises (publiques et privées), tourne à plein régime. Et se voit contrainte de refuser les nombreuses sollicitations de particuliers touchés par les inondations.

Assécher les lieux sinistrés, évacuer des montagnes de déchets, récurer en profondeur les sols et les murs: le secteur du nettoyage est submergé. Au point que des entreprises confient certaines missions à des étudiants, faute de disposer de moyens humains en suffisance.

800
demandes
Damage Control a reçu 800 demandes d'intervention entre jeudi et mardi.

Car le problème majeur, c'est que toutes les demandes, aussi urgentes les unes que les autres, affluent en même temps. Damage Control, une filiale du groupe XLG spécialisée dans les premières interventions après un sinistre, a ainsi reçu 800 demandes d'intervention entre jeudi et mardi, alors qu'elle n'emploie qu'une cinquantaine de personnes. "Heureusement, nous avons la possibilité de mobiliser des collaborateurs des autres départements du groupe, ce qui nous permet de nous appuyer aujourd'hui sur environ 400 personnes. Mais nous ne sommes pas en mesure d'honorer toutes les demandes à bref délai", explique Jérôme Paquot, directeur du marketing de Damage Control.

Priorités redéfinies

Les sociétés de nettoyage sont confrontées à trois difficultés majeures. Sur le plan logistique, il y a tout d'abord le problème de l'accès aux zones sinistrées, qui n'est pas toujours possible. S'ajoutent à cela les coupures d'approvisionnement en eau et en électricité dans de nombreuses zones.

Le troisième impondérable est lié aux moyens humains: une partie du personnel est en vacances. Sans compter que des travailleurs de ces entreprises habitent dans les régions sinistrées et sont eux-mêmes en grosse difficulté.

"Des chantiers ont été momentanément fermés afin que nous puissions réallouer des effectifs à gauche et à droite."
Jean-François Emond
CEO de Laurenty

Face à l'urgence, on redéfinit les priorités. "Des chantiers ont été momentanément fermés afin que nous puissions réallouer des effectifs à gauche et à droite", précise le CEO de Laurenty. Qui a dû outre faire face à un problème informatique, des serveurs logés en bord de Meuse ayant été endommagés.

Renforts ponctuels

Gérer l'urgence nécessite des renforts ponctuels en matériel et en effectifs. Certaines sociétés de nettoyage se voient contraintes d'envoyer des étudiants. "Dans un tel contexte, nous recourons aussi à des intérimaires et à des étudiants, mais nous veillons à ce qu'ils soient toujours encadrés par des membres du personnel", souligne Jean-François Emond.

"Sur les gros chantiers professionnels, nous n'envoyons pas les équipes de nettoyage habituelles mais des techniciens spécialisés."
Jérôme Paquot
Directeur marketing de Damage Control

Damage Control, de son côté, a commandé une centaine de karchers et des pompes et installé un call center de huit personnes. "Sur les gros chantiers professionnels, nous n'envoyons pas les équipes de nettoyage habituelles mais des techniciens spécialisés. Mais cette force de frappe supplémentaire ne nous permet pas de couvrir toutes les demandes", dit Jérôme Paquot.

Il n'empêche: l'ampleur de la catastrophe a déclenché un vaste élan de solidarité. "De nombreux collaborateurs ont suspendu leur congé, et des ouvriers de la région de Charleroi ont accepté de travailler durant le week-end et de se déplacer jusqu'à Liège", se félicite le responsable marketing de Damage Control.

La réhabilitation des zones sinistrées n'en est cependant qu'à ses débuts. "Pour l'assainissement des entreprises, on est partis pour trois mois au minimum. Et il y aura ensuite toute la phase de reconstruction", souligne Jérôme Paquot.

Le résumé

  • Assécher les lieux sinistrés, évacuer les déchets, récurer sols et murs: le secteur du nettoyage est submergé.
  • Les sociétés de nettoyage sont confrontées à trois difficultés majeures: l'accès aux zones sinistrées, pas toujours possible, les coupures d'eau et d’électricité et un manque de moyens humains, une partie du personnel étant en vacances.
  • Mais l'ampleur de la catastrophe a déclenché un vaste élan de solidarité.
  • L'assainissement des entreprises prendra au moins trois mois, avant la phase de reconstruction.

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