Tohu-bohu chez Nike, éclaboussé par un scandale de dopage

Mark Parker, apparaît dans le document produit par un panel d'arbitres indépendants, qui a rendu la décision appliquée par l'USADA. Il en ressort que le dirigeant était en copie de plusieurs courriers électroniques l'informant de l'avancée des recherches d'Alberto Salazar et de son équipe du NOP ©Photo News

L'entraîneur d'athlétisme le plus célèbre au monde, Alberto Salazar, a été suspendu quatre ans pour infraction aux règlements sur le dopage. L'équipementier américain Nike risque d'être rattrapé par le scandale, son PDG étant cité dans le jugement.

Injections trop importantes d'acides aminés, expériences avec de la testostérone, documents médicaux falsifiés... L'enquête de l'agence américaine antidopage (Usada) a mis au jour une série de dérapages de l'entraîneur d'athlétisme le plus célèbre du monde.

Suspendu pour quatre ans, Salazar a posté une annonce sur le site du Nike Oregon Project (NOP), soulignant qu'il a toujours respecté les règles de l'agence mondiale antidopage et qu'il compte aller en appel contre la suspension.

Moins attendu, le nom du PDG de Nike lui-même, Mark Parker, apparaît dans le document produit par un panel d'arbitres indépendants, qui a rendu la décision appliquée par l'Usada. Il en ressort que le dirigeant était en copie de plusieurs courriers électroniques l'informant de l'avancée des recherches d'Alberto Salazar et de son équipe du NOP.

Pour Mark Parker, Salazar cherchait à empêcher que ses athlètes soient dopés.
Un porte-parole de Nike

Selon ces e-mails saisis par l'American Arbitration Associations, Parker et d'autres cadres officiels de Nike auraient été mis au courant à diverses occasions entre 2009 et 2011 d'expériences médicales menées dans le but de déterminer les effets de drogues dopantes et la quantité de substances qui pouvaient être utilisées par les athlètes sans être détectées, selon le New York Times.

Dans un e-mail daté de 2011, Alberto Salazar explique, notamment au PDG de Nike, avoir injecté pour un test, à l'un des entraîneurs du NOP, un litre d'un mélange d'acides aminés et de dextrose (glucose), une dose nettement supérieure aux règles de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Deux ans plus tôt, dans un autre courrier électronique envoyé à Mark Parker, le Dr Jeffrey Brown, qui collabore au NOP, évoque des expériences menées avec de la testostérone sous forme de gel. Dans une réponse, le PDG écrit qu'il "serait intéressant de déterminer la quantité minimale d'hormone masculine requise pour déclencher un test positif".

L'inquiétude de l'entraîneur

Dans une réaction transmise au Wall Street Journal, l'équipementier explique que "Mark Parker n'avait aucune raison de croire que le test ne suivait pas les règles dans la mesure où un médecin y participait".

Mark Parker n'avait aucune raison de croire que le test ne suivait pas les règles dans la mesure où un médecin y participait.
Un porte-parole de Nike

Officiellement, ces essais répondaient à l'inquiétude de l'entraîneur, alerté d'une possible contamination de ses athlètes à la testostérone par une personne extérieure, qui aurait appliqué le gel à leur insu. "Pour Mark, Alberto cherchait à empêcher que ses athlètes soient dopés", a expliqué un porte-parole de Nike au Wall Street Journal.

Mardi, l'action Nike a abandonné 1,75% soit un peu plus que le marché new-yorkais (-1,28%), au lendemain d'une séance qui l'avait vue clôturer sur le prix le plus élevé de son histoire. Depuis plusieurs trimestres, le groupe publie des résultats scintillants, portés par sa réorientation vers la vente en ligne et ses bonnes performances sur le marché chinois. L'affaire Salazar risque-t-elle de ternir le tableau?

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