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Le CIO, cette petite ASBL aux 5 milliards de dollars de revenus

Suite au fiasco financier des Jeux de Montréal, le CIO a revu sa manière de fonctionner, notamment en créant le programme TOP. ©REUTERS

Le Comité international olympique sera relativement peu touché financièrement par cette édition des JO pas comme les autres. Décryptage d'une machine à engranger les milliards.

La pause sportive n'aura duré que quelques jours. Deux semaines après la finale de l'Euro, c'est reparti avec les Jeux de Tokyo et ses 33 disciplines. La cérémonie d'ouverture aura lieu ce vendredi soir (13h heure belge). C'est mentionné à chaque article sur le sujet, la grand-messe du sport aura une saveur bien étrange cette année. Pour les spectateurs, les sportifs, mais aussi le Comité olympique international (CIO).

Ce n'est toutefois pas la première fois que la structure aux cinq anneaux se retrouve confrontée à une situation compliquée. Les éditions complexes ont été nombreuses dans l'histoire olympique. En 1940, les JO furent d'ailleurs annulés en raison de la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient prévus… au Japon. Les complications financières ne sont pas rares non plus.  Demandez aux Canadiens. Les Jeux de Montréal de 1976 devaient, sur papier, ne rien couter aux contribuables. Ce fut au final un fiasco financier qui se fit ressentir durant 30 ans dans les comptes de la ville. De son côté, le CIO fut même en situation de faillite virtuelle et n'eut d'autres choix que de largement réformer sa manière de fonctionner.

5,7
milliards de dollars
Pour l'Olympiade 2013-2016, les revenus du CIO se sont élevés à 5,7 milliards de dollars.

Aujourd'hui, la barre semble toutefois assez bien redressée. Le CIO est d'ailleurs devenu une véritable machine à cash. Il est d'ailleurs plutôt transparent sur sa manière de fonctionner. Tous les quatre ans, le comité international fait le point sur son activité. Le résumé pour 2017-2020 n'est pas encore connu, mais celui des quatre années précédentes (reprenant Sotchi 2014 et Rio 2016) indique 5,7 milliards de dollars de revenus.

Indispensables droits télévisés

D'où viennent-ils? Le CIO est une ASBL installée à Lausanne, qui porte d'ailleurs officiellement le titre de capitale olympique. Comme la plupart des organisateurs d'évènements sportifs internationaux, le CIO s'appuie sur le trio magique de revenus:  droits télévisés, sponsoring et - dans une moindre mesure - ticketing.

Comme pour l'UEFA ou la Fifa, les droits télévisés sont de loin la source principale de rentrées d'argent. Ils représentent environ 70% de l'ensemble des revenus. "Ces ressources ont toujours été croissantes, parfois même de manière exponentielle", confie Thierry Zintz, expert en management des organisations sportives. "Mais aujourd’hui, il semble qu’on ait atteint un maximum. La part des droits de TV est à un niveau qui semble désormais difficile à dépasser."

"Les sponsors paient 50 millions de dollars par an pour avoir le droit de mettre les anneaux en tout petit sur leurs communications."
Thierry Zintz
Expert en management des organisations sportives

En parallèle de l'intérêt des médias, le CIO peut également compter sur celui des marques, très intéressées par l'idée d'associer leur image au rendez-vous de référence du sport. Depuis le cuisant échec des Jeux de Montréal, le CIO s'appuie sur seulement quelques marques réunies dans le programme TOP (The Olympic Partner). La source apporte un milliard de dollars, soit 20% des revenus du CIO. "Ils paient 50 millions de dollars par an pour avoir le droit de mettre les anneaux en tout petit sur leurs communications. Mais ils n'ont aucune présence dans les stades, qui sont vierges de publicité. Cela n’a jamais été remis en question par les partenaires du programme TOP, ce qui montre la force de l’institution CIO", glisse encore Thierry Zintz.

Les contrats pour la retransmission et le sponsoring étant scellés depuis bien longtemps,  l'impact des JO sans public devrait être limité pour ces deux sources. Avec l'interdiction du public, la perte la plus visible sera évidemment celle en provenance des tickets. Lors des jeux de Rio, ils avaient permis de récupérer 321 millions d'euros. Mais là encore, le CIO devrait s'en sortir sans trop de casse, l'essentiel de ces revenus étant destinés au pays organisateur.

Soutien de taille aux fédérations

Voilà pour les rentrées. Du côté des dépenses, le CIO reverse 90% de ses revenus aux athlètes et aux fédérations. "La politique a toujours été de donner beaucoup à ceux qui ont peu et peu à ceux qui ont beaucoup", explique le spécialiste. "Le CIO a par exemple soutenu la fédération d’aviron qui a dû annuler ses championnats du monde. Il a toujours eu ce souci de la solidarité. Le CIO le fait, car il considère qu’il est l’organe suprême du sport au niveau mondial et il se sent donc responsable", détaille Thierry Zintz. Les fédérations sont classées dans cinq catégories suivant leur importance. La natation reçoit ainsi 40 millions de dollars tandis que le pentathlon moderne, forcément un peu moins pratiqué, touche environ 14 millions de dollars.

Le comité international olympique finance également une partie de l'organisation des Jeux. À Rio, le coup de main financier s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Au fil du temps, le soutien n'a cessé de croitre. À titre de comparaison, il n'était que de 965 millions de dollars pour les Jeux d'Athènes en 2004. Les Jeux d'été sont d'ailleurs bien plus gourmands que leurs équivalents d'hiver. Les deux dernières éditions hivernales (Sotchi et Pyeongchang) ayant couté au CIO autour de 880 millions de dollars. Le CIO joue aussi un rôle important dans la politique mondiale d'antidopage. Avec un investissement annuel de 20 millions de dollars, il contribue plus ou moins à la moitié du budget de l'agence qui traque les tricheurs.

10 millions d'euros pour le COIB

Si le pendant international des Jeux olympiques peut compter sur des milliards de revenus, le COIB, le comité olympique belge, dispose aussi de moyens qui ne sont pas anecdotiques. En Belgique, le budget pour le sport de haut niveau est d'environ 35 millions d'euros par an. Pour ce qui est du COIB seul, les comptes indiquent 10 millions d'euros de revenus annuels, et un peu plus en période olympique. À noter que les résultats sont en croissance puisqu'en 2014, les recettes plafonnaient plutôt autour des 6 millions d'euros. La bonne évolution financière a notamment permis au COIB de garder la tête hors de l'eau en 2020 et 2021, deux années déficitaires en raison de la crise sanitaire.

Du côté des revenus, le comité olympique belge peut s'appuyer sur trois grandes rentrées financières. Les communautés apportent entre 10 et 15% du budget.  La Loterie nationale, soutien bien connu dans le monde du sport, contribue pour environ un quart du budget du COIB. L'entreprise publique prendra d'ailleurs à sa charge les primes en cas de succès lors des Jeux. Le COIB a notamment prévu 50.000 euros pour les athlètes qui ramèneraient l'or à la Belgique (12.500 euros par joueur pour les sports d'équipe).

Le solde, environ 60% des revenus, est issu des partenariats commerciaux. Ces derniers sont divisés en deux parties suivant leur provenance. Une partie des sponsors sont nationaux. Parmi eux on retrouve notamment EY, Belfius, Delhaize et depuis peu Mataxi. Le COIB profite également des contrats signés un étage plus haut, au niveau du CIO, avec notamment Toyota, Panasonic ou encore Alibaba et Airbnb.

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