48 ans plus tard, l'Union saint-gilloise renaît sportivement et financièrement

Philippe Bormans, CEO de l'Union saint-gilloise. ©Tim Dirven

En cas de victoire ce samedi, le mythique club de foot de Saint-Gilles pourrait déjà empocher son ticket pour la D1. Un retour au top niveau, 48 ans après l'avoir quitté. Les défis ne manquent pas. Le financier sera le plus complexe.

Même si à l'époque il n'était même pas un projet pour ses parents, l'année 1973 est sans doute importante pour Philippe Bormans. Elle l'est en tout cas pour les plus vieux supporters du club dont il est le CEO. À 33 ans, il est le patron du mythique club de l'Union saint-gilloise et 1973 est l'année où son club a quitté la D1. Presque un demi-siècle. Bref, il y a très longtemps. Surtout pour un club de football. Le retour au sommet est toutefois prévu pour 2021 et peut-être même ce samedi soir, si l'Union parvient à se défaire de son éternel rival du RWDM.

"L'aspect économique est notre plus grand défi."
Philippe Bormans
CEO de l'Union saint-gilloise

La montée ne sera pas que symbolique. Elle marquera le retour d'une institution. Avec bientôt 124 années au compteur, le matricule fait partie de l'histoire du ballon rond belge. L'ancêtre a également quelques jolis trophées dans son armoire à souvenir. "Le Club a une histoire et reste le troisième le plus titré de Belgique", rappelle, non sans fierté, Philippe Bormans. "Cela remonte à longtemps, mais avec nos 11 titres, nous avons plus de sacres que le Standard."

Le défi des revenus

Le 12e titre n'est toutefois pas prévu dans la foulée de la remontée. L'Union a besoin de temps. Cela se voit dès l'entrée dans son enceinte. Une seule tribune couverte pour un total de seulement 9.500 places dont une bonne partie debout. Pas d'espace VIP et des préfabriqués en guise de bureau pour la petite dizaine de travailleurs du club. Le tableau est loin de celui du voisin mauve ou du projet blauw en zwart de la Venise du nord. Le bilan comptable se répète d'ailleurs d'année en année avec des pertes annuelles d'environ 6 millions d'euros. "L'aspect économique est notre plus grand défi", explique le jeune patron.

Le casse-tête de l'infrastructure

Comme tous ses adversaires, il peut jouer sur quatre tableaux pour alimenter les caisses. Les revenus issus des transferts, les droits télévisés, le sponsoring et le ticketing. La première source est déjà hors-jeu. Le club veut être compétitif et ne compte pas vendre ses pépites.  Les droits télé devraient, eux, grimper en flèche. "On va passer de moins d'un million à plus de deux millions d'euros." Première bonne nouvelle. Probablement la seule. Avec ses infrastructures, l'entreprise USG n'a pas grand-chose à proposer de plus à ses sponsors que de la visibilité sur son maillot. "Sur ce plan, je rêve au maximum d'un million d'euros", avoue le patron.

"C'est simple nous devons le plus rapidement possible atteindre un budget de 16 millions par an."
Philippe Bormans

Reste enfin les revenus des supporters. Et là aussi, le passage en D1 ne va pas beaucoup changer la donne. Pour un club de D1B, l'USG a déjà une belle communauté et pourra sans doute disposer régulièrement d'un stade à son comble. "Si on joue les 17 matches à domicile sold-out, on peut atteindre les 1,2 million d'euros de recettes." Pas plus. Le club est bloqué par sa situation actuelle. "C'est impossible d'espérer plus de spectateurs ou d'augmenter le prix de l'entrée. On ne peut pas demander plus de dix euros pour venir voir un match debout, exposé au vent et à la pluie", regrette Philippe Bormans.

Mieux faire avec moins

Quand il fait le calcul, Philippe Bormans arrive à un constat clair: il va manquer des millions. "C'est simple, nous devons le plus rapidement possible atteindre un budget de 16 millions d'euros par an (contre 8 millions cette année, NDLR). Ce qui est bien en dessous des autres clubs, mais je pense que nous pouvons sans doute faire mieux que les autres avec moins."

Le jeune CEO peut toutefois compter sur l'Angleterre. Depuis trois ans, deux investisseurs d'outre-Manche ont posé leurs valises en terres bruxelloises avec la ferme intention de faire à nouveau rayonner le club du parc Duden. "Les investisseurs étrangers sont souvent mal considérés. Mais ici, ils ont un vrai projet et sont là pour longtemps", assure-t-il. Tony Bloom et Alex Muzio ont d'ailleurs déjà allongé plus de 20 millions d'euros en deux ans pour rendre l'équipe compétitive. Le sportif désormais sur la bonne voie, reste le chantier de l'infrastructure. "En réalité, tout est déjà prêt. Nous avons bloqué un budget de 50 millions d'euros pour rénover le stade ou déménager. Cela ne dépend plus de nous, mais de ce que nous pouvons envisager avec la commune et la Région."

Le CEO y croit, l'USG est relancée. "Il a fallu environ trois ans pour revenir au top sportivement. Il faudra encore la même chose pour enfin avoir l'infrastructure adaptée et encore trois ans de plus pour redevenir un club  à l'équilibre. Il y a un tas de facteurs extérieurs, mais on peut donc y parvenir en moins d'une décennie." Rendez-vous en 2027. L'Union a déjà attendu 48 ans, elle peut encore être un peu patiente.

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