Le FC Nantes conduit à une boîte postale à Bruxelles

Guillaume Gillet, ex-anderlechtois. ©AFP

Presque toutes les actions du club français FC Nantes mènent à un bureau situé rue de Livourne, dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles.

Il s’agit d’une société belge enregistrée sous le nom de Flava Groupe. Elle détient 99,63% des actions de la société française FC Nantes. À la même adresse, on trouve des dizaines d’autres sociétés qui n’ont rien à voir avec le football. Mais aussi le siège d’un conseiller fiscal belge, qui se vante sur son site internet de son "respect le plus strict de la confidentialité".

42 €
La "boîte aux lettres" bruxelloise du FC Nantes a accumulé plus de 50 millions d’euros de pertes et n’a rapporté à l’État belge que 42 euros.

La société "boîte aux lettres" qui détient le club nantais a été créée en juillet 2007 par le franco-polonais Waldemar Kita et son fils Franck. Au même moment, Kita a conclu un accord avec Serge Dassault – du groupe industriel éponyme – pour le rachat du FC Nantes. Dans l’acte constitutif de la société, on peut lire que le conseiller fiscal bruxellois réglera toutes les formalités de la société, même si elle était encore établie à l’adresse de la résidence uccloise de l’homme d’affaires. En 2014, le holding belge qui détient le FC Nantes déménagera son siège social à l’adresse du conseiller fiscal.

Pourquoi les actions d’un club français de première division sont-elles hébergées au sein d’une société écran belge? Un coup de fil au conseiller fiscal ne nous apprend rien: "En tant que société fiduciaire, nous ne pouvons pas vous fournir des informations à ce sujet", nous a-t-on répondu. Il est plus que probable que l’objectif de la société belge consiste à éviter les impôts sur les plus-values réalisées lors de la vente des actions. C’est aussi l’avis d’un expert fiscaliste.

Ce serait la première fois que la Belgique apparaîtrait dans les nombreuses constructions frauduleuses mises au jour ces dernières années dans le monde du football. Depuis vendredi soir, le "Football Leaks" révèle les montages dans des paradis fiscaux de stars du ballon rond comme Cristiano Ronaldo.

Plus tôt cette année, le nom du propriétaire du FC Nantes était déjà cité dans les Panama Papers. La société "boîte aux lettres" bruxelloise qu’il utilise pour ses activités footballistiques, a déjà accumulé plus de 50 millions d’euros de pertes. Le Trésor Public belge n’a jusqu’ici encaissé que 42 euros d’impôts.

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