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Le championnat de foot anglais, cible privilégiée des financiers

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Le football anglais est plus international que jamais. Des fonds d’investissements chinois viennent d’entrer dans le capital de Manchester City alors que des firmes de private equity acquièrent des parts de clubs plus modestes.

Le mois dernier, beaucoup de connaisseurs se sont étonnés de voir l’ancien joueur chinois de Manchester City, le quasi inconnu Sun Jihai, faire son entrée dans le Hall of Fame du National Football Museum. Sans doute fallait-il préparer le terrain à l’arrivée d’investisseurs chinois dans le football anglais comme dans tant d’autres secteurs économiques.

Manchester City a en effet officiellement cédé hier une participation de 13% à un consortium de fonds d’investissements, China Media Capital et Citic Capital, pour 265 millions de livres (376 millions d’euros).

Propriété du cheikh Mansour bin Zayed al-Nahyan (Emirats arabes unis), Manchester City espère ainsi développer sa franchise en Chine, de la même manière qu’il l’a fait aux Etats-Unis (New York City FC), en Australie (Melbourne City FC) et au Japon (Yokohama F. Marinos). Sa stratégie financière est redoutable, sans doute même la plus prometteuse au monde à l’heure actuelle.

614 millions £
Les profits opérationnels cumulés des vingt clubs Premier League ont dépassé l’an dernier les profits des 700 plus grands clubs européens.

D’autres clubs de Premier League se sont déjà ouverts à des capitaux étrangers. Liverpool, Manchester United et Arsenal appartiennent ainsi à des Américains. Des firmes de private equity commencent également à jeter leur dévolu sur des clubs plus modestes, habitués à la seconde partie de tableau, voire aux divisions inférieures.

PEAK6 Investments vient ainsi de racheter 25% des parts du club de Bournemouth, alors que le propriétaire de Crystal Palace FC, qui est lui-même fondateur du puissant fonds Apollo Global Management, va ouvrir son capital à des investisseurs américains.

Un investissement plus que lucratif

La passion du jeu n’est pas ou plus la motivation principale des investisseurs étrangers, ni même la recherche d’un certain prestige. L’explosion sidérante des droits audiovisuels fait en effet du championnat de football anglais un investissement plus que lucratif, ce qui est une nouveauté, le football n’ayant jamais été réellement un investissement rentable jusqu’à présent.

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Les profits opérationnels cumulés des vingt clubs Premier League ont atteint 614 millions de livres l’an dernier, soit plus que les profits des 700 plus grands clubs européens (805 millions d’euros). Le milliard de livres devrait être dépassé l’an prochain.

La performance financière des clubs anglais épate et appâte d’autant plus les investisseurs étrangers que la politique de recrutement des staffs – qui constitue de loin le principal poste de dépenses – est absolument irrationnelle et peut être nettement améliorée.

La vérité est que les résultats sportifs deviennent peu à peu accessoires à la bonne gestion des clubs, qui enrichissent leurs actionnaires dès lors qu’ils restent en Premier League.

Rien d’étonnant à ce que la qualité de jeu de la Premier League soit à ce point devenue décevante, en tout cas sans rapport avec les sommes engagées.

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