La Gantoise et l'Antwerp se retirent de la vente collective des droits TV attribués à Eleven

L'assemblée générale de la Pro League a, comme prévu, attribué mercredi les droits médias à Eleven Sports pour 103 millions d'euros par saison pour la période 2020-2025.

Nouveau coup de théâtre dans la saga des droits télévisés du football belge. La Pro League a attribué les droits médias à Eleven Sports. Deux clubs ont décidé de ne pas participer à cette vente collective de droits.

L'assemblée générale de la Pro League a, comme prévu, attribué ce mercredi les droits médias à Eleven Sports pour 103 millions d'euros par saison pour la période 2020-2025. Elle a aussi approuvé la clé de répartition de ce pactole entre les clubs.

La fin heureuse d'une saga mouvementée à l'issue de laquelle les clubs ont obtenu ce qu'ils voulaient, à savoir plus de 100 millions par saison, contre 80 lors du précédent contrat? Pas vraiment. Car, et c'est une grosse surprise, La Gantoise et l'Antwerp ont décidé de faire bande à part et de ne pas participer à la vente collective.

La Gantoise et l'Antwerp ont décidé de faire bande à part et de ne pas participer à la vente collective.

La Gantoise considère que le montant offert par Eleven est insuffisant. L'Antwerp bloque sur la clé de répartition. On se souvient qu'après un échec vendredi, des représentants des grands (le G5) et des petits (le K11) clubs s'étaient mis d'accord sur cette clé de répartition à l'issue d'un conseil d'administration: 80% des droits supplémentaires levés allaient au G5, 20% au K11. Mais lors de l'assemblée générale de ce mercredi, l'Antwerp, qui fait partie du K11, ne s'est pas rallié à cet accord considérant que vu son statut actuel (le club est 3e du championnat et finaliste de la Coupe de Belgique après avoir terminé la saison précédente à la 4e place), il devrait faire partie du G5 et engranger donc plus de droits TV.

L'Antwerp "demande seulement que la distribution des nouveaux droits médias continue à rendre possible" sa progression dans les années à venir. C'est ce que le 'Great Old', qui veut parvenir "à une bonne clé de répartition en fonction des résultats sportifs et du potentiel des supporters", a indiqué dans un communiqué.

"Nous demandons que la distribution des nouveaux droits médias continuent à rendre notre croissance possible dans les années à venir, et ce par rapport à d'autres équipes ayant des résultats similaires."
L'Antwerp

"Les investissements réalisés ces dernières années dans le sportif, l'infrastructure et l'organisation ont conduit à une situation dans laquelle nous pouvons frapper aux portes du top-6 en ce qui concerne le de budget, le classement et les résultats sportifs. Il est évident qu'il reste des mesures à prendre pour s'établir durablement dans le haut du classement. Nous demandons simplement que la distribution des nouveaux droits médias continuent à rendre cette croissance possible dans les années à venir, et ce par rapport à d'autres équipes ayant des résultats similaires. Une question juste qui n'empêche en rien toute forme de solidarité", a-t-il ajouté.

"Nous restons ouverts à la poursuite du dialogue afin de parvenir à une bonne clé de répartition en fonction des résultats sportifs et du potentiel des supporters", a conclu le club. Manifestement gênée aux entournures, la Pro League indique dans un communiqué qu'"elle examine la manière dont le processus se poursuivra".

La marque de Telenet?

Ce coup de théatre signifie qu'Eleven Sports ne pourra pas diffuser les matchs de La Gantoise et de l'Antwerp à domicile, soit au total quarante matchs par saison, et que ces deux clubs vont à présent négocier avec d'autres opérateurs, comme par exemple, les Telcos (Proximus, Telenet, Voo). En coulisse, d'aucuns estiment que ce revirement porte la marque de ces Telcos, frustrés de voir les droits leur échapper. Et particulièrement de Telenet, sponsor de... La Gantoise.

Que va faire Eleven? Dans un communiqué, le groupe a indiqué prendre "bonne note du point de vue de 2 des 24 clubs de la Pro League qui aujourd'hui ont décidé de ne pas vendre leurs droits collectivement." "A partir de demain, nous nous mettrons à table avec la Pro League pour discuter des prochaines étapes", a-t-il ajouté.

 Eleven voudra sans doute renégocier le contrat à la baisse. Mais on voit mal le groupe britannique, qui pensait acheter l'exclusivité, accepter de se voir privé de deux clubs phares de notre compétition. Autre solution possible: repartir d'une feuille blanche et relancer l'appel d'offres. Mais on voit mal également Eleven accepter cette solution. 

Quoi qu'il en soit la Pro League est mal prise. C'est un euphémisme. Car, comme nous l'expliquait vendredi dernier Pierre Maes, consultant en droits sportifs, "le problème c'est que la Pro League vend des droits qu'elle n'a pas, ceux-ci appartiennent aux clubs". Contrairement à d'autres pays, il n'y a pas de réglementation en Belgique imposant une vente collective par la Ligue." Pour cet expert, c'est en tout cas une situation inédite en Europe, même si, par le passé, en Espagne, le FC Barcelone et le Real Madrid ont vendu leurs droits individuellement.  

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