Royal Mail en voie de privatisation

Vers une privatisation du groupe postal public britannique? ©CORBIS

Nouvelle tentative de privatisation du groupe postal public Royal Mail en Grande-Bretagne. Un projet de loi en ce sens a été déposé par le gouvernement ce mercredi au Parlement, relançant la controverse et la grogne des syndicats qui avaient su l'empêcher sous le gouvernement précédent.

Le gouvernement britannique a soumis mercredi au Parlement un projet de loi ouvrant la voie à la privatisation du groupe postal public Royal Mail, un projet très controversé qu'il avait relancé le mois dernier au grand dam des syndicats.

Ce texte reprend dans ses grandes lignes les propositions déjà énoncées par le ministre du Commerce, Vince Cable. Il autorise le gouvernement à transférer le capital de Royal Mail au secteur privé, via une cession ou une introduction en Bourse. Dans les deux cas, au moins 10% du capital de l'entreprise devra être réservé à ses employés.
Le projet de loi prévoit également que Post Office, réseau des 11.500 bureaux de poste britanniques et actuellement filiale de Royal Mail, ne sera pas privatisé. Mais il pourra éventuellement être doté d'un statut de type mutualiste, c'est-à-dire qu'il serait détenu par ses employés et les usagers. Enfin, parallèlement à toute privatisation, l'Etat s'engage à prendre à sa charge l'énorme déficit du régime de retraite spécifique au groupe postal, égal à huit milliards de livres (dix milliards d'euros) fin mars.

Ce projet de loi devrait être discuté par les députés dans les mois qui viennent. Vince Cable a affirmé que ces mesures étaient le meilleur moyen de garantir l'avenir de Royal Mail et de Post Office, qu'il a qualifiés de "piliers" de la société britannique. Les syndicats ont exprimé vigoureusement leur opposition au projet de privatisation. "Donner les clefs des services postaux aux parieurs et filous de la City, que Vince Cable avait récemment pourfendus (...), est une mauvaise nouvelle pour tout le monde", a notamment dénoncé Billy Hayes, qui dirige le syndicat des postiers, le CWU.

Le gouvernement britannique alliant conservateurs et libéraux démocrates s'était engagé dès son arrivée au pouvoir en mai à relancer la privatisation de Royal Mail, qui avait fait l'objet d'une tentative avortée sous le précédent gouvernement travailliste. L'ex-ministre travailliste du Commerce, Peter Mandelson, qui était un farouche partisan d'une ouverture du capital de la Poste britannique, avait dû faire machine arrière face au tollé suscité dans les rangs des syndicats et du Labour.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés