Les prévisions de bpost semblent conservatrices, estiment des analystes

Au premier trimestre, bpost s'est surpassée en générant un résultat d'exploitation nettement supérieur aux attentes. ©BELGA

Bpost table désormais sur un ebit annuel supérieur à 310 millions d'euros, un niveau que des analystes jugent prudent.

Il y a moins de deux mois, l’action bpost , soufflée par un colis piégé, dévissait de 17% dans la foulée de ses résultats du quatrième trimestre.

Aujourd’hui, après les départs récents du CEO et du président du conseil d’administration, le nouveau bulletin trimestriel de l’opérateur postal frôle la grande distinction. Un grade à mettre à l’actif de cet ancien tandem.

C’est en jouant sur deux tableaux qu’il a réussi à surprendre le marché: en réduisant le déclin du courrier classique, d’une part, et en profitant, enfin, de l’envolée du commerce en ligne, de l’autre. Résultat: le titre a décollé de plus de 12% jeudi à la Bourse de Bruxelles.

"Bpost a généré des revenus d’exploitation en ligne avec les attentes, mais a réalisé une marge incroyablement élevée de 11,3% résultant en un ebit de 115,5 millions d’euros."
Thomas Couvreur
Analyste chez KBC Securities

L'ebit explose le consensus

Retenons trois éléments clés du bilan du premier trimestre. Un chiffre d’affaires en hausse de 9% doublé d’un bond de 53% de son résultat d’exploitation (ebit), à 115,5 millions d’euros, largement supérieur aux attentes des analystes (82,3 millions).

"Bpost a généré des revenus d’exploitation en ligne avec les attentes, mais a réalisé une marge incroyablement élevée de 11,3% résultant en un ebit de 115,5 millions d’euros", résume Thomas Couvreur, de KBC Securities ("acheter"), qui a relevé son objectif de cours à 11 euros, contre 10 euros avant.

Troisième élément: l’opérateur a relevé sa prévision pour l'ebit de l’ensemble de l’exercice. Il estime qu’il devrait désormais dépasser les 310 millions d’euros, alors que son estimation antérieure reposait sur une fourchette comprise entre 265 et 295 millions d’euros. Le consensus se situe, lui, à 293,9 millions d'euros.

Trop prudent

Mais Marc Zwartsenburg, d’ING ("acheter"; 10,5 euros), estime que cette guidance est prudente et avance plusieurs arguments pour justifier sa position. Tout d’abord, l’ebit du 1er trimestre bat déjà le consensus de 32 millions d'euros, tandis que la nouvelle prévision annuelle dépasse ce dernier de 16 millions. Ensuite, bpost a bénéficié en avril de l’intensification du confinement, ce qui est positif pour les colis. Enfin, il pourra aussi compter sur le renforcement de l’activité courrier grâce aux lettres de vaccination et à une forte reprise des publicités constatée en mars.

"Cela confirme notre point de vue que la première guidance pour 2021 était conservatrice et que la réaction de l’action en bourse d’alors (-17%) était exagérée."
Frank Claassen
Analyste chez Degroof Petercam

"Ajoutons à cela une attention particulière sur la discipline des coûts après la débâcle du 4e trimestre et nous semblons disposer de suffisamment d’ingrédients pour battre de 5% la partie basse de la guidance", juge l’analyste.

Frank Claassen, de Degroof Petercam ("acheter"), est sur la même longueur d'onde. Il voit de la marge pour une croissance à deux chiffres de son ancienne estimation de 285 millions d'euros pour arriver à 340-350 millions d’euros. "Cela confirme notre point de vue que la première guidance pour 2021 était conservatrice et que la réaction de l’action en bourse à ce moment-là (-17%) était exagérée." Il a majoré son target d’un euro pour le faire passer à 12 euros.

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