500.000 euros pour le futur Odoo du sport

La start-up namuroise Be+Sports compte dans ses clients la fédération de basket et plusieurs clubs belges. ©BELGA

La jeune entreprise namuroise Be+Sports vient de lever 500.000 euros. Avec près de 700 clubs et fédérations comme clients, l'entreprise est spécialisée dans la transformation digitale dans le monde du sport.

Les sportifs l'ont sûrement déjà remarqué. Dans pas mal de situations, les fédérations et les clubs sont souvent bien plus habiles sur leur terrain de sport favori que lorsqu'il s'agit d'accompagner leurs membres sur internet. C'est particulièrement visible lorsqu'il s'agit de réserver un terrain, d'encoder un résultat ou d'inscrire une équipe à un match. "Il y a effectivement un retard au niveau du digital", avoue Bruno Patris.

Si le sujet l'intéresse particulièrement, c'est que depuis 2014, il tente d'améliorer la situation. Avec Simon Arickx, il a fondé la start-up Be+Sports. Installée à Namur, elle est spécialisée dans la digitalisation du sport. "Dans un premier temps, l'ambition était surtout d'apporter un support numérique. Nous avons donc d'abord développé pas mal de sites", explique le patron. Au fil du temps, l'offre de l'entreprise s'est bien épaissie. "L'idée est désormais de proposer une offre 360 degrés. On souhaite répondre à la fois aux besoins administratifs des clubs, à l'aspect sportif qui intéresse les membres, et au volet communication entre le club et les sportifs", souligne Bruno Patris.

Tailles différentes, problèmes identiques

Afin de rentabiliser au mieux le marché, l'entreprise a segmenté son offre. "Nous avons une offre pour chaque niveau, de quelques centaines d'euros par an pour les clubs, à plusieurs milliers pour les fédérations, en passant par les centres sportifs. On a rapidement constaté que les problèmes étaient à des échelles différentes, mais très semblables." Alors qu'un club cherchera à optimiser l'utilisation de ses terrains pour les entraînements, les mêmes questions de planning apparaissent pour la fédération en charge d'organiser les compétitions chaque week-end.

"On travaille également avec 600 clubs et plusieurs centres sportifs, dont ceux de Molenbeek, Gembloux, Mounier."
Bruno Patris
Cofondateur de Be+Sports

Be+Sports a dans son portefeuille quelques références notables, comme la fédération de basket ou de football en salle. "On  travaille également avec 600 clubs et plusieurs centres sportifs, dont ceux de Molenbeek, Gembloux, Mounier", énumère le responsable. Depuis 2019, l'entreprise de huit personnes est rentable avec un bénéfice à reporter de 93.000 euros. Le chiffre d'affaires était, lui, de 200.000 euros environ. "L'ambition désormais est de passer d'une offre de services à une autre beaucoup plus intégrée et donc avec un potentiel de croissance bien plus important. On souhaite s'inspirer du modèle Odoo mais pour les structures actives dans le sport, qui ont des besoins très spécifiques", observe Bruno Patris.

93.000
euros
Depuis 2019, l'entreprise de huit personnes est rentable avec un bénéfice à reporter de 93.000 euros.

Intérêt espagnol

Pour y parvenir, Be+Sports peut désormais compter sur le soutien d'une série d'investisseurs. La société vient tout juste de boucler une première levée de fonds de 500.000 euros. L'opération s'est faite auprès de Sambrinvest, Digital Attraxion ainsi que des investisseurs privés via Be Angels. L'argent frais devrait permettre d'accélérer le déploiement. La Belgique sera la priorité de même que l'Espagne. "Des raisons privées" ont également amené la jeune entreprise à se lancer dès 2017 dans le sud de l'Europe - elle dispose d'un bureau à Séville.

"Aujourd'hui, la majorité de notre chiffre se fait encore en Belgique mais nous avons déjà environ 300 clubs en Espagne."
Bruno Patris
Cofondateur de BE+Sports

"Aujourd'hui, la majorité de notre chiffre se fait encore en Belgique mais nous avons déjà environ 300 clubs en Espagne", explique le patron. Bruno Patris préfère d'ailleurs viser d'abord le pays ibérique avant même le nord de la Belgique. "Il y a toutefois une réflexion au sein de l'entreprise. L'expérience en Espagne a montré qu'il faut une personne ayant la culture et pas seulement la langue. Si l'on souhaite s'attaquer vraiment à la Flandre, nous devrons recruter. Pour le moment, le focus se fait donc sur la Belgique francophone, l'Espagne et la France", indique le responsable.

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