Ergo: 500 indépendants perdent aussi leur activité

©Apto

L’assureur va cesser toute nouvelle production. De ce fait, Ergo va supprimer 200 emplois salariés mais également effacer le business de ses 500 agents indépendants.

lls ont baptisé cela un "plan stratégique pour la Belgique et le Luxembourg". C’est avec cet euphémisme que l’assureur Ergo, filiale du groupe allemand homonyme (lui-même détenu par Munich Re), a annoncé vendredi sa décision de se retirer des marchés belge et luxembourgeois.

Ergo cesse toute nouvelle production et, par conséquent, entend se séparer de 200 employés, sur quelque 350 au total. L’assureur a donc enclenché la loi Renault, de rigueur en cas de licenciement collectif. Un premier conseil d’entreprise se tiendra jeudi prochain.

700
Au total, la facture sociale s’élève à 700 emplois: 200 employés et 500 "agents indépendants exclusifs".

Ceux qui restent se chargeront de la gestion en extinction du portefeuille existant. À terme, autrement dit, l’activité sera ramenée à zéro, tout comme l’emploi.

La casse sociale ne s’arrête pas là. Car Ergo écoule ses produits via "un réseau de "500 agents indépendants exclusifs", nous indique l’entreprise.  Pour eux aussi, l’arrêt de la production aura un impact radical: ils n’ont plus rien à vendre. "C’est en effet une conséquence du plan", confirme-t-on.

"Pas rentable"

Ergo est actif quasi exclusivement en assurance-vie et c’est bien le problème. "Les nouveaux contrats vendus ces dernières années ne sont pas rentables dans le contexte actuel de faibles taux d’intérêt", indique la firme. Dans les comptes 2015, on voit d’ailleurs que la maison a dû prendre l’an dernier 75 millions d’euros de plus en provision "clignotants" (imposée par la Banque nationale aux assureurs-vie dont les taux garantis dépassent les taux du marché), pour la porter à 229 millions d’euros.

"Les nouveaux contrats vendus ces dernières années ne sont pas rentables dans le contexte actuel de faibles taux d’intérêt."
Ergo

Ergo pointe aussi "la forte compétitivité de grandes banques et organisations de courtagede même que "les exigences réglementaires croissantes, qui influent sur les exigences de fonds propres et les charges administratives, principalement pour les assureurs de petite et moyenne taille".

L’an dernier, Ergo avait encaissé 520 millions d’euros de primes et ses provisions techniques pointaient à 3,7 milliards d’euros.

La société travaillait jusque-là à "un modèle d’entreprise mettant l’accent sur une approche axée sur l’avenir et sur une stratégie de produits adaptée au marché belge", lit-on dans le dernier rapport annuel. On sait aujourd’hui qu’il n’en sera rien. Manifestement, le vent a tourné, à la grande surprise du personnel, sous le choc nous dit-on après cette annonce de vendredi.

Après Axa, P&V, ING et Crelan, voilà que s’allonge encore la liste des maisons financières passées en mode restructuration. À qui le tour?

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