Les jardiniers en col blanc prolifèrent

Carrés de terre et de légumes au coeur de CoStation, place Sainte Gudule à Bruxelles. ©BELGAONTHESPOT

Engie, ING ou encore BNP Paribas Fortis: les potagers d’entreprises fleurissent sur les toits de Bruxelles. Objectif: favoriser le networking et s’inscrire dans un projet durable.

Hier, c’était au tour de BNP Paribas Fortis de présenter son potager d’entreprise sur la terrasse de CoStation, place Sainte Gudule à Bruxelles. La terrasse de l’incubateur de start-ups semble isolée de l’agitation bruxelloise. Une abeille butine les fleurs de potirons, un pigeon niche au-dessus d’un plant de framboises, une odeur de basilic flotte dans l’air. à peine entend-on la rumeur de trafic perturbé par le sommet de l’Otan.

Sérénité donc, mais aussi contact avec la nature, tissage de liens entre les employés, durabilité et environnement… les raisons s’égrainent comme une cosse de haricots. "Ce projet s’insère dans notre campagne #ourjob2 explique Valery Halloy, porte-parole de BNP Paribas Fortis. Il s’agit de mettre en avant des projets d’engagements pour nos employés qui s’inscrivent dans nos valeurs de durabilité."

L’idée est d’apporter une connaissance aux employés et d’assurer un suivi. Après, c’est à eux de mettre les mains dans la terre.
Augustin Nourissier
Skyfarm

Favoriser le réseau

Et le succès grandit. Engie, ING, IBA… de nombreuses entreprises ont passé le cap et cultivent leurs légumes sur les toits ou dans les espaces verts disponibles. Mais aussi ailleurs, dans les bureaux. "Nous proposons des bacs de culture et des sacs inspirés de la permaculture. Cela permet de créer de l’espace disponible au potager", explique Augustin Nourissier, le fondateur de SkyFarm. Ce trentenaire diplômé de la ESSEC Business School crée son entreprise en 2016, fatigué de son travail de bureau. Plusieurs fois par semaine, il délivre des formations et des conseils auprès de ses différents clients. "SkyFarm s’occupe du matériel, des graines, des plantes, mais aussi de la formation. L’idée est d’apporter une connaissance aux employés et d’assurer un suivi. Après, c’est à eux de mettre les mains dans la terre", dit-il.

Mais ce qui est aussi au coeur du projet, c’est l’échange entre les membres du personnel. Et dans ce contexte, le choix de CoStation n’est pas anodin. Wouter Remault, CEO de cet incubateur de start-ups l’explique: "Ce potager permet un mélange des employés de BNP et des start-ups présentes ici. On jardine, on bavarde, les idées s’échangent. Cela crée un véritable réseau qui correspond à notre volonté d’entrepreneuriat. Dans notre cas, les start-ups de la tech rencontrent le milieu bancaire."

Les plus petites boîtes n’ont pas toujours les finances pour réaliser leurs ambitions. On reçoit des demandes et quand on envoie le devis, les gérants sont refroidis.
Vincent Vandoorde
fondateur de la coopérative Incredible Compagny

Prix et image de marque

©BELGAONTHESPOT

Aussi idyllique soit-il, le projet à un coût. Pour les gros groupes, il intègre les budgets liés aux développements et les dépenses corporate. Pour les PME, l’investissement est plus dur à assumer. "Dans une PME, si 30% du personnel s’occupent du potager, les 70% restants vont demander autre chose. Quand vous avez une salle de sport ou une salle de lecture, ça va. Mais les plus petites boîtes n’ont pas toujours les finances pour réaliser leurs ambitions. On reçoit des demandes et quand on envoie le devis, les gérants sont refroidis", raconte Vincent Vandoorde, fondateur de la coopérative Incredible Compagny, initialement active dans les potagers mais qui a dû par la suite se diversifier.

Cet intérêt pour la main verte contribue aussi à la construction d’une image de marque. "Pour nous le prix n’est pas l’important. Il s’agit d’un investissement, de s’inscrire dans une démarche durable", souligne Olivier Desclée, porte-parole d’Engie Belgique. Des propos partagés du côté de BNP Paribas: "Les potagers corroborent un projet plus structurel à l’entreprise, notamment notre politique plus sévère envers le secteur de la pétrochimie ou l’industrie du tabac par exemple", explique la pote-parole Valéry Halloy, un verre de thé bio aromatisé aux herbes du jardin en main.

Il s’agit de mettre en avant des projets d’engagements pour nos employés qui s’inscrivent dans nos valeurs de durabilité.
Valery Halloy
Porte-parole de BNP Paribas

Aide aux plus démunis

Alors qu’une partie de la production profite aux bénévoles investis dans le projet, l’autre va à des associations d’aide aux réfugiés ou aux plus démunis. "Le but premier n’est pas la production personnelle, ni même la rentabilité. Sinon on ne mettrait que des espèces qui poussent vite et on les arroserait de pesticides. Or on cherche la diversité et le bio. Les entreprises font ça avant tout pour partager un bon moment, prendre un bol d’air et aider les autres", conclut Augustin Nourissier.

©BELGAONTHESPOT

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