La professionnalisation du hockey se reflète dans une abondance de transferts

©BELGA

Le championnat de hockey débute ce dimanche après un mercato assez agité. On n’y parle pas encore de sommes colossales mais, peu à peu, l’argent commence à jouer un rôle dans le choix de club des joueurs.

Un titre de champion du monde pour les Red Lions, un club belge qui remporte la coupe d’Europe des clubs et finalement le sacre continental pour l’équipe nationale, il y a un mois lors de la coupe d’Europe à Wilrijk. La saison 2018-2019 du hockey est plus que probablement la plus belle de l’histoire du sport au stick.

D’année en année, la discipline gagne en ampleur et en popularité, tout en se professionnalisant toujours plus. Forcément, cette évolution se reflète aussi sur le marché des transferts.

Aujourd’hui, la très grande majorité des hockeyeurs jouant en division d’honneur sont payés, avec néanmoins parfois de grandes différences. "Des contrats sont signés mais on est encore très loin du football", explique Géry Dohmen, le président du Watducks, vainqueur en avril dernier de l’Euro Hockey League (EHL).

De simples changements d’employeur

Les deux mondes ne sont en effet pas tout à fait comparables. Pas d’agents, ni de montants payés entre les clubs, pas d’indemnités pour les clubs formateurs. En hockey, l’argent n’est pas (encore) partout.

Dans le petit monde du hockey, les transferts de joueurs s’apparentent donc davantage à un changement d’employeur classique en entreprise, avec indemnités à payer en cas de rupture de contrat, qu’au mercato en vigueur dans le football. Il n’empêche, l’aspect financier devient aussi peu à peu un critère dans des choix de carrière.

"Avant, de nombreux joueurs partaient aux Pays-Bas. Ils sont désormais nombreux de retour dans notre championnat."
Thierry Le Saux
président du Racing

Le récent transfert de Simon Gougnard, l’un des joueurs indispensables de l’équipe nationale en est un exemple. Le joueur a annoncé son départ de son club waterlootois champion d’Europe pour rejoindre l’équipe de Louvain qui évoluait en D1 (soit l’équivalent de la D2) l’an passé. Le joueur évoque un défi sportif.

"Je pense qu’il est motivé par le projet et que l’aspect financier fait aussi partie des éléments", se contente prudemment de répondre le président du Watducks, qui n’avait pas les moyens financiers pour garder sa pépite.

"Nous avons un budget limité pour notre équipe première et il faut donc faire des choix. Nous avons encore d’autres internationaux et nous misons sur nos jeunes, je ne suis pas inquiet", ajoute-t-il.

Une question de sous

D’autres Red Lions ont également agité le marché des transferts. Tom Boon et Cédric Charlier, les piliers de l’attaque des Red Lions, ont ainsi décidé de quitter le Racing de Bruxelles, où ils jouaient depuis dix ans, pour rejoindre respectivement le Léopold, champion en titre, et le Dragons, autre club du top.

S’ils partent donc chez de solides pensionnaires de la division d’honneur, il est aussi question de sous.

Dans un communiqué officiel, le Racing a d’ailleurs justifié le départ de Charlier. "Le Royal Racing Club de Bruxelles a décidé, de commun accord avec Cédric Charlier, de ne pas poursuivre le contrat en cours pour les prochaines saisons. En effet, malgré une revalorisation contractuelle progressive prévue chaque année, la nouvelle demande formulée par Cédric Charlier a été jugée déraisonnable par le Racing, et donc le contrat prévu jusqu’en 2021 a été résilié", explique le club.

La situation est assez semblable pour Tom Boon. "Il a reçu une proposition hors-norme que nous ne pouvions pas suivre", explique Thierry Le Saux, le président du Racing.

L’homme n’en veut toutefois certainement pas à ses stars. "Il faut aussi comprendre leur position. Tom Boon arrive en fin de carrière. Il a été le premier à passer professionnel. On lui propose un contrat de cinq ans, ce n’est pas négligeable. Je ne me sens pas trahi. C’est l’évolution de notre sport et nous sommes encore très loin des sommes du football. Les hockeyeurs belges ne sont pas des mercenaires", ajoute encore le responsable du club.

Il n’empêche que le sujet est visiblement encore assez tabou. Plusieurs sources évoquent un salaire annuel d’au moins 80.000 euros pour Boon et de 60.000 euros pour Gougnard à Louvain, mais aucune communication officielle ne vient confirmer ces chiffres.

Plus d’argent dans le milieu n’est toutefois pas spécialement négatif. Avec un championnat doté de plus de moyens, l’attractivité est en hausse.

"Avant, les joueurs étaient nombreux à partir aux Pays-Bas. L’un ou l’autre joue encore à l’étranger mais ils sont désormais nombreux de retour dans notre championnat", souligne encore le président du Racing.

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