Marc Coucke dribble tout le monde et rachète le Sporting d'Anderlecht

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A la surprise générale, le fondateur d’Omega Pharma et propriétaire du KV Ostende reprend 70% des parts du club mauve et blanc.

L’atmosphère plutôt compassée du Stade Constant Vanden Stock va-t-elle devenir grand-gignolesque suite au rachat du Sporting d’Anderlecht par Marc Coucke? En tout cas, le truculent propriétaire du KV Ostende, qui n’hésitait pas à mettre le feu dans les business seats du club côtier, a pris tout le monde de court en concluant un accord pour la reprise de 70% du capital du club mauve et blanc. C’est la surprise du chef. Mercredi, le conseil d’administration du RSCA s’est penché sur les candidats à la reprise et c’est donc le fondateur d’Omega Pharma qui a été désigné pour entrer en négociation exclusive pour le rachat plus grand club de football du pays.

Toutes les offres émanaient d’investisseurs belges.

• L’offre de Johan Beerlandt, CEO de Besix de concert avec ses actionnaires égyptiens est ainsi laissé sur le carreau. 
• Même histoire pour celle du consortium composé du patron de Woestijnvis Wouter Vandenhaute, de deux managers belges du fonds d’investissement CVC et de l’ancien patron de bpost Johnny Thijs.
• Et puis surtout, Marc Coucke laisse sur place le favori: le CEO de Ghelamco, Paul Gheysens, qui voulait reprendre le club et au passage appuyer son projet de stade national sur le parking C du Heysel en y faisant jouer Anderlecht. Mais les relations entre Ghelamco et Anderlecht se sont tendues depuis que le club a fait savoir, en février dernier, que le projet de stade de Ghelamco, tel qu’il lui était présenté, ne lui convenait pas. L’offre effectuée par Gheysens valorisait Anderlecht juste en dessous des 100 millions d’euros.

Revendre le club d’Ostende

Conséquence de sa prise de pouvoir sur Anderlecht, l’entrepreneur flamand s’est engagé par ailleurs à revendre le club d’Ostende dont il est le propriétaire, une condition sine qua non pour éviter les conflits d’intérêts. Le règlement des licences interdit en effet à un investisseur d’avoir une influence majeure sur deux clubs évoluant au même niveau de compétition. Cette vente devra être conclue avant le 15 février 2018 au plus tard. C’est en effet la date à laquelle les clubs professionnels doivent rentrer leur dossier annuel pour obtenir leur licence professionnelle. A noter que les deux clubs se rencontreront en championnat… le week-end précédent. Autrement dit, la vente d’Ostende devra être actée avant.

Qui pourrait acquérir le club côtier? En coulisse les regards se portent sur Bart Versluys, un proche de Marc Coucke. Patron du groupe de construction éponyme, dont Marc Coucke détient 50% des parts, Versluys a rénové le stade d’Ostende - rebaptisé Versluys Arena - et est son principal sponsor. En attendant, à Ostende, on ne décolère pas. Le bourgmestre Johan Vande Lanotte (sp.a) a qualifié de "gifle" pour la ville le départ de Marc Coucke. 

30% d'actionnaires minoritaires

70%
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Selon nos informations, Coucke s’est engagé à reprendre 70% du club, la part restante demeurant entre les mains d’actionnaires minoritaires.

Si Marc Coucke reprend 70% d’Anderlecht, le solde restera entre les mains d’actionnaires minoritaires. Ceux-ci doivent indiquer s’ils souhaitent rester à bord et selon quelles modalités. Ainsi, selon nos informations, Etienne Davignon restera fidèle au club. Toujours selon nos sources, Alexandre Van Damme un des gros actionnaires d’AB InBev, qui détient 16% des parts du club, se réjouit de l’issue de cette saga, car à l’offre financière s’ajoute un projet sportif solide. L’homme d’affaires entend consulter les autres actionnaires mais se dit prêt à rester dans le tour de table des minoritaires. L’argent n’étant pas trop un souci pour Marc Coucke, il est fort à parier que la partie cash de l’offre doit être intéressante pour les actionnaires minoritaires même si paraît-il, elle n’était pas plus attrayante financièrement que celle de Gheysens.

Pour autant qu’ils soient en société, il était en tout cas urgent, pour ces petits actionnaires, de vendre. Dans le cadre de la réforme de l’impôt des sociétés, les règles de taxation sur les plus-values vont en effet changer le 1er janvier. Les plus-values sur actions seront exonérées de l’impôt des sociétés pour les détenteurs d’au moins 10% des actions ou si la valeur de ces actions est supérieure ou égale à 2,5 millions d’euros. En résumé, si ces petits actionnaires ne vendaient pas avant le 31 décembre, leur plus-value sur la vente du RSCA aurait été imposée à un taux équivalent à celui de l’impôt des sociétés (environ 30%).

Et côté management?

L’actuel président Roger Vanden Stock (75 ans) pourra décider s’il reste encore en place de manière temporaire, selon les termes de l’offre. La question de la succession de Herman Van Holsbeeck le manager sportif des mauves, qui a lié son sort à celui son président, est également réglée puisque Marc Coucke emmènera à terme dans ses valises Luc Devroe, l’actuel directeur sportif d’Ostende, un poste qu’il a également occupé de 2007 à janvier 2011… chez le grand club rival d’Anderlecht, le FC Bruges. 

"La nouvelle majorité m’a convaincu qu’elle est vraiment préoccupée par l’avenir de ce club, de ses jeunes, de ses joueurs, de ses employés et — last but not least — de ses supporters."
Roger Vanden Stock
Président du RSCA

Roger Vanden Stock s’est dit satisfait d’avoir trouvé cet accord. "Mon père (Constant Vanden Stock, l’homme qui a fait du Sporting un ténor européen dans les années 70-80, NDLR), Philippe Collin (cousin de Roger, NDLR) et moi avons consacré nos vies au RSC Anderlecht et nous avons reçu beaucoup en retour, sportivement, mais surtout humainement", a-t-il communiqué avant d’ajouter: "La nouvelle majorité m’a convaincu qu’elle est vraiment préoccupée par l’avenir de ce club, de ses jeunes, de ses joueurs, de ses employés et — last but not least — de ses supporters. Tant leur vision sportive que leur capacité financière laissent présager le meilleur pour le club."


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