portrait

Joachim Gérard, digne successeur de la balle jaune belge

À 32 ans, Joachim Gérard, tennisman en chaise, vient de remporter son premier tournoi du Grand Chelem en Australie. Une consécration pour le joueur qui doit faire avec des moyens bien différents de stars de son sport.

Il y a dix ans, la Belgique remportait son dernier titre en Grand Chelem. Il était venu de la raquette de Kim Clijsters. Une décennie plus tard, le plat pays a remis le couvert. La Limbourgeoise a laissé cette fois sa place à Joachim Gérard. Après une première finale perdue au même tournoi en 2016 et une autre deuxième place à Roland Garros l'année dernière, la consécration était toujours plus proche pour le Brabançon. En effaçant après quelques sueurs froides l'Anglais Hewett, le joueur vient de passer un cap important dans sa carrière.

Après un rapide coup d'œil à son palmarès, la victoire finale n'est toutefois pas si surprenante. Dans son fauteuil, le Belge manie admirablement bien la raquette. Actuellement quatrième mondial, il a notamment sur sa cheminée quatre trophées du Masters et une médaille de Bronze, glanée à Rio en 2016. Joachim Gérard gère aussi assez bien en équipe. En double, il a déjà levé la coupe de Roland Garros, de Wimbledon et de l'Australian Open.

"Je suis un peu dans la même situation financière que les joueurs valides, mais classés après les 100 premières places au classement ATP."
Joachim Gérard
Joueur de tennis en chaise

Loin de stars valides

Si la reconnaissance d'années de travail est prestigieuse au niveau sportif, du côté financier par contre, il faudra repasser. L'Echo avait rencontré le champion il y a tout juste deux ans. À l'époque où le joueur brillait déjà sur les courts, il expliquait toutefois être bien loin de Nadal et ses concurrents. "Je suis un peu dans la même situation que les joueurs valides, mais classés après les 100 premières places au classement ATP", expliquait-il. À l'époque pourtant, entre ses frais en tout genre et les salaires de son coach, son manager et de son kiné, il évaluait ses besoins à 50.000 euros par an.

Du côté des revenus, le joueur peut seulement compter sur son contrat de sportif de haut niveau avec l'Adeps et quelques sponsors. Les soutiens sont surtout logistiques et lui permettent, par exemple, d'obtenir une voiture adaptée ou une chaise pour ses compétitions. Un apport non négligeable, mais à des lustres de ce qu'engrangent les grands du tennis. Son partenaire Head ne lui fournit ainsi que les raquettes et l'équipement mais aucuns revenus. "Pour résumer, si tu n'es pas les Diables rouges, tu n'intéresses pas les sponsors. Des équipementiers savent qu'en sponsorisant Nadal, ils verront directement les résultats dans les ventes. On ne peut pas offrir cela", lançait à l'époque Joachim Gérard.

Prize-money low cost

Reste évidemment les prize-moneys.  L'Australian Open n'indique pas le montant exact qui reviendra au Belge. Le site indique que 77.000 dollars sont prévus en tout, à répartir entre les participants au tableau final. Le joueur ne repartira donc même pas avec la moitié. À titre de comparaison, le gagnant valide empochera lui un prize-money de 2,75 millions de dollars. Pas besoin de calculette pour la comparaison. Mais pas suffisant pour le décourager et encore moins le faire renoncer à son sport. 2021 s'annonce costaud. En plus des trois autres tournois du Grand Chelem encore à jouer, Joachim Gérard partira à la recherche de sa deuxième médaille paralympique aux Jeux de Tokyo.

Bio express

2006: Joachim Gérard devient champion du monde junior.
2015: Il remporte son premier Masters.
Aout 2016: Le tennisman remporte le bronze aux Jeux de Rio.
5 décembre 2016: Joachim Gérard devient premier mondial.
Février 2021: Il remporte son premier Grand Chelem à l'Australian Open.

Polio à neuf mois

Joachim Gérard doit son handicap à la polio qu'il a contractée à l'âge de 9 mois. La maladie lui a complètement paralysé sa jambe droite.

Tout est relatif

La crise du covid ne fut pas simple pour le joueur. En mars dernier, il préférait toutefois relativiser. "Je ne me plains pas. Ma compagne est infirmière en soins intensifs et vit une situation bien plus stressante que moi."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés