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Basket: pourquoi les JO accueillent nos Cats et pas nos Lions?

Avec Emma Meesseman dans leurs rangs, les Cats alignent une sorte de LeBron James féminin. ©Photo News

Notre équipe féminine de basket défend crânement ses chances à Tokyo alors que son équivalent masculin n'a plus mis les pieds aux JO depuis 1952. À quoi cela tient-il?

La question turlupine les amateurs de basket depuis quelque temps déjà: comment expliquer que la Belgique puisse aligner une équipe nationale féminine de basketball au plus haut niveau mondial alors qu'elle peine à rapprocher son équipe masculine du top 10? Comment se fait-il que nos dames occupent le 7e rang mondial alors que nos messieurs stagnent à la 37e place, selon le classement établi par la Fiba, la fédération internationale? Et que les Cats (le surnom de l'équipe féminine) défendent crânement leurs chances de médailles aux Jeux de Tokyo alors que les Lions doivent se contenter de rêver d'une hypothétique participation future aux Jeux olympiques?

7e
classement mondial des cats
L'équipe féminine belge de basket occupe actuellement la 7e place au classement mondial Fiba, contre la 37e pour nos Lions.

"Donnez-moi un LeBron James et on sera sur le toit du monde", répond Dario Gjergja, le coach de l'équipe championne de Belgique, Ostende, et de notre équipe nationale masculine, quand on lui pose la question. Ce qu'il veut dire par là, c'est que les Cats ont leur LeBron en la personne d'Emma Meesseman. La joueuse belge appartient, en effet, au top 3 mondial et tire toute l'équipe vers le haut. "C'est même la meilleure joueuse mondiale aujourd'hui, selon moi", souligne Jacques Stas, directeur sportif à la fédération Basket Belge qui estime que nos compatriotes ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont de la compter dans nos rangs.

"Elle a été élue meilleure joueuse en finale de l'Euroligue, meilleure joueuse aux play-offs en WNBA aux États-Unis, elle occupe le poste 5 (pivot) mais sait tout faire: dribbler, défendre, shooter..." D'accord avec Dario Gjergja, Jacques Stas pense aussi qu'avec une Emma masculine, les Lions auraient vite fait de combler l'écart qui les sépare du Top mondial. Pour ceux qui l'ignoreraient, Emma Meesseman totalise un titre WNBA et quatre titres Euroligue à son palmarès alors quelle n'a que 28 ans.

Un géant talentueux, la perle rare

"Récemment, notre équipe masculine a battu la Tchéquie et la Lituanie, respectivement 6e et 5e mondiales, mais ces dernières avaient joué sans leurs stars de la NBA."
Jacques Stas
directeur sportif, fédération BasketBall Belge

Le niveau de fond des Cats et des Lions n'est pas si différent, poursuit le directeur sportif national. "Dans les rangs des Lions, nous avons des joueurs qui jouent dans de grands clubs à l'étranger en plus grand nombre que chez les Cats. Nous disposons d'excellents joueurs aux postes 1, 2 et 3 (meneur, arrière et ailier, NDLR). Récemment, notre équipe masculine a battu la Tchéquie et la Lituanie, respectivement 6e et 5e mondiales, mais ces dernières avaient joué sans leurs stars de la NBA qui mesurent 2m15 et 2m17."

C'est là que le bât blesse: il faudrait à nos messieurs au moins un joueur du plus haut niveau mondial et qui soit de préférence un pivot de grande taille, sans quoi il reste quasi impossible de rivaliser avec des équipes alignant l'un ou l'autre géant dans la raquette. Chez les filles, Emma Meesseman combine ces qualités; avec 1m92, elle dispose d'une taille suffisante pour s'imposer sous l'anneau.

Elle y ajoute une troisième qualité, la personnalité. "Elle a un excellent esprit d'équipe et rend ses partenaires meilleures", précise Stas. Qui ajoute aussitôt que le succès de nos dames est aussi dû au talent des autres joueuses, qu'il ne faudrait pas oublier dans le cadre d'une analyse globale.

"Il y a moins de filles que de garçons inscrits en jeunes dans nos clubs."
Stefan Garaleas
secrétaire général, Basketball Belge

Jeunes et pros, avantage côté garçons

Le succès des dames doit-il par ailleurs quelque chose à nos équipes de jeunes, ou à l'organisation de ce sport en Belgique? "Pas au nombre de jeunes qui pratiquent le basket chez nous, en tout cas, répond Stefan Garaleas, le secrétaire général de la fédération Basket Belge. Car il y a moins de filles que de garçons inscrits dans nos clubs." Ni au nombre de sportifs/sportives professionnel(le)s, puisqu'on compte trois à quatre fois plus de joueurs pros que de joueuses... Mais peut-être bien aux structures encadrant nos équipes représentatives, poursuit-il: "Nos deux équipes nationales bénéficient depuis trois ans d'une nouvelle organisation mise en place chez Basketball Belge. On a déployé une structure verticale avec deux piliers, un pour les Cats et un pour les Lions: toutes les équipes de jeunes s'y retrouvent sous une même direction, avec une même philosophie de jeu et un même programme. Nos U18 et U20 partent par exemple en stage avec nos aînés, etc. Nous avons déployé une deuxième structure, horizontale celle-là, pour les fonctions logistiques, techniques et de support, de sorte que tout le monde travaille pour toutes nos équipes nationales." En toute logique, cette réforme devrait toutefois bénéficier aux deux, aux dames comme aux messieurs...

Faire éclore de jeunes talents reste un travail de longue haleine. La fédé y veille. C'est ainsi qu'elle milite pour qu'on abaisse de six à quatre le nombre de joueurs non-belges dans nos clubs (hommes), afin d'amener plus vite les jeunes talents belges à se frotter au monde pro. Et elle compte quelques jeunes pousses prometteuses, qui pourraient incarner nos stars de demain. L'arrière Vrenz Bleijenbergh, 21 ans, va tenter sa chance à la draft de la NBA dans la nuit de jeudi à vendredi: il pourrait être le second joueur masculin belge à être drafté après Axel Hervelle (2005) et le second à jouer en NBA après Didier Mbenga (car Hervelle y avait renoncé). Ce serait un chouette signal...

Le résumé

  • L'équipe féminine belge de basket occupe le 7e rang mondial et défend de réelles chances de médaille aux Jeux de Tokyo, alors que la dernière apparition de notre équipe masculine aux JO remonte à 1952.
  • Comment expliquer cet écart, alors qu'il y a moins de filles que de garçons dans nos équipes de jeunes et moins de dames pros que de messieurs?
  • Le talent exceptionnel d'Emma Meesseman y est pour beaucoup, de l'avis d'expert qui louent aussi son esprit d'équipe et son art de bonifier ses partenaires.
  • À la fédération, on a réformé l'organisation dans l'espoir entre autres de faire éclore de plus grands talents côté masculin.

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