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Groupe Gobert | Des briques et un guidon dans le ventre

©Kristof Vadino

Le sponsoring, on a cela dans le sang chez les Gobert. Son patron, Ronald du même nom, voit dans le Tour de France l’occasion rêvée de gagner en notoriété tout en tissant des liens forts avec ses clients, ses fournisseurs et ses collaborateurs.

Samedi, le miracle a eu lieu pour la seconde fois d’affilée. L’équipe Wanty-Groupe Gobert était au départ du Tour de France 2018. Les deux entreprises wallonnes ont réussi leur pari lancé en 2013. Elles étaient au départ du Tour après avoir inscrit durablement leurs couleurs dans le top de la deuxième division du cyclisme européen. "C’est une aventure humaine et professionnelle exceptionnelle. Avec Wanty, on se connaît depuis des années. On a un business club autour de l’équipe qui est le plus gros sponsor de l’équipe. Ça nous permet de tisser des liens et de faire grandir nos affaires", sourit Ronald Gobert, administrateur délégué du groupe.

L’échappée belle, l’an dernier

Wanty-Groupe Gobert a défrayé la chronique en 2017 en multipliant les échappées, les attaques et en passant tout près de la victoire d’étape. Cela n’a pas échappé aux fans de la Grande boucle jusqu’à Christian Prudhomme, directeur du Tour de France. Quand on lui demande ce qu’il pense de l’aventure de l’équipe wallonne, il répond: "Si j’en pensais du mal, elle ne serait pas là une seconde fois. On l’a prise parce qu’elle était en tête l’année dernière de la deuxième division en Europe. Je l’ai découverte au départ du Tour et j’ai vu que sur les 9 coureurs, il n’y avait que des novices. J’ai pris un peu peur car on n’en avait pas conscience, même si leurs coureurs avaient des références."

"Ces 9 novices sont allés au bout et ils se sont montrés tous les jours. Le gag qui se racontait sur les villages de départ, ce n’était pas où serait placé le kilomètre 0, mais où serait placée l’attaque de Wanty-Groupe Gobert. Parce qu’ils attaquaient au bout de 300 mètres, un kilomètre…", poursuit l’homme fort du Tour. Il rappelle que cette première participation au Tour n’a pas empêché la fière équipe de reconduire son titre en division 2.

Effet célébrité

La visibilité du Tour de France est inespérée pour le Groupe Gobert, actif dans le négoce en matériaux de construction, le transport par route et voie fluviale ainsi que dans le génie civil. Le Tour est retransmis dans plus de 100 pays, même si le Groupe Gobert travaille essentiellement en Belgique et dans le nord de la France. En 2017, le Groupe Gobert a largement bénéficié de cette visibilité. "L’année passée en juillet, les visites sur le site internet, les réseaux sociaux et l’impact sur le chiffre d’affaires ont été très marquants. Sur le site internet, ce sont des milliers de visiteurs en plus. Le chiffre d’affaires, c’est +20% sur le mois de juillet", détaille Ronald Gobert. Beaucoup de gens ne savaient pas, par exemple, que le Groupe Gobert vendait aux particuliers, cela leur a permis de se faire mieux connaître auprès de la clientèle.

Le groupe est présent sur toute la Wallonie et à Bruxelles. Il livre dans toute la Belgique ainsi que dans le nord de la France où il bénéficie en plein de la visibilité du Tour de France. Plusieurs des magasins du Groupe Gobert ne se situant qu’à quelques kilomètres de la frontière française.

Sponsoring à tous les étages

Les aficionados de basket ou de football belge le savent également, le Groupe Gobert a fait de l’investissement dans le sponsoring sportif une marque de fabrique. C’est une communication et une stratégie d’entreprise. Avec le sponsoring de l’équipe de Basket Belfius Mons-Hainaut, le Groupe Gobert travaille sa notoriété dans sa région montoise. Avec le Sporting de Charleroi, c’est une visibilité très centrale au sein de la Wallonie qu’il s’offre.

Le cyclisme complète le tableau, car l’équipe n’est pas associée à un lieu, mais à toute la Wallonie voire la Belgique que l’on soit à Verviers, Tournai ou Namur.

Avec un chiffre d’affaires de 126,5 millions d’euros en 2017, le Groupe Gobert progresse de 7,5% sur une année. Il s’agit donc d’une belle réussite wallonne et familiale mais loin des grandes multinationales ou des mastodontes du secteur de la construction. Ici, on aime se mesurer aux grands que ce soit dans les affaires ou dans le sport.

Comme le groupe peut-il financer un tel régime de sponsoring? "L’investissement est assez marginal. Beaucoup de gens pensent que l’on donne des millions d’euros, mais ce n’est pas le cas. Il y a malheureusement une paupérisation au niveau du sponsoring sportif", explique Ronald Gobert.

Son entreprise profite aussi de sa localisation, car le sponsoring est bien plus abordable en Wallonie que dans d’autres régions. "On a des opportunités en Wallonie qui ne seraient pas possibles en Flandre car le coût y est bien plus élevé. La différence de prix pour des dossiers de sponsoring entre la Wallonie et la Flandre va du simple au double, parfois même du simple au triple", explique Ronald Gobert.

Tisser des liens

Le sponsoring est très important dans les activités du groupe. Son patron le voit d’ailleurs comme un très bon investissement. Il lui permet de travailler un relationnel fort avec ses clients, mais aussi avec son personnel grâce à l’organisation d’incentives. Que ce soit dans le championnat de Belgique ou au Tour de France, la société invite ainsi du personnel ou des clients, leur offre des tee-shirts, etc. "Nos partenaires nous aident souvent dans les investissements de sponsoring", ajoute le patron.

Mais est-il plus important en Wallonie qu’ailleurs d’avoir un très bon relationnel? "Peut-être, répond le patron. En Wallonie, le relationnel reste heureusement fort. Dans nos secteurs, le relationnel et la place de l’humain restent essentiels."

Un nom en ligne

Mais le vrai atout pour le Groupe Gobert est peut-être ailleurs. Faire connaître son nom sera en effet primordial pour la prochaine étape stratégique de l’entreprise, celle de la vente en ligne. Un défi colossal car Gobert a plus de 60.000 références et entend pouvoir offrir l’essentiel de celles-ci avant de se lancer dans cette aventure. Il s’agit donc de se faire encore plus connaître auprès des particuliers.

Pour accroître la notoriété lors de la Grand boucle, Gobert diffusera donc des publicités pendant la compétition sportive sur RTL-TVI, RTBF, Vivacité et Bel RTL. L’idée étant qu’en plus que de connaître le nom, les clients sachent ensuite ce que fait l’entreprise avec un rappel publicitaire.

"Je suis le cyclisme depuis que je suis tout petit. Et j’ai toujours été frappé par le nom des équipes. L’exemple le plus parlant c’est Mapei. Ils ne sont plus là depuis des années et tout le monde en parle encore. Ça donne une notoriété et une image très forte", dit le patron.

C’est ce qu’espère donc le Groupe Gobert pour son équipe cycliste. "Mais on doit toujours avoir le meilleur rapport qualité/prix/service", insistera à plusieurs reprises pendant notre entrevue Ronald Gobert. Le sponsoring est important. Il ne fait évidemment pas tout…

©Kristof Vadino

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