Les Petits Riens investissent 11 millions d'euros à Bruxelles

©doc

L’entreprise sociale va recruter une centaine de personnes en deux ans pour sa nouvelle usine d’Anderlecht.

Grand moment pour Les Petits Riens. Dans quelques semaines, l’ASBL ouvrira une nouvelle usine de tri, le long du ring à Anderlecht. Un investissement de 10,9 millions d’euros, financé pour moitié sur les réserves constituées depuis 10 ans, pour moitié par emprunt bancaire. Située sur un terrain loué en emphytéose pour 30 ans par CityDev, l’ex-Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB), l’usine des Petits Riens aura pour voisins Ikea et Coca-Cola.

La nouvelle entité va doubler la capacité de tri en textile des Petits Riens, qui va passer de 3.000 à 6.000 tonnes par an et générera une centaine d’emplois nouveaux, soit 50 contrats salariés et 50 contrats "article 60" (mise à l’emploi via les CPAS). "Ces emplois verront le jour dans le centre de tri ou dans les boutiques de seconde main des Petits Riens, qui vont passer de 17 à 30 en deux ans", situe Julien Coppens, le directeur général.

On peut être une entreprise d’économie sociale et investir massivement.

L’ASBL Les Petits Riens va doubler sa capacité de tri des textiles et quasiment doubler son réseau de magasins de seconde main.

Objectif: augmenter l’impact social de l’association, notamment dans l’hébergement de personnes précarisées.

Au jour d’aujourd’hui, Les Petits Riens collectent, trient et vendent ou recyclent 7.000 tonnes par an. Du textile essentiellement, dont 10% sont vendus dans le réseau de boutiques, 40% sont exportés vers l’Afrique, 25% recyclés et 15% jetés.

À côté du textile, l’association recycle meubles, vaisselle, objets de déco, jouets, vélos, etc.

Économie sociale

Cette activité emploie 163 équivalents temps plein et a généré 11,4 millions d’euros de recettes en 2014, dont 7% de subsides régionaux bruxellois pour la formation/réinsertion et la limitation des déchets.

"Cette nouvelle usine donnera de la visibilité à un modèle d’entreprise alternatif."

De ces moyens, un peu plus d’un million d’euros va au financement de quatre ASBL sœurs, actives dans l’hébergement et l’accompagnement de personnes en difficulté. Parmi elles, la maison d’accueil des Petits Riens, la plus importante de Belgique avec 120 lits.

Si l’activité de collecte, de tri et de vente en seconde main "doit pouvoir à terme se passer de subsides", assure Julien Coppens, le groupe Petits Riens dans son ensemble s’est fixé comme ligne de ne pas dépendre à plus de 20% de l’argent public.

Essaimer

"La nouvelle usine servira les trois objectifs de l’économie sociale telle que nous la pratiquons, explique Odile Dayez, responsable de la communication. Sur le plan social, nous allons créer de l’emploi et générer des moyens financiers supplémentaires qui serviront à développer le logement de personnes précarisées. Sur le plan économique, nous allons collecter plus, trier plus et vendre plus car, chez nous, l’activité économique est un objectif en soi: c’est elle qui remet des gens au travail, propose des produits accessibles à toutes les bourses et recycle. Enfin, sur un plan plus politique, cette nouvelle usine donnera de la visibilité à un modèle d’entreprise alternatif, qui revalorise les personnes et les biens."

L’ASBL espère "un effet d’essaimage", et organise en ce sens un colloque le 8 octobre sur le thème: "L’entreprise sociale, un modèle d’avenir?".

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