Flanders Classics se réorganise et étudie la piste des courses virtuelles

Flanders Classics organise notamment le Tour des Flandres. ©Photo News

Flanders Classics, qui organise les principales classiques flandriennes, a dû complètement revoir ses plans pour cette saison. Mais, la crise lui a aussi permis de découvrir des perspectives intéressantes dans la compétition virtuelle.

Les classiques flandriennes et wallonnes terminées depuis quelques mois, le Giro vient tout juste de se clôturer afin de préparer la Grande Boucle. Enfin tout ça, c’était ce qui était indiqué sur le calendrier des équipes cyclistes en début de saison. Dans la pratique, depuis début mars, leur quotidien se résume plutôt à des entraînements sur rouleaux dans le salon et des sorties individuelles.

La pause imposée fait mal aux rois de la petite reine. Aux organisateurs aussi. Dans le secteur et à l’échelon belge, les responsables de Flanders Classics sont ceux qui regrettent le plus le confinement.

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classiques flandriennes
Six des plus grandes classiques sont désormais organisées par Flanders Classics. Les plus prestigieuses sont Gand-Wevelgem, Het Nieuwsblad et le Tour des Flandres.

Lancée il y a une décennie, la société Flanders Classics est un monument dans le monde de l’organisation des compétitions cyclistes. "Nous sommes les troisièmes plus gros acteurs du circuit derrière ASO, qui organise le tour de France et les classiques wallonnes, et RCS Sport, l’organisateur du Giro", explique Tomas Van Den Spiegel. Ancien basketteur pro, il est à la tête de la société flamande depuis tout juste deux ans.

La société emploie une vingtaine de travailleurs pour un chiffre d’affaires de plusieurs millions d’euros et un bénéfice à reporter de près de 500.000 euros.

Une nouvelle date pour certaines courses

La société flamande, lancée à l’origine par Wouter Vandenhaute, le nouveau président du RSCA, organise désormais six des plus grandes classiques. Les plus prestigieuses sont Gand-Wevelgem, Het Nieuwsblad et le Tour des Flandres. Toutes sont organisées entre mars et avril. Pour le coup, la saison 2020 a donc plutôt mal démarré.

"Nous organisons également beaucoup de cyclocross et des événements pour les particuliers. Pour ces événements, on ne sait pas ce que nous pourrons faire."
Tomas Van Den Spiegel
CEO de Flanders Classics

"On a juste eu le temps de faire Het Nieuwsblad, un peu avant le confinement", regrette Tomas Van Den Spiegel. La déception est réelle mais l’espoir aussi. L’UCI a publié en mai un nouveau calendrier. Bonne nouvelle pour Flanders Classics: quatre de ses plus grandes courses disposent d’une nouvelle date et seule la semi-classique "À travers les Flandres" passe à la trappe.

"Pour le moment donc, on peut encore espérer s’en sortir sans trop de problèmes. Il faut néanmoins imaginer tous les scénarios, dont des courses sans public", explique le patron de Flanders Classics. Ce serait un coup dur. En temps normal, le Tour des Flandres attire plus d’un million de spectateurs, répartis sur tout le parcours.

Des dégâts financiers limités

L’image d’un Tour des Flandres sans public risque de faire tiquer le téléspectateur. Son impact financier serait toutefois relativement limité pour l’organisateur, le spectacle étant de toute façon gratuit. "Nous fonctionnons uniquement avec les revenus des droits télés et les sponsors qui seront toujours là", précise le patron qui devra néanmoins se passer des revenus des services "hospitality". Flanders Classics pourrait donc bien s’en sortir avec des dégâts limités.

Mais l’activité du groupe ne se limite pas à ces six courses majeures. "Nous organisons également beaucoup de cyclocross et des événements pour les particuliers. Pour ces événements, on ne sait pas ce que nous pourrons faire. Le planning risque aussi d’être serré, les courses ayant été reportées peu de temps avant le début de la saison de cyclocross", explique le patron.

"La compétition virtuelle pourrait devenir une nouvelle discipline avec ses spécialistes et ses courses."
Tomas Van Den Spiegel
CEO de Flanders Classics

Le virtuel en selle

En attendant d’y voir plus clair, l’entreprise n'est toutefois pas restée à se tourner les pouces et a profité de la situation insolite pour s’essayer à des variantes de son activité habituelle. Elle a ainsi organisé le Tour des Flandres virtuel, une première dans le cyclisme professionnel. Le jour de la course, treize coureurs se sont affrontés à distance sur des rouleaux.

"La course virtuelle est un concept que nous voulions développer depuis longtemps. On s’est dit que c’était le moment", explique Tomas Van Den Spiegel. "Il y a une réelle perspective pour en faire une nouvelle variante du cyclisme. Nous avons aujourd’hui des spécialistes de la route, du cyclocross, du VTT. La compétition virtuelle pourrait devenir une nouvelle discipline avec ses spécialistes et ses courses. En l’absence de vent et du travail d’équipe, les stratégies et aptitudes nécessaires sont largement différentes", ajoute le patron.

Le premier essai l'a d’ailleurs convaincu qu'il y avait une piste à creuser alors que trois millions de téléspectateurs ont suivi la course dans le monde. "Il y a encore beaucoup à faire. Cette version ne nous a rien rapporté et les cyclistes ont roulé gratuitement. Mais on pourrait attirer d’autres sportifs et un public différent. C’était prometteur". 

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