L'ex-propriétaire du White Star Bruxelles assigne l'Etat belge

Image d'illustration ©AFP

Djamel Ben Fehra entend réclamer au moins 5 millions d’euros devant une cour d’arbitrage internationale pour contester l’action de la commune de Molenbeek-Saint-Jean et de l’Autorité de la concurrence.

Djamel Ben Ferha, l'homme qui souhaitait réformer le club de football du White Star Woluwe, devenu White Star Bruxelles, et en faire un pensionnaire de la ProLeague, a décidé d'assigner l'Etat belge devant une cour d'arbitrage internationale. Selon nos informations, il s'agit très certainement du Centre international pour le règlement des différents relatifs (Cirdi), organisme sous l'égide de la Banque mondiale et basé à Washington.

Le montant réclamé n'est pas encore précisé; il sera d'au moins 5 millions d'euros, soit la somme investie par Djamel Ben Ferha. Il sera additionné d'une estimation du manque à gagner que le White Star Bruxelles aurait pu réaliser en tant que club de première division.

Contacté, Djamel Ben Ferha n'a pas souhaité faire de commentaires. Mais il reproche à l'Etat belge de n'avoir pas respecté l'accord de protection des investissements signé entre la Belgique et l'Algérie en 1991.

Embrouilles de stade

L’ex-propriétaire accuse la Belgique de ne pas l’avoir protégé face à un traitement inégalitaire vis-à-vis d’autres clubs.

L'investisseur adossé à une société de Dubai reproche ainsi à l'Etat son attitude dans la brouille qui a opposé le White Star au RWD Molenbeek, au sujet de l'occupation du stade Edmond Machtens. La bourgmestre de l'époque, Françoise Schepmans (MR), avait tranché en confiant le stade au RWDM. Il conteste aussi la décision de l'Autorité de la concurrence, qui a appuyé le refus de licence infligé au club par la commission des licences, entraînant sa rétrogradation en troisième division alors qu'il allait accéder à la première division grâce à ses résultats obtenus sur le terrain lors de la saison 2015-2016. Cette décision était tombée au mois de mai alors que la saison suivante commençait en juillet, ne laissant aucun temps au club pour se retourner.

Asphyxié financièrement après la perte d'importants droits télévisés, sans ressources issues des places payantes des spectateurs, le club a rapidement jeté l'éponge en septembre 2017. En résumé, l'ex-propriétaire accuse la Belgique de ne pas l'avoir protégé face à un traitement inégalitaire vis-à-vis d'autres clubs. Et d'avoir contribué à lui faire perdre tous ses investissements.

"Omerta"

C'est ce traitement auquel, ce jeudi, le quotidien français Libération a consacré une vaste enquête qui démontre les dessous parfois douteux du monde du football belge, déjà encombré de plusieurs enquêtes pénales ouvertes par le parquet fédéral comme le footballgate ou l'affaire Pini Zahavi/Royal Excel Mouscron. Contacté par les rédacteurs de l'article, Djamel ben Ferha parle "d'omerta du football belge" et d'un système "vicié de l'intérieur", au profit, selon Libération, du KAS Eupen qui récupéra la place du White Star, au prix d'un chèque de 10 millions d'euros.

Le quotidien évoque aussi une enquête autour d'un "porteur d'affaires" indépendant lié à la fédération, qui ferait l'objet d'une enquête. Selon une source judiciaire, celle-ci n'est pas menée par le parquet fédéral et est totalement distincte des dossiers du footballgate et du Royal Excel Mouscron.

Le White Star, club historiquement basé à Molenbeek-Saint-Jean, est né en 1948. Il a disparu à la suite de ses mésaventures récentes. Il bénéficiait d'un bien moindre support populaire que son "ennemi" local du RWDM. Il avait été repris par une société de Dubai en 2013 ambitionnant d'en faire un club de première division, dans la lignée des nombreux investisseurs étrangers qui sont de plus en plus présents dans le football belge.

Action sur la revente du KV Ostende

Jeudi après-midi, le tribunal de première instance de Bruxelles a assigné l’Union belge et de la Ligue professionnelle, à l’initiative de sept supporters de clubs différents, révèle la RTBF. L’objectif de ces supporters est d’obtenir des éléments sur l’obtention de la licence du KV Ostende en 2018, afin d’avoir la certitude que Marc Coucke, l’ancien propriétaire qui a vendu à l’assureur Peter Callant après avoir acheté le RSC Anderlecht, n’a plus aucun lien avec le club de la Côte. Les sept supporters disent agir en tant que "consommateurs" du spectacle de la Pro League et veulent savoir si ce "produit" est conforme aux règles éthiques. Le tribunal bruxellois rendra une décision dans les semaines à venir.

Jusqu’ici malheureux sportivement avec le Sporting d’Anderlecht, Marc Coucke avait dû vendre le KV Ostende afin que l’équité de la compétition soit respectée. Quant à Peter Callant, après un an à la tête du club ostendais, il a cédé le fauteuil à Frank Dierckens, CEO de Diaz Sunprotection, en février dernier.

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