analyse

L'étonnant succès du Mondial de rugby au Japon

Les organisateurs de la Coupe du monde de rugby ne s'attendaient pas au succès rencontré, notamment auprès du public japonais. ©AFP

Pour cette première en Asie, les organisateurs de la Coupe du monde de rugby affichaient des ambitions relativement modestes. Même si les retombées de l'événement ne sont pas encore chiffrables, elles devraient être meilleures que lors de la précédente édition, il y a quatre ans, en Angleterre.

Le dénouement arrive enfin à la Coupe du monde de Rugby, après 44 jours de compétition, ce qui en fait le tournoi sportif le plus long au monde. Les fans de rugby ont vu ce samedi midi l’Afrique du Sud repartir du Japon avec la coupe du monde après une finale disputée contre l'Angleterre.

On va dépasser les revenus commerciaux de la Coupe du Monde en Angleterre.
Brett Gosper directeur général de World Rugby

Pour cette première sur le continent asiatique, le succès a été au rendez-vous. Même plus qu’attendu, et ce malgré quelques solides imprévus comme l’annulation de trois matches en raison d’un typhon. Le Japon n’est pourtant pas vraiment une nation du rugby. De manière assez réaliste, les organisateurs avaient donc prévu les choses en moins grand que pour la précédente édition, organisée en 2015 en Angleterre. "Seulement" 1,8 million de tickets avaient été mis en vente contre 2,47 millions, il y a quatre ans.

Au final, la fédération aurait pu être plus gourmande. Mi-septembre, le président annonçait que 96% des tickets avaient été vendus et que les matchs se joueraient à guichets fermés. "On a 5,5 millions de demandes pour 1,8 million de sièges, donc on sait que ça va être à guichets fermés", expliquait Brett Gosper, le directeur général de World Rugby à l’entame de la compétition.

Mieux qu'il y a 4 ans

Avant de se lancer, le président tablait sur des recettes en baisse de 25%. Au final, cela sera plutôt une bonne surprise pour les caisses de la fédération. "En fait, on va dépasser les revenus commerciaux de l'Angleterre", avait-il expliqué. Selon les estimations, les revenus devraient atteindre 260 millions de livres contre un peu plus de 245 pour l’édition britannique.

Les Japonais se sont pris au jeu à mesure que leur équipe avançait dans le tournoi. Elle se sera finalement inclinée en quart de finale. ©AFP

Comme l’expliquait le Financial Times, malgré un horaire peu favorable pour la diffusion en Europe, la fédération a pu compter sur des droits de diffusion en hausse, grâce à l’intérêt de trois diffuseurs japonais. L’organisateur a aussi pu s’entourer de sponsors de prestige, voyant justement dans cette édition asiatique une bonne occasion de toucher cette partie du monde.

L’engouement du public est, lui, assez inattendu. À commencer par celui des Japonais qui, au fil des exploits de leurs joueurs (finalement éliminés en quart), se sont pris au jeu. Alors que le match d’ouverture n’avait attiré que 18.3% des audiences, ils étaient 60 millions à regarder, au moins en partie, le match face à Samoa, soit une audience de 32,8% avec une pointe à 46,1%.

Retombées belges relatives

3,39 millions de spectateurs ont regardé la demi-finale entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande sur TF1. ©AFP

Chez nous, on ne peut pas parler de folie du rugby. Aucune chaîne belge n’a acheté les droits, mais il est possible de suivre l’événement sur TF1. Du côté des audiences, la demi-finale entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande a attiré 3,39 millions de spectateurs, soit 45,3% de l’audience totale à cette heure. Beaucoup et peu à la fois. En comparaison, la même journée, le journal de 13h de la chaîne française enregistrait 5,24 millions de spectateurs.

Comme après chaque grand événement sportif, le nombre de nouveaux joueurs de rugby dans le monde risque bien de monter en flèche. "Habituellement, on constate un vrai boom des inscriptions chez nous, juste après la compétition", confirme Bruno Verscheure, fondateur et rédacteur en chef du site d’informations sur le rugby SportKipik.com.

Actuellement, la Belgique compte 13.000 joueurs. D’année en année, le nombre de nouveaux joueurs est en légère hausse. "La croissance la plus importante a eu lieu en 2007, après la Coupe du monde en France. À l’époque, la fédération était même presque dépassée et manquait d’entraîneurs dans certains clubs", explique le spécialiste. Le phénomène ne devrait pas être aussi important cette fois. "Il y a le problème de la distance et des retransmissions en matinée des matchs qui sont beaucoup moins visibles. Hormis un public de fans, il est difficile d’atteindre les nouveaux adeptes."

L’édition japonaise ne sera donc pas le meilleur cru pour le rugby belge. Rien de bien grave, la prochaine édition, prévue en 2023, se déroulera à nouveau en France. "On s’attend à une nouvelle forte croissance. La fédération anticipe jusqu’à 20% d’inscrits en plus".

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