Securitas va succéder à G4S pour sécuriser l'aéroport de Charleroi

Le contrôle des passagers et la sécurisation du périmètre à l'aéroport de Charleroi seront désormais assurés par Securitas. ©Photo News

Après une âpre lutte, qui l'avait amené à contester l'élection du groupe français Samsic devant le Conseil d'Etat, Securitas a remporté le contrat de sécurité de l'aéroport de Charleroi. Il en va, selon nos informations, d'un montant de quelque 90 millions d'euros sur huit ans.

A l'issue d'un appel d'offres très disputé, le groupe Securitas va succéder à G4S à l'aéroport de Charleroi. Il y assurera désormais le contrôle des passagers et des bagages ainsi que la sécurisation du périmètre, un marché évalué, selon nos informations, à quelque 11 millions d'euros par an pour un contrat qui courra de 4 à 8 ans. Il y effectuera aussi le contrôle des caméras de surveillance, qui constitue un deuxième marché de taille plus modeste prévu pour une période minimum de deux ans et maximum de quatre. Dans la meilleure des configurations, il en ira d'un budget total d'environ 90 millions d’euros, toujours selon nos infos. Le principal contrat représente une charge de travail pour 300 emplois.

Samsic écarté par le Conseil d’Etat

Le processus de désignation du nouveau partenaire de BSCA Security, la filiale de sécurité du gestionnaire de l’aéroport de Charleroi, n’a pas été un long fleuve tranquille.

Dans un premier temps, en effet, BSCA Security avait retenu l’offre du groupe français Samsic pour le principal volet de ce marché, à savoir le contrôle des passagers et la sécurisation de l’aéroport (L’Echo du 14 septembre, voir ci-contre). Securitas avait contesté ce choix devant le Conseil d’Etat, en argumentant que Samsic ne pouvait pas avoir réussi l’épreuve de sélection qualitative puisqu’il ne disposait pas, à ce stade, de l’agrément du Service public fédéral Intérieur pour exploiter une société de gardiennage en Belgique.

"Le nouveau contrat est un solide défi parce que, en tant que société de gardiennage, on doit pouvoir gérer tant le trafic habituel que les pics d'affluence, en maintenant des prix corrects."
Koen Colpaert
Porte-parole de Securitas

Samsic avait contourné l’obstacle en rachetant une compagnie belge dûment agréée, Flanders Port Security, mais cela n’a pas suffi à convaincre le Conseil d’Etat, qui avait suspendu, à la mi-août, la décision de BSCA de retenir Samsic. Suite à cela, les cartes ont été rebattues et BSCA Security a réattribué le marché. Il a, cette fois, préféré la proposition de Securitas à celles de Samsic et de G4S, qui avait également refait offre.

300 personnes à intégrer

Pour l'entreprise élue, le nouveau contrat "est un solide défi parce que, en tant que société de gardiennage, on doit pouvoir gérer tant le trafic habituel que les pics d'affluence, en maintenant des prix corrects", selon le porte-parole Koen Colpaert.

Concrètement, comme c’est la règle dans ce secteur, Securitas va reprendre, dans les prochaines semaines, le personnel actuellement affecté à ces missions par G4S à Charleroi. Il va donc intégrer près de 300 personnes dans son effectif, sauf si certaines d’entre elles choisissent, comme elles en ont également le droit, de rester chez G4S en étant affectées sur un autre site. Le passage du flambeau entre les deux opérateurs, l’ancien et le nouveau, devrait se faire d'ici la fin de l'année.

Pour Securitas, l’obtention de ce contrat revêt une saveur particulière, car c’est celui qui lui manquait pour pouvoir dire qu’il opère sur l’ensemble des aéroports publics belges. Objectif atteint donc, en ce qui le concerne. A ce propos, le groupe souligne, dans son communiqué, qu’il a l’intention de faire profiter Charleroi de l’expérience qu’il a acquise sur les autres aéroports . Il promet aussi d’apporter "une plus-value en travaillant sur les formations, la gestion du personnel, l’utilisation de nouveaux outils technologiques, etc."

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