Anderlecht gagne (encore) de l'argent

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Anderlecht afficherait des pertes abyssales. Sur le plan comptable, le club est pourtant dans le vert. Qu'en est-il?

L’"Anderlecht bashing" est tendance. Sur le plan sportif, cela peut se comprendre. Sur le plan financier, un peu moins. Or samedi, Het Nieuwsblad faisait sa manchette sur les finances des mauves et blancs, récemment repris par l’homme d’affaires Marc Coucke. Avec un titre accrocheur "Coucke erft financiële puinhoop." Traduction: "Coucke hérite d’un foutoir financier".

Le quotidien flamand faisait état d’une perte d’exploitation de 42 millions d’euros à l’issue de l’exercice comptable 2016-2017 clôturé fin juin 2017, soit 9 de plus qu’il y a un an. Or le compte de résultat indique au contraire un bénéfice d’exploitation de 2 millions d’euros et un résultat net de 350.000 euros. Contacté, le club ne fait pas de commentaires.

104, 5 millions €

Les revenus du RSC Anderlecht à l’issue de l’exercice 2016-2017, dont 43,8 millions de chiffre d’affaires.

2 millions €

Le bénéfice d’exploitation des mauves et blancs.

45 millions €

Les charges salariales du club.

81,3 millions €

L’endettement du Sporting.

Pour arriver à cette perte de 42 millions, le journal indique qu’il a fait la balance entre le chiffre d’affaires, soit les revenus récurrents – billetterie, sponsoring, loges, business seats, droits télévisés, primes en Coupe d’Europe – qui s’élevait à 43,8 millions et ses principales charges, soit les salaires (46,5 millions) et les services et biens divers: entretien des infrastructures, frais de transport, commissions versées aux agents de joueurs, etc. (39,3 millions). On en arrive effectivement à un différentiel négatif de 42 millions.

"C’est une manière sensationnaliste de présenter les choses, observe un fin connaisseur du club. Cela ne tient pas compte des autres produits d’exploitation: les ventes de joueurs qui font aujourd’hui partie intégrante du business model des clubs belges." Or ces plus-values représentaient près de 60,7 millions, contre 44,4 millions un an plus tôt. Ajouté au chiffre d’affaires on en arrive 105,5 millions de revenus et, donc, au résultat positif.

Pour se maintenir à flot, le Sporting doit donc céder chaque année ses meilleurs éléments. Ce fut le cas l’été dernier avec le départ de Youri Tielemans (25 millions) et cet hiver de Sofiane Hanni (8 millions). Mais rien ne dit qu’il pourra réitérer à l’infini ce genre de plus-values. "Si sur le plan comptable, Anderlecht n’est pas dans le rouge, cela ne veut pas dire que la situation est optimale car les charges sont très élevées", observe cependant notre interlocuteur. Marc Coucke devra donc veiller à plusieurs éléments. D’abord, l’inflation des frais de personnel qui ont grimpé de 8,5 millions à 46,5 millions d’euros (salaires des joueurs compris). 242 personnes étaient rémunérées (ETP) contre 213 un an plus tôt. C’est 100 de plus que lors du passage en SA il y a six ans!

Ensuite, la gestion des transferts: chaque achat de joueur s’accompagne d’une commission versée à son agent. Plus un joueur est cher plus la commission est élevée.

Marc Coucke devra aussi veiller à augmenter les recettes récurrentes du RSCA afin d’être moins dépendant des plus-values, aléatoires, sur transferts et continuer à céder l’une ou l’autre vedette. Tout cela devrait lui permettre de réduire le fort endettement du club. Celui-ci a doublé passant en un an de 40,6 à 81,3 millions; les dettes à un an au plus ont même presque triplé à 59,8 millions en raison de l’achat de joueurs.

À l’inverse, les créances à un an au plus sont passées de 17,5 à 39 millions, ce qui veut dire que les clubs qui ont acheté des joueurs à Anderlecht n’ont pas encore totalement réglé leur ardoise. Il n’empêche, la situation financière est sérieuse. D’où un mercato hivernal très prudent.

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