La question du stade d'Anderlecht reste ouverte

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Que va faire Marc Coucke, le nouveau propriétaire du RSC Anderlecht? Se conformer aux engagements conclus par le club avec Ghelamco pour déménager le Sporting au futur stade national? Ou agrandir l’actuel stade Constant Vanden Stock?

À présent que le Sporting d’Anderlecht s’est trouvé un nouveau propriétaire se pose à nouveau la question de son stade. On le sait, le club du parc Astrid se sent à l’étroit dans ses installations du stade Constant Vanden Stock (21.000 places) inadaptées aux exigences du foot business moderne.

En juin 2015, il a signé une série d’engagements avec le promoteur Ghelamco qui doit ériger le futur stade national sur le parking C du Heysel. L’idée était que le Sporting soit le club résident moyennant un loyer annuel d’environ neuf millions d’euros. Pour Ghelamco, la présence d’Anderlecht est indispensable à la viabilité du projet. Mais en février dernier, le Sporting d’est rebiffé, estimant que le projet proposé ne correspondait pas à ses attentes en termes d’accueil des VIP et "d’expérience" pour ses fans, etc.

La carotte et le bâton

En se portant candidat à l’acquisition du Sporting, Ghelamco espérait régler l’affaire. Aussi, dès l’annonce du rachat par Marc Coucke, le promoteur s’est fendu d’un communiqué maniant la carotte et le bâton. "Le RSCA est un club magnifique qui possède un brillant avenir (…). Ce rachat offre au club de nombreuses opportunités pour mettre un coup d’accélérateur dans le dossier du stade" pouvait-on y lire avant un poli, mais ferme, rappel à l’ordre: "Avec la dernière direction, des engagements ont été pris avec notre entreprise en vue de faire du stade national le stade du RSC Anderlecht. La reprise du club ne change rien à ces engagements, qui restent d’actualité. Nous supposons que les nouveaux propriétaires honoreront cet accord et collaboreront de manière constructive."

30.500
Le projet d’agrandissement du stade Constant Vanden Stock prévoit de porter la capacité de l’enceinte des Mauves et Blancs de 21.000 à 30.500 places.

Porte-parole de Ghelamco, Philippe Neyt se veut pragmatique: "Il y a des accords avec Anderlecht, mais nous sommes flexibles et ouverts à la discussion, nous a-t-il indiqué. Il y a des marges de manœuvre pour répondre à ses besoins, mais dans le même temps, nous devons respecter le cahier des charges." Celui-ci impose un stade de 60.000 places (initialement pour accueillir l’Euro 2020…) voire de 50.000 places (pour loger les Diables Rouges). Trop grand pour le RSCA: "Nous sommes souples, poursuit Philippe Neyt. En ajoutant des écrans digitaux pour masquer le dernier étage, la capacité du stade pourrait être adaptée aux besoins du Sporting. C’est ce qui se fait déjà à Stockholm et aux Etats-Unis. De toute façon, Bruxelles a besoin d’un grand stade moderne. On a déjà perdu beaucoup de temps."

Ghelamco attend toujours les permis nécessaires pour construire le stade national. Quelle que soit l’issue, des recours seront inévitables. Ce qui fera traîner le dossier. Le nouvel homme fort des Mauves saura-t-il se montrer patient? Ou préférera-t-il l’autre scénario, l’agrandissement du stade Vanden Stock quitte à entrer dans une bagarre juridique et à devoir payer des indemnités de rupture à Ghelamco?

Troisième anneau

Il y a quelques années, le club avait en effet présenté une maquette portant la capacité de son stade à 30.500 places via l’adjonction d’un troisième anneau. Un investissement estimé à 40 millions d’euros. S’il devait opter pour cette seconde option, Marc Coucke saurait à qui confier les travaux. Par exemple à son ami Bart Versluys, patron du groupe de construction éponyme, dont il détient 50% des parts. Versluys a ainsi rénové le stade d’Ostende. Dans ce cas, Marc Coucke serait accueilli à bras ouverts par la commune. "J’ignore quelles sont ses intentions, mais à deux reprises, en 2013 et en 2015, le club nous a soumis ce projet d’agrandissement que nous avons accueilli favorablement, explique Eric Tomas, bourgmestre (PS) d’Anderlecht. La commune, les commerçants, les supporters, tout le monde tient à ce que le club reste là où il est, d’autant que les problèmes de mobilité et de parking ont été en partie résolus grâce aux accords passés avec des grandes surfaces avoisinantes."

Il y a quelques semaines, la commune a toutefois présenté une étude sur le futur du site avec différents scénarios: soit le club quitte son stade, soit il y reste et l’agrandit. "Dans ce cas, nous voulons revoir tout l’aménagement du site: le parking serait enterré et non plus édifié sur cinq étages et à la place, on y reconstruirait l’actuelle salle omnisports", précise Eric Thomas. La commune semble donc prête à accorder le permis d’urbanisme. Mais il reste encore la question du permis d’environnement qui doit être attribué par la Région. À l’époque, le Sporting s’était vu recaler à deux reprises avant d’introduire un recours devant le gouvernement bruxellois. Depuis l’émergence du scénario du déménagement au Heysel, le dossier a été mis au frigo. Avant que, selon nos informations, un contact ait eu lieu cet automne entre le RSCA et la Région. Sa conclusion: il n’y a pas (encore) lieu de réactiver la piste d’un agrandissement du stade Vanden Stock. On en est là. La balle est dans le camp de Marc Coucke.

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