Football Index, la Bourse des footballeurs

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Le principe de la plateforme Football Index? Une sorte de grand marché boursier où chaque joueur des 5 plus grands championnats européens a une valeur d'achat et une valeur d'échange. On vous laisse deviner quel joueur est le plus valorisé...

A mi-chemin entre les paris sportifs et la Bourse. Ainsi peut être définie la plateforme Football Index, créée il y a trois ans par Adam Cole, qui n’a eu besoin que d’une licence du régulateur britannique des jeux pour commencer à exercer.

Football, footie, footsie… et jeu de séduction

Le nom de l’index de cette plateforme coule de source: Footie. Une référence évidente au FTSE100, prononcé "footsie", qui référence les 100 entreprises cotées les plus importantes sur le London Stock Exchange, et qui signifiait à l’origine "Financial Times Stock Exchange Index".

Pour la petite histoire, "to play footsie" signifie dans le langage courant faire du pieddiscrètement à une autre personne, sous une table, sans que les autres personnes ne s’en aperçoivent.

Rien d’illogique après tout, la séduction étant aussi, peut-être surtout, une forme de spéculation.

 

Le "jeu" est simple: à partir d’une liste de 1.800 footballeurs professionnels des cinq plus grands championnats européens (dans l’ordre de l’indice UEFA: Espagne, Angleterre, Italie, Allemagne, France), chaque joueur a une valeur d’achat et une valeur de vente. Le principe est le même que pour les marchés boursiers: plus les "investisseurs" sont nombreux à acheter les actions d’un joueur, plus sa valeur monte. Et inversement, plus ils sont nombreux à vouloir les revendre, plus celle-ci baisse.

L’action d’un Mbappé atteint aujourd’hui 9,11 livres (10,20 euros), au 5e rang, alors qu’elle ne valait quasiment rien il y a encore deux ans. Devant lui, les joueurs les plus valorisés sont Neymar, Messi, Salah et Cristiano Ronaldo. Leur valeur "virtuelle" est en phase avec leur valeur réelle, établie notamment par le site de référence Transfermarkt.

Une commission de 2% est facturée à chaque transaction, et les utilisateurs peuvent bâtir un portefeuille d’une valeur située entre 10 et 100.000 livres.

La plateforme, qui emploie un jargon identique à celui des Bourses classiques, se targue de verser des "dividendes" quotidiennement aux traders qui le désirent. Elle offre aussi la possibilité de rembourser jusqu’à 500 livres d’investissements après la première semaine de trading, au cas où un spéculateur aurait confondu De Bruyne de Manchester City avec Dossevi de Toulouse FC.

Ces dividendes sont calculés en fonction des performances des joueurs sur le terrain, à partir des statistiques récoltées par la firme de référence, Opta, mais aussi du rayonnement médiatique des joueurs. Ce dernier critère ne concerne que les 200 joueurs les plus importants.

Plus un joueur fait les gros titres positifs de la presse, plus il génère des dividendes.

Un mode de calcul symptomatique de la "Neymarisation" du football, avec des comportements de plus en plus individualistes et narcissiques, qui nuisent à sa nature collective. C’est en ce sens que ce Football Index, au-delà du fait qu’il passionne déjà plus de 100.000 traders, peut être considéré comme un nouvel avatar.

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