portrait

Jonas Gerckens met les (nouvelles) voiles

Le skipper belge Jonas Gerckens pourra prochainement naviguer sur un bateau flambant neuf. Son nouveau bolide des mers lui permettra de revoir ses objectifs à la hausse. Il participera l’an prochain à la Transat Jacques-Vabre et à la Route du Rhum l’année suivante. Avec un top 5 dans le viseur de la longue vue.

Le déconfinement débute avec un joli cadeau pour Jonas Gerckens. Le skipper belge, spécialiste des compétitions en Class40 (des navires monocoques de taille intermédiaire) a annoncé qu’il naviguera prochainement avec un navire flambant neuf. Une sacrée bonne nouvelle pour le meilleur représentant belge de la voile au grand large. "Je n’aurai désormais plus d’excuses", rigole-t-il. L’info de l’acquisition d’un nouveau voilier peut sembler anecdotique. Mais dans une discipline où la mécanique est d’une aussi grande importance, un tel investissement est un virage important dans la carrière d’un marin. "C’est comme passer d’une formule 1 de 2005 au modèle actuel", confirme le navigateur.

"C’est comme passer d’une formule 1 de 2005 au modèle actuel."
Jonas Gerckens
Skipper belge

Il aura néanmoins fallu plus de 20 ans de carrière au skipper pour enfin bénéficier d’un bateau neuf. Le Liégeois est pourtant loin d’être un novice. Ses premiers contacts avec le large datent de sa petite enfance. Et peu importe si la plus grande étendue d’eau de sa ville natale s’appelle la Meuse. "À deux ans, mes parents ont décidé de vivre sur un bateau durant quatre ans. J’ai ensuite habité à Saint-Malo jusqu’à mes 10 ans. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment découvert la voile, lors des cours d’éducation physique."

Le prix d’une passion

La  vie de skipper pro ne rime pas vraiment avec luxe. En 2018, Jonas Gerckens expliquait gagner environ 1.500 euros par mois. "On dit souvent que pour devenir millionnaire avec la voile, il faut être milliardaire", souriait-il.

 

Record à la Route du Rhum

À son retour en cité ardente, où il passera son adolescence, son amour pour la navigation passera un peu au second plan. "Ce n’était pas le meilleur endroit pour naviguer", se marre le skipper. Une fois ses études secondaires terminées, Jonas Gerckens reprend les voiles, d’abord sur classe mini, "les kartings des mers", comme il les décrit.

Bio Express

1980 : Naissance à Liège.

2006 : Achat de son premier bateau.

2014 : Jonas Gerckens devient professionnel.

2018 : Première participation à la route du Rhum.

2020 : Le skipper recevra pour la première fois un bateau neuf.

 

Ses résultats l’amèneront à passer dans la classe supérieure. Le basculement se fera finalement en 2014 avec son premier contrat pro. Depuis, Jonas Gerckens multiplie les résultats et les reconnaissances nationales avec notamment trois titres de "marin belge de l’année". Depuis quelques années, il commence aussi à se faire un nom à l’échelle mondiale. Sa plus belle réussite date de 2018 avec sa première participation à la Route du Rhum. Il y terminera à la 14e place, un record pour un skipper belge.

Malgré l’arrivée des sponsors et de la reconnaissance, Jonas Gerckens se contentait jusqu’ici de retaper des bateaux plus abordables. "Mon précédent  valait environ 300.000 euros. Celui-ci vaut plus du double", assure-t-il. Le nouveau voilier se fera donc remarquer dans la facture payée par ses sponsors. Il le fera aussi sur les chronos du skipper. "Mon record de vitesse était jusqu’ici de 24 nœuds (environ 43km/h). J’atteins déjà cette vitesse à l’entraînement sur un bateau comparable au nouveau. En compétition, je peux espérer monter à 29 nœuds."

De solides arguments pour revoir ses objectifs à la hausse. "Avec un tel bateau, je peux viser le top 5 dans toutes les grandes courses." Les prochains grands objectifs sont fixés avec le premier rendez-vous au printemps 2021 à la Transat Jacques-Vabre. "Je vais toutefois surtout me focaliser sur la Route du Rhum 2022 et sur le tour du monde en 2025. Entre les deux, il y aura aussi les JO de 2024 de Paris mais sur un autre type de bateau et un autre type de compétition."

Docker et montagnard

Avant de pouvoir se consacrer entièrement à sa passion, Jonas Gerckens a longtemps combiné les heures en mer avec un métier sur la terre ferme. "J’ai longtemps été saisonnier : prof de voile en été et responsable d’un chalet en montagne durant l’hiver. J’ai aussi travaillé à la préparation de bateaux et même comme docker."

Premier bateau, première galère

Le pire achat du skipper ? Son premier bateau. C’est en tout cas ce qu’il déclarait dans notre rubrique 'Questions d’argent'.  "Je n’avais pas vraiment cerné l’investissement que cela représentait. Ce bateau m’a donc mis pas mal dans la galère pendant un moment mais étant le premier, c’est aussi forcément l’un de mes meilleurs souvenirs d’achat", déclarait-il.

 

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